Related Posts Plugin for WordPress, Blogger... G-1WTJNWQBT1 G-1WTJNWQBT1

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

13/11/2010

6 années d'Inisfree

Joyeux anniversaire (Voix suave)

Joyeux anniversaire (Voix encore plus suave)

Joyeux anniversaire mister blog (Soupir ému)

Joyeux anniversaire (Clap, clap, clap)

Monroe anniversaire.jpg

Photographie de Milton H. Greene (1953)

12/11/2010

Passage au long

09/11/2010

Les joies du bain : Gratte moi le dos

Joli petit noeud dans les cheveux et regard effronté, Joan Blondell sur une photographie posée de l'époque pré-code. Une véritable invitation au voyage. Source Movietone news.

joan blondell large.jpg

04/11/2010

Citizen Zuckerberg

Je me souviens d'un article de Philippe Manœuvre dans un numéro de métal Hurlant de 1983 à l'occasion de la sortie du troisième volet de la saga Star Wars. Il écrivait à propos de la publication concomitante d'une biographie de Georges Lucas que le bouquin mettait 400 pages à montrer que Lucas n'avait rien vécu hormis un accident de voiture à 19 ans. On peut écrire de même qu'avec The social network, David Fincher fait un remarquable film de deux heures qui montre que Mark Zuckerberg, l'inventeur de Face de bouc, n'a même pas eu l'accident de voiture. Que ce vide existentiel est à l'origine de sa création et que, comme Lucas, il en a tiré des profits extravagants.

Même si David Fincher n'est pas tout à fait Orson Welles, l'analogie frappe avec Citizen Kane (1941). Même structure virtuose d'un récit éclaté en flashbacks avec intervention des personnages clefs, même figure de héros ambigu devenu légende controversée de son temps, même thématique autour de la puissance des media (les journaux hier, Internet aujourd'hui), de la construction du pouvoir et de la solitude au sommet. Même portrait en creux d'un pays et d'une époque que l'action du héros aura contribué à modeler. Question cinéma, Fincher n'a ni les capacités d'invention ni les ambitions formelles de son aîné, c'est entendu. Mais il se débrouille bien. Très bien même en arrivant à faire un film passionnant avec un matériau de départ très relativement excitant : la création d'un site Internet. Il y réussi en s'inspirant des mécanismes de la comédie américaine de la grande époque. Certains ont noté que l'intensité des dialogues d'Aaron Sorkin rapprochait The social network de His girl friday (La dame du vendredi - 1940) du spécialiste du genre, Howard Hawks (tiens, un histoire de journalistes).

Qu'est-ce que Facebook ? Un site Internet. Fincher filme donc des adolescents alignant des lignes de code, des heures voire des jours durant, piratant des réseaux pour se distraire. Il fait le portrait d'un monde qui ne se sépare plus de son ordinateur portable ou de son i-phone, tapotant avec acharnement en cours, à table, en soirée, au réveil, un véritable postulat de science fiction devenu réalité.

Qu'est-ce que Facebook ? Un réseau. Ficher nous montre donc le réseau d'origine, celui des élèves de ces écoles américaines prestigieuses, Harvard en l'occurrence. Fraternités d'élèves, monde codé de copains et de coquins, obsédés par le pouvoir et la réussite. Il montre au sein de ce réseau le besoin fou de communication, d'être accepté, intégré, qui masque mal l'absence de véritables relations.

Qu'est-ce que Facebook (enfin) ? Du langage, des phrases et des idées jetées en vrac à ses « amis » (puisque tout le monde est ami sur Facebook). Une communication basique et forcenée, le plus souvent artificielle car réduite à sa plus simple expression : « Je suis à Paris », « Je vais me recoucher », « Je n'aime pas quand il pleut », « T'as vu le dernier Fincher ? »... Et les films de gladiateurs, tu les aimes ?

Bon, je persifle. J'utilise Facebook et il paraît que Fincher non. Les blogs ont séduit ceux qui écrivent, photographient ou dessinent. Les musiciens aiment bien Myspace. Facebook n'as peut être pas trouvé (encore) sa véritable voie. Mais je me pose la question : Qu'est-ce que Fincher pense de tout cela, au fond ? Le film ne répond pas à la question. Fincher montre, mais reste à distance. La réussite du film, c'est la traduction visuelle et sonore de l'essence de Facebook et de l'état d'esprit qui a présidé à sa conception. Les gens y parlent pour ne rien dire. La première scène est emblématique avec ses répliques qui défilent sur un rythme de mitraillette entre Zuckerberg et la fille qui va le plaquer. Les phrases, comme tirées de quatre conversations différentes, se chevauchent et se percutent sur un brouhaha de fond qui met l'attention à rude épreuve. Au milieu de ce chaos sonore, Fincher organise un impeccable champ/contre champ, merveilleusement posé, qui pénètre au fond des âmes perdues de ses deux protagonistes. Et quand Zuckerberg comprend finalement ce que lui dit sa compagne, c'est le début de l'histoire, la construction de la légende.

Le film va continuer à décliner ces formes de la parole, faisant se succéder les joutes verbales qui restent des monologues à plusieurs. On ne se comprend pas, on ne s'écoute pas, on s'interprète mal, les livres (le code de conduite d'Harvard) n'a plus de sens, il faut une armée d'avocats pour se parler avec son vieil ami, son seul ami devenu un étranger. Les regards captés par Fincher disent les désarrois, les déceptions. « Ai-je votre attention M Zuckerberg ? » - « Non ». Et le grand gourou de la communication virtuelle, de l'amitié à grande échelle de regarder par la fenêtre, le regard perdu dans le vague, ailleurs. Mais où ? Nulle part parce qu'il est bien incapable de dire quelque chose.

Les acteurs font admirablement passer cet entre-paroles, aidés par un réalisateur qui a toujours eu la faculté de nous faire pénétrer dans des mondes intérieurs : la prison spatiale de Alien 3 (1992), la ville pluvieuse de Seven (1995), le mental schizophrène de Fight club (1997), l'univers ludique de The game (1999), après j'ai décroché. The social network se situe dans la continuité de ces films, sans doute des autres opus fincheriens, tout en étant cette fois plus rigoureux, moins dépendant d'effets, des artifices parfois fatigants du cinéma de genre, d'une esthétique trop tape-à-l'oeil. Joli sens du rythme avec le montage de Kirk Baxter et Angus Wall, musique étrange de Trent Reznor, photographie sophistiquée de Jeff Cronenweth dont l'artificiel colle au réel policé de la couche virtuelle de Facebook sur le monde.

David Fincher Mais qu'est-ce que ça veut dire ?

Inisfree Sais pas. Mais c'est pas mal pour conclure.

Mark aime ça.

Panoptique D'autres avis si tu cliques sur mon lien.

01/11/2010

Mouvements du bassin sur TCM (dommage que je n'ai pas la télé)

22:07 Publié dans Acteurs | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : john wayne |  Facebook |  Imprimer |

30/10/2010

De la mort - partie 2

Suite et fin du questionnaire proposé par Cinématique. Plein de réponses passionnantes sur les blogs à gauche, que j'imagine Ludovic va se faire un plaisir de compiler. 

9 - Quelle séquence d'enterrement vous a semblé la moins convenue ?

Celui de la famille d'Ethan Edwards dans The searchers (La prisonnière du désert – 1956) de John Ford. Cela commence dans le plus pur registre fordien avant que John Wayne n'interrompe la cérémonie d'un « Put an amen to it » pour filer à la poursuite des comanches qui ont enlevé sa nièce.

10 - Quel est votre fantôme fétiche ?

L'héroïne de Carnival of souls (1962) de Heck Harvey jouée par Candace Hilligoss. Dans un registre plus léger, ceux de René Clair.

11 - Avez-vous déjà souhaité la mort d'un personnage ?

Souvent. Je vais mettre de côté les personnages pénibles parce qu'ils sont joués par des acteurs pénibles. Pour les autres, je suis souvent exaucé, le cinéma étant un art éminement moral. Restent les cas particuliers, ceux qui me laissent avec une terrible frustration et dont le plus emblématique est le  Tigrero joué par Klaus Kinski dans Il grande silenzio (Le grand silence - 1968) de Sergio Corbucci. Je suis condamné à souhaiter sa mort pour l'éternité. Photographie empruntée à Frédérique.

Klaus_Kinski_LeGrandSilencejpg.jpg

12 - A l'approche de votre mort, si vous aviez le temps de mettre en ordre vos affaires, quel film souhaiteriez-vous avoir la possibilité de regarder une toute dernière fois ?

Rio Bravo. Histoire de partir sur une bonne impression.

13 - Pour quel tueur en séries avez-vous de la fascination ou à défaut de l'indulgence ?

Franck, joué par Henry Fonda dans C'éra una volta il West (Il était une fois dans l'Ouest - 1968) de Sergio Leone qu'il serait dommage de ne pas citer quand on parle de mort au cinéma. Photographie DR source Time.

Franck.jpg

14 - Quel est votre vampire de chevet ?

Ingrid Pitt. Photographie Hammer Films.

IngridPitt.jpg

15 - Quel film retenez-vous parmi tous ceux dont le titre (original ou traduit) évoque la  mort ?

Coïncidence amusante, je viens d'acquérir deux films qui m'ont séduit par la musicalité de leur titre, deux gialli : La Morte cammina con i tacchi alti (1971) et La Morte accarezza a mezzanotte (1972), tous les deux de Luciano Ercoli avec la belle Nieves Navarro.

16 - Rédigez en quelques lignes la future notice nécrologique d'une personnalité du cinéma.

JLG n'est plus. C'est vraiment dégueulasse.

17 - Quelle représentation d'exécution capitale vous a semblé la plus marquante ?

L'exécution du cheminot dans La bataille du rail (1946) de René Clément.


18 - Quel est votre cimetière préféré ?

Tous les cimetières fordiens et Sad Hill du côté de la tombe d'Arch Stanton.

19 - Possédez-vous un bien en rapport avec le cinéma que vous pourriez coucher sur votre testament ?

Ma caméra. Et tout le bazar qui va avec. 

28/10/2010

De la mort - Partie 1

Après l’érotisme, Ludovic de Cinématique nous propose un nouveau questionnaire tout à fait stimulant sur la mort au cinéma en 19 questions. Voici qui tombe à pic à l'occasion de ma période de ralentissement automnal.

1 - Quel est le plus beau meurtre cinématographique ?

Le meurtre inaugural du Suspiria (1976) de Dario Argento ayant été beaucoup cité, à juste titre, mon choix bien embarrassé se portera sur celui de Kuan Yu-lo joué par Ti Lung dans Bo sau (Vengeance – 1970) de Chang Cheh. Une scène aussi sanglante qu'excessive qui inspirera John Woo.

2 - Quel est à vos yeux le cinéaste le plus morbide ?

Steven Spielberg. C'est du moins l'une de ses nombreuses fascinantes facettes. (Photograhie Movieset).

Spielberg.jpg

3 - Et le film le plus macabre ?

Pat Garret and Billy the Kid (1973) la marche funèbre de Sam Peckinpah. (Photographie : DR).

Sam peckinpah.jpg

4 - Quel est le personnage dont la mort à l'écran vous a le plus ému ?

Setsuko, la petite fille dans Hotaru no Haka (Le tombeau des lucioles – 1988) de Isao Takahata. Je crois que je ne m'en remettrais jamais. (Photographie Animepaper).

Setsuko.jpg

5 - Celle qui vous a le plus soulagé ?

Celle de Mr Blonde dans Reservoir dogs (1992) de Quentin Tarantino, interrompant la plus éprouvante des séances de torture. (Photographie Thecia). 

reservoir-dogs-10.jpg

6 - Quel est votre zombi favori ?

Karen Cooper, la petite fille à la truelle qui aime si fort ses parents, jouée par Kyra Schon dans Night of the Living Dead (La nuit des morts vivants - 1968) de Georges Romero. (Photographie Examiner.com).

Morts vivants.jpg

7 - Pour quelle arme du crime, gardez-vous un faible ?

Toutes celles dont ce n'est pas la destination première. Par exemple le gigot utilisé dans un épisode de Alfred Hitchcock présente : Lamb to the Slaughter (Coup de gigot). Photographie Wikipedia.

Gigot.jpg

8 - Quelle personnification de la mort vous a le plus marqué ?

Django chez Sergio Corbucci.

27/10/2010

Au-delà des mots

De quoi illuminer sa journée quand on arrive chez Ray de Flickhead : Debra Paget dans l'inoubliable costume de Der Tiger von Eschnapur (Le tigre du Bengale - 1959) de Fritz Lang via Grandes choteras de ayer y hoy, un Tumblr absolument époustouflant qui comblera les plus fétichistes d'entre nous.

Paget.jpg

23/10/2010

Les joies du bain : Blanc-sec

Un peu plus glamour que son modèle en bandes-dessinées, la belle Adèle incarnée par Louise Bourgoin dans le film de Luc Besson. Photographie : source Idrann.

louise_bourgoin_adele_blancsec_article_big.jpg

21/10/2010

Je serais là...

20/10/2010

Drapeau rouge

17/10/2010

La cité des douleurs

Curieux film que Nanjing ! Nanjing ! réalisé par le chinois Lu Chuan et sortit chez nous cet été sous le titre international de City of life and death. Commencé en 2007 après un gros travail de recherche et d'écriture, le film aborde un des épisodes les plus douloureux de la guerre sino-japonaise (1937/1945) : la prise de Nankin alors capitale de la république du Kuomintang dirigée par Tchang Kaï-chek, puis le massacre tant des prisonniers de guerre que de la population civile. Ce massacre qui dura plusieurs mois avec son cortège de viols et exécutions de masse sonne comme un prélude à la barbarie généralisée de la seconde guerre mondiale, un peu à l'image du bombardement de Guernica en Espagne. Il reste un sujet très sensible en Chine et au Japon. A l'origine, la sortie du film devait correspondre à la commémoration des 70 ans de l'évènement. Mais l'angle d'attaque de Lu Chuan a quelque peu travaillé la censure chinoise qui a mis six mois avant d'approuver le scénario, puis, le film ayant démarré son tournage en octobre 2007, six mois de plus avant d'autoriser la sortie du film terminé. Il est présenté en avril 2009 et l'on pourra regretter qu'il lui ait fallu près d'un an et demi pour arriver sur nos écrans. Comme ce fut le cas pour le Katyn (2007) d'Andrzej Wajda, nous sommes quasiment les derniers. Le film est d'ailleurs disponible en Dvd depuis belle lurette. On pourra donc s'interroger de ce manque d'intérêt des distributeurs hexagonaux pour ces films qui tranchent assez radicalement sur le tout venant des sorties américaines comme françaises.

City-of-life-and-death.jpg

Mais revenons au film. Le ressentiment chinois (qui peut se comprendre) s'est souvent exprimé au cinéma à Hong-Kong comme en Chine populaire. On le retrouve dans des œuvres de pure fiction comme Fist of Fury (La fureur de vaincre – 1972) de Lo Wei avec Bruce Lee ou Beach of the war gods (Les dieux de la guerre – 1972) de et avec Jimmy Wang Yu comme dans les films « historiques » de Tun Fei Mou qui aborde le massacre de Nankin avec Black Sun: The Nanking Massacre en 1994. Leur constante est une xénophobie anti-japonaise virulente : tous les japonais sont des sauvages cruels sans nuance et jusqu'à la caricature, comme le fameux maître japonais « Croc de sabre », le méchant de The one-harmed boxer (Le boxeur manchot – 1971) de Wang Yu. Lu Chuan a décidé de sortir de ces visons manichéennes et son film entend approcher un point de vue japonais en parallèle à celui chinois, comme l'avait tenté Jiang Wen dans le superbe Guizi lai le (Les démons à ma porte – 2000). Son film introduit donc un personnage très réussi de soldat japonais, Kadokawa joué par Hideo Nakaizumi, profondément humain, bon soldat mais affecté par les exactions de ses camarades. Lu Chuan multiplie également les notations sur la vie quotidienne des soldats japonais, leurs temps morts, leurs rites comme la fête finale qui célèbre leur victoire, décrite dans le détail. Tout cet arrière plan, très réussi par sa précision et la grande qualité de la figuration de masse, vise à adresser son film autant aux spectateurs japonais que chinois. Habilement, au début du film, il montre un épisode de l'ultime résistance chinoise par une embuscade tendue au groupe de Kadokawa par des soldats chinois commandés par l'officier valeureux Lu Jianxiong. Cette bataille est un véritable combat d'homme à homme, mis en scène avec un grand sens de l'espace et du mouvement, où la peur, la vaillance et la mort sont des deux camps. Lu Chuan adopte tour à tour le point de vue des uns puis des autres. Cette première partie permet une identification aux soldats japonais avant les terribles scènes des exécutions de masse des prisonniers de guerre.

Car en miroir, le réalisateur ne dissimule rien des épisodes les plus terribles de cette histoire. Il semble avoir attentivement vu le cinéma de Steven Spielberg. Les scènes de combat s'inspirent des canons (si j'ose dire) définis par Saving private Ryan (Il faut sauver le soldat Ryan - 1998) et le reste de Schindler's list (La liste de Schindler – 1993). Nanjing ! Nanjing ! bénéficie d'une très belle photographie en noir et blanc signée Cao Yu, très travaillée au niveaux des effets (fumées, éclairages, scènes de nuit), avec ces effets d'accélérés très brefs sur des plans très courts qui donnent une terrible dynamique aux combats et aux fusillades. Il y a aussi cette approche frontale de la violence qui ne triche pas mais ne s'attarde pas, qui n'est pas tant une tentative d'impressionner le spectateur (ce qu'elle reste malgré tout) que de rendre compte du traumatisme des personnages qui la vivent (par exemple dans la scène de la mise à sac de l'hôpital). A ce titre, tout ce qui aborde le sort des femmes et les viols collectifs est traité avec autant de délicatesse qu'il est possible. Autre motif décliné tout au long du film, celui des enfants. Témoins et victimes, parfois insouciants, symboles de l'innocence en proie à la barbarie, ils représentent aussi chez Lu Chuan l'avenir. Dans l'une des dernières scènes, le secrétaire Tang part au poteau d'exécution après avoir révélé avec un sourire à l'officier japonais Ida que sa femme, désormais libre, est de nouveau enceinte. Il s'éloigne alors dans la profondeur du champ pour subir son sort tandis que nous restons sur le visage perplexe de l'officier. Manière d'optimisme là où Spielberg faisait de la petite fille en rouge le symbole de l'aveuglement criminel des nations.

Le problème de Lu Chuan est peut être d'avoir trop bien réussi son équilibrage. Face à Kadokawa, il y a donc le soldat Lu Jianxiong, le civil Tang, l'enfant-soldat, la femme Jiang Shuyun (une enseignante) et l'occidental, figure réelle de John Rabe l'ambassadeur de l'Allemagne nazie qui eu pour l'occasion une attitude courageuse. Mais aucun de ces personnages ne « tient » le film d'un bout à l'autre comme celui du japonais. D'où un curieux sentiment d'avoir affaire à une sorte de film de réconciliation, ce qui n'a pas manqué de provoquer les critiques de nombreux chinois. Ce que Clint Eastwood a tenté par son diptyque sur la bataille d'Iwo-Jima, il le fait de combattant à combattant. Lu Chuan tente le pari de juxtaposer les regards des victimes civiles à ceux des bourreaux militaires. D'où la perplexité qui peut s'emparer du spectateur et la limite d'un discours sur les horreurs de la guerre sur lesquelles tout le monde est déjà bien d'accord. Il manque peut être au film une dimension d'ouverture sur l'histoire, histoire du pays, histoire des relations entre Chine et Japon, perspectives ouvertes sur le monde d'aujourd'hui, toutes choses que l'on retrouve dans les films de Spielberg, Wajda ou Eastwood pour s'en tenir à ceux qui ont été ici cités. Lu Chuan s'en tient avec brio, talent de cinéaste et d'incontestables qualités humaines à un récit, vaste et embrassé dans sa complexité mais il ne le dépasse pas.

Le DVD

Sur Nightswimming

Photographie :  Tajeunesse.com

17:22 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : lu chuan |  Facebook |  Imprimer |

16/10/2010

Les joies du bain : En images

14/10/2010

Les 10 salopards - Partie 2

L'histoire fourmille d'ordures en tout genre, dictateurs, tyrans, inquisiteurs, chefs de guerre et de milice, dont le cinéma s'est emparé avec gourmandise. L'une des figures les plus gratinées est celle de l'empereur Caligula. Oderint, dum metuant. Les épisodes de son règne, réels ou légendaires, sont connus. Rien n'égale le portrait qu'en a donné Malcolm McDowell dans le Caligola (1979) de Tinto Brass. McDowell, déjà, rien que de voir son visage de poupon pervers, les poils du dos se hérissent. Ici, lâché en liberté, il promène son rictus en forme de sourire sadique dans les décors opératiques de Danilo Donati. Il faut l'avoir vu, nu sous l'orage, arpenter les terrasses de son palais, le pouce levé, criant à la face du ciel qu'il est Dieu. Il faut l'avoir vu.

mcdowell.jpg

De Caligula à Messaline, il n'y a qu'un pas que je m'empresse de franchir. L'impératrice scandaleuse a inspiré pas mal de monde mais la plus vicieuse selon moi est celle de Belinda Lee dans le Messalina, venere imperatrice (1960) de Vittorio Cottafavi. Grande, féline, sublime, les mains longues et dansantes, elle séduit puis frappe, retorse et sans pitié, usant de tous ses charmes pour frayer sa voie dans ce monde d'hommes. Elle retourne ainsi de son œil de biche l'officier joué par le juvénile Giuliano Gemma, venu pour la tuer, puis à l'issue d'une nuit que l'on imagine torride, le fait exécuter. Ah ! Mante religieuse.

Messalina.jpg

Des salauds ordinaires, Jean Yanne en aura joué de bien beaux. Pour Maurice Pialat bien sûr, Godard aussi. J'aime tout particulièrement sa composition en Paul Decourt dans Que la bête meure (1969) de Claude Chabrol, un spécialiste. Il est l'homme que vous aimerez haïr. Bourgeois parvenu, garagiste vicieux qui tripote sa bonne, macho, égoïste, dur avec les faibles et faible avec les forts, fort en gueule, prétentieux et violent, il est évidemment lâche. Il a fuit après avoir renversé le fils de Charles Thénier (Michel Duchaussoy) qui le traque et finit par le retrouver pour découvrir quel bonhomme atroce il est.

Yanne.jpg

Dans le film de cape et d'épée à la chinoise, on ne s'embarrasse généralement pas de nuance quand il s'agit des méchants. Le méchant est très méchant, vicieux et redoutable jusqu'à la moelle. Doué en art martial, personne ne lui résiste, sauf le héros. Et encore, c'est pas toujours facile. A ce jeu, Ku Feng aura personnifié une jolie galerie de salopards fourbes pour, entre autres Chang Cheh. Il porte souvent la moustache et la barbe, surtout la moustache longue à trois poils qu'il caresse avec volupté tout en méditant de noirs desseins. Dans San duk bei do (La rage du tigre – 1971), il est Long Zi-Yhi dont l'apparence de vieux sage dissimule une technique perverse: il amène les chevaliers qu'il combat à se trancher le bras, jouant sur une botte secrète et leur sens extrémiste de l'honneur. C'est ainsi qu'il coince Lei Li, ce qui ne lui portera pas bonheur puisque le manchot compensera son handicap par un coup avec trois épées. Encore raté.

Ku Feng.jpg

Le méchant est finalement assez rare dans le cinéma de John Ford. Sa profonde humanité le retenait peut être de s'étendre sur des portraits de terribles canailles (sauf si elles sont sublimes). Il nous aura pourtant donné un méchant des plus mémorables avec Liberty Valance dans le film qui se demande qui l'a tué. Valance, c'est Lee Marvin et il incarne sans trop de nuance tout ce que Ford pouvait détester: violence sadique, désir d'humilier, attaques contre les principes démocratiques américains et la liberté de la presse. Valance est l'homme primitif et la face sombre de l'homme de l'ouest qui s'oppose à la figure de Tom Doniphon joué par John Wayne. Deux routes possibles pour des hommes grandis dans un pays encore libre et sauvage. Mais là où Doniphon a construit sa ferme et vit selon des règles plutôt chevaleresques, Valance a laissé s'exprimer ses instincts les plus vils et s'est vendu aux grands propriétaires. Il est le redoutable valet.

lib-val.jpg

Dans le cinéma de genre à la française, son visage à la Lee Van Cleef, œil sombre et fine moustache, en ont fait l'incontournable sbire. Traître idéal, exécuteur des basses œuvres, homme de main et de tous les coups fourrés, Guy Delorme n'a cessé de mettre des bâtons dans les roues des héros personnifiés par Jean Marais et Gérard Barray, se délectant à enlever leurs douces dulcinées. Immanquablement, à l'issue d'un duel acharné, il finissait par tomber de la muraille ou du toit, embroché en beauté. Difficile d'isoler un rôle plutôt qu'un autre, ce paragraphe est un hommage à sa carrière d'affreux sublime.

Delorme.jpg

Photographies : Camp academy , Notre cinéma , Allociné (collection Christophe L.), HKcinemagic, LEFT of cyber-center, Tout le ciné.

23:36 Publié dans Blog, Cinéma | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : liste |  Facebook |  Imprimer |

13/10/2010

Les 10 salopards - Partie 1

A force de parler de choses horribles, elles finissent par arriver. Il y a quelques temps, Frédérique avait établi une liste de ses dix méchants préférés au cinéma, suivie en cela par Ran et Nolan du blog De son coeur le vampire. Stimulé par l'exercice, j'ai commencé à ruminer tout cela mais le temps, l'amour, les vaches... Je n'avais pourtant pas oublié et, chose promise, chose dure, voici une collection de 10 estimables salopards avec une contrainte supplémentaire, ne pas recouper les listes de mes trois camarades, excluant ainsi les morceaux de choix que constituent Tigrero, la reine de Blanche Neige et HAL 9000.

Honneur aux femmes, aucune ne m'a paru aussi pathétiquement ignoble que Emma Small campée par Mercedes McCambridge dans le Johnny Guitar de Nicholas Ray (1954). Elle irradie dune haine très pure envers Vienna (Joan Crawford) dont elle jalouse tout à la fois l'amour du Dancing Kid, l'indépendance, la séduction, l'assurance et le flair économique. Vieille fille encore jeune mais totale frustrée sexuelle, c'est une femme de pouvoir vêtue de noir (elle porte le deuil de son frère) qui réprime ses passions féminines. Elle fera tout pour abattre sa rivale: mentir, dénoncer, calomnier, promettre la vie sauve au jeune Turkey avant de le faire pendre, exciter les bons citoyens à libérer leurs instincts de lyncheurs, et tuer filialement, ivre de ressentiment, celui qu'elle aime. Glaçante, l'œil d'acier, la lèvre tremblante de rage, elle est plus terrifiante que bien des méchants du western classique, de Jack Palance à Arthur Kennedy en passant par Dan Duryea.

JohnnyGuitarEmmaSmall-1.jpg

Dans le registre de la salope froide et calculatrice, personne n'égale à mon sens Ève Harrigton. Anne Baxter a personnifié à la perfection cette jeune femme d'allure modeste, réservée voire timide, dissimulant l'âme du serpent le plus venimeux dont Joseph L. Mankiewicz nous dit tout dans All about Ève (1950). Rêvant de gloire théâtrale, elle s'introduit dans l'entourage de la célèbre Margot Channing (Bette Davis) et manœuvre subtilement pour lui prendre (presque) tout et se hisser au sommet. Ce personnage se situe dans la lignée de femmes redoutables du cinéma américain de l'époque, les Phyllis Dietrichson (Barbara Stanwyck dans Double indemnity (1944) de Billy Wilder), Diane Tremayne (Jean Simmons dans Angel face (1952) d'Otto Preminger) ou Elsa Bannister (Lady from Shangai (1947) d'Orson Welles). Mais le combat femme contre femme et l'écriture subtile de Mankiewicz atténue les accents misogynes attachés aux portraits de ces femmes fatales.

Eve.jpg

Le cinéma français a donné quelques figures inoubliables d'ignobles, en particulier ceux écrits par Jacques Prévert pour Marcel Carné, Jean Grémillon et Jean Renoir. J'ai un faible pour le Paul Batala de Jules Berry (qui a un sacré palmarès à son actif) dans Le crime de monsieur Lange (1936) de Renoir. Capitaliste décomplexé, vicieux, pervers, manipulateur et ignoble donc jusqu'à l'exubérance, rien ne manque à ce portrait à charge que Berry rend lyrique dans la caricature. Son meurtre accidentel, assez radical, n'en fait pas moins plaisir à tout le monde.

crime-de-monsieur-lange-1936.jpg

De Sentenza à Tigrero en passant par les personnages joués par Jack Palance et le Franck de Henry Fonda, le western all'italianna a donné quelques figures incontournables de méchants tout ce qu'il y a de plus vicieux. La gâchette leste et l'œil sans pitié, ils tuent hommes femmes et enfants comme on prend un verre. Je porterais mon choix, puisque j'ai l'embarras, sur le colonel Gunther Reza de Giù la testa ! (Il était une fois la révolution – 1971), joué par Domingo Antoine (pseudonyme du français Antoine Saint-John), Némésis de Juan et John. Inspiré à Leone par les officiers fascistes de sa jeunesse, Reza a la parole rare et le poteau d'exécution rapide. Le visage anguleux, émacié, d'Antoine marque les esprits, comme se gravent les petits détails terrifiants: sa façon de manipuler les essuie-glaces, de se laver les dents, de gober un œuf. L'horreur militaire.

Reza.jpg

Photographies : Kinodrome, DR, Mubi.com, capture DVD MGM.

10/10/2010

Le boxeur et la mort

Boxeur4.jpg

D'abord des coups sourds. Puis les gants de boxe qui martèlent le sac d'entraînement. Dans un petit gymnase désert, un homme s'exerce, régulier, puissant, déterminé. Il a fini. Sa blonde compagne lui tend une serviette. Quand il ressort du vestiaire, il ajuste sa casquette à tête de mort et sa veste de commandant SS. Walter Kraft dirige un camp de concentration. Boxeur dans le civil, il s'entraîne pour ne pas perdre la forme et pour tromper l'ennui de son travail de mort. Kraft est tout autant le boxeur du titre que Ján Komínek, prisonnier que le commandant extrait de la masse en tenues rayées destinée à l'extermination, boxeur lui aussi, avant, pour en faire son adversaire-partenaire et mettre du piment dans son activité sportive. Kraft boxe et donne la mort. Komínek boxe et l'attend. Tout le projet du film de Peter Solan tient dans le paradoxe né de cette situation. Situation qu'il exploite méthodiquement pour proposer une méditation sur l'univers concentrationnaire, la nature du mal et l'esprit de résistance.

A suivre sur Kinok

Le DVD

Photographie : capture DVD Malavida 

Un article de Marc Eliel sur Parution.com

09/10/2010

John Ford "Making movies is easy"

08/10/2010

La dernière tentation

Raquel.jpg

Je prendrais volontiers la place de l'un des deux larrons, le bon ou le mauvais, peu importe. Raquel Welch et son inoubliable bikini préhistorique photographiée par Terry O'Neill. Via Flickhead, merci Ray. (Cliquez pour agrandir).

07/10/2010

Viva Ubalda

Entre deux films pétris d'élévation spirituelle, de poésie ou d'onirisme venu du lointain Orient (sauras-tu, fidèle lecteur, reconnaître ces subtiles allusions ?), le cinéphile fervent mais qui n'est pas de bois ne saurait se couper de sa base et aura à cœur de délasser son cerveau reptilien en s'offrant une virée au pays du cinéma de genre. Et pas question d'un chef d'œuvre méconnu ! Que ce soit du beau, du bon, de l'authentique en toc. Ainsi, solidaire du bon Dr Orlof qui s'inquiète d'être solitaire en ces contrées où il se repaît de femmes en prisons et de villages maudits, je me suis lancé dans l'entreprise limite que constitue la vision de Quel gran pezzo della Ubalda tutta nuda e tutta calda (1972), œuvre de l'illustrissime Mariano Laurenti à côté duquel Rossellini n'est qu'une anecdote. Cela se traduit pour les ignorants de la langue de Dante par « Ce sacré morceau d'Ubalda toute nue et toute chaude ». C'est aussi long pour un titre que celui de la dernière palme d'or, mais nettement moins poétique. Quoique. Oui, car la Ubalda en question, c'est Edwige Fenech et si Edwige Fenech n'est pas de la poésie alors Dieu n'existe pas et l'on peut tout autant passer l'age de la retraite à 75 ans. Donc Edwige Fenech est de la poésie (admirez la pureté de la démonstration) et ayant ainsi écrit son nom, j'ai dit tout ce qu'il y avait à dire sur le film, il come et il perché. Quand vous saurez en sus qu'elle y est filmée en Scope, courant quasi nue dans la campagne romaine au ralenti, vous saurez tout ce qu'il y a à savoir sur la problématique de la mise en scène selon Laurenti, vous aurez d'ailleurs déjà cessé de lire cette chronique et quitté Inisfree pour chercher des images. Restez. En voici une :

Ubalda.jpg

C'est gentil. Bon, faisons œuvre d'information. Ce film se rattache au double courant des « décamérotiques », films inspirés par le succès de Il Décameron (1971) de Pier Paolo Pasolini (Ah mais) et de la comédie polissonne all'italiana. De Pasolini, ces films retiendront le contexte historique (Le moyen-âge), l'utilisation de décors naturels, les histoires d'aventures sexuelles et une certaine liberté dans leur représentation. La comédie polissonne, elle, connaît son heure de gloire (si l'on peut utiliser ce mot) dans les années 70 avec des films populaires et assez médiocres pour rester diplomate. Edwige Fenech fait avec celui-ci sa première véritable expérience dans le genre après ses succès dans les gialli de Sergio Martino, Giuliano Carnimeo et de Mario Bava. Elle en devient la grande prêtresse aux côtés de Nadia Cassini et Gloria Guida. Mariano Laurenti est lui un spécialiste du genre (vous pouvez vérifier) et l'on trouve à ses côtés l'assistant Michele Massimo Tarantini qui ne tardera pas à marcher sur les pas de son mentor. Le producteur de ce film matrice, mais si, n'est autre que Luciano Martino, frère de Sergio et compagnon de la belle Edwige. Heureux homme.

Ubalda aff.jpg

L'histoire, si vous y tenez, c'est celle d'Olimpio De'Pannocchieschi qui revient de la guerre, tellement misérable qu'on se demande comment il a survécu, tellement moche que l'on se demande comment il peut être l'époux de la belle Fiamma. Effectivement, celle-ci a des amants plein la maison, mais le prudent Olimpio l'a équipée d'une ceinture de chasteté. Elle a aussi une chemise de nuit très échancrée. Fiamma, c'est Karin Shubert que vous avez sûrement vue en reine d'Espagne dans La folie des grandeurs (1971) de Gérard Oury. Très belle aussi, elle a eu un destin dramatique, mais ici elle est pleine de vie et de sensualité. Bref, je passe les détails, le héros doit se réconcilier avec un meunier, mari jaloux de la belle Ubalda. Ah ha. Olimpio en tombe raide d'où quiproquo, déguisements, ceintures de chasteté, clefs, bagarres et gags, théoriquement. Tout se passe au niveau de la ceinture, à peu près. La musique de Bruno Nicolai est primesautière mais lasse sur la distance. C'est filmé platement mais correctement, la campagne romaine et les fermes (presque) d'époque sont belles, les homme sont tous laids et/ou stupides, les femmes sont des déesses, futées et si à l'aise dans leurs corps. C'est un film pour adolescent, pas de ceux photographiés par Larry Clark, plutôt du genre réservé pas trop dégourdi, plutôt bande dessinée, mais de gare. Edwige règne.

Potographies : DR

05/10/2010

Ça va être à toi

Chat.jpg

Bernard Menez et un acteur peu enthousiaste dans La nuit américaine (1973) de François Truffaut. Photographie Pierre Zucca © Sylvie Zucca, source BiFi