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10/04/2019

Darrieux par Laurent

Danielle Darrieux, une femme moderne par Clara Laurent (éditions Hors Collection)

« Je ne vous aime pas, je ne vous aime pas, je ne vous aime pas »

Un bon livre de cinéma se doit de posséder deux qualités selon moi : donner l'envie de découvrir ou de revisiter des films, et posséder un point de vue sur son sujet. L'ouvrage consacré à la carrière de l'actrice Danielle Darrieux par Clara Laurent, Danielle Darrieux, une femme moderne paru aux éditions Hors collection les possède toutes deux. Au long de 400 pages d'une écriture fluide où transparaît son enthousiasme et sa fascination pour la femme comme pour la comédienne, l'auteure parcours l'imposante filmographie depuis Le Bal (1931), premier rôle de DD à 14 ans pour Wilhelm Thiele, jusqu'à son ultime prestation sous la direction de Deny Granier Deferre en 2010 dans Pièce montée. DD a alors 93 ans. Cette longévité exceptionnelle associée à des choix assez éclectiques permet d’évoquer les grands mouvements du cinéma français sur 80 décennies, ce qui n'est pas rien, on en conviendra. Défilent ainsi les films populaires des années trente, la période complexe de l'occupation, les grandes heures de la qualité française, l'irruption de la nouvelle vague, l'émergence de réalisateurs cinéphiles comme Paul Vecchiali ou Dominique Delouche, celle des réalisatrices Marie-Claude Treilhou, Annick Lanoë ou Anne Fontaine, et les nouvelles générations au tournant du siècle.

danielle darrieux,clara laurent

Clara Laurent procède par ordre chronologique à l'intérieur duquel elle dégage des thèmes liés aux prestations de l'actrice. La partie biographique est présente mais discrète. Elle donne l'essentiel, surtout à propos des heures sombres de l'Occupation et des relations de Darrieux avec les allemands. C'est une période qui se couple chez la jeune femme avec un moment compliqué de sa vie sentimentale. Divorce avec le réalisateur Henri Decoin, histoire passionnée avec Porfirio Rubirosa, play-boy mais aussi anti-nazi pour lequel elle fera le tristement fameux voyage en Allemagne avec Suzy Delair, Albert Préjean et quelques autres. Arrêté par les nazis, Rubirosa sera l'objet d'un chantage de la part d'Alfred Greven, directeur de la Continental, pour convaincre l'actrice de faire le voyage à Berlin et deux films. A partir de 1953, Darrieux verrouille sa vie privée dont il n'y aura que peu à dire. Les films donc, les films surtout.

Les rôles et le jeu de Danielle Darrieux sont au cœur du livre. La précision et la finesse de description des gestes, des expressions, des costumes, des coiffures, des intonations, m'a rappelé le livre essentiel, indispensable, de Luc Moullet Politique des acteurs (éditions Cahiers du Cinéma, 1993) qui étudiait de la sorte les carrières de John Wayne, Gary Cooper, James Stewart et Cary Grant. Darrieux avec son jeu moderne, son « underplaying » sobre qui ne vieillit pas, est de leur famille. Clara Laurent rappelle dans le même esprit une réflexion du cinéaste Paul Vecchiali qui comparait ses qualités d'actrices à celles de Jean Gabin ou (encore lui) Gary Cooper.

L'approche film à film se double d'une volonté de ne pas privilégier les œuvres les plus remarquables au détriment des autres, méconnues ou parfois plus faibles. Pour beaucoup, moi le premier, Darrieux, ce sont surtout ses rôles pour Max Ophuls, La Ronde (1950), Le Plaisir (1952) et Madame de... (1953), pour Jacques Demy Les Demoiselles de Rochefort (1967) et Une Chambre en ville (1982), Le Rouge et le noir (1954) de Claude Autan-Lara, Marie Octobre (1959) de Julien Duvivier, En Haut des marches (1983) de Paul Vecchiali et 8 Femmes (2001) de François Ozon. Cela constitue la partie émergée de l'iceberg qui comprend 110 films. Sans les mettre tous sur le même plan, Clara Laurent leur accorde des places équivalentes selon la prestation de l’actrice, ce qui permet de mettre en valeur des films oubliés et de donner envie de les découvrir. Pour ma part, au cours de ma lecture, j'ai vu Abus de confiance (1938) et Retour à l'aube (1938) de Henri Decoin, L'affaire des Poisons (1955) et Marie Octobre (que j'avais toujours raté à la télévision) de Duvivier. Chacun aura ses coups de curiosité au fil des pages. Mieux, L'auteure arrive à susciter un intérêt pour des films moins aboutis, peu excitants à priori comme L'Homme à la Buick (1966) de Gilles Grangier, Du Grabuge chez les veuves (1963) de Jacques Poitrenaud au titre redoutable, voire certaines comédies avec Bourvil ou Robert Lamoureux. C'est remarquable.

danielle darrieux,clara laurent

A cette vaste collection décrite avec autant de précision que de passion, Clara Laurent propose une approche globale de Darrieux comme « femme moderne ». La carrière de l'actrice, sa façon de la mener et les personnages interprétés sont mis en parallèle avec l'évolution de la femme dans la société et dans le cinéma français, des années trente à nos jours. La vie de Darrieux croise quelques événements clefs tels le droit de vote accordé en avril 1944, la publication de Le Deuxième Sexe par Simone de Beauvoir en 1949, le manifeste des 343 en 1971 ou la loi Veil de 1975. Laurent propose une lecture féministe de la période et de la manière dont Darrieux s’inscrit dans ce point de vue comme femme et comme actrice. La chose prend une résonance particulière aujourd’hui où la parole des femmes s'élève pour dénoncer les manquements parfois criants à l'égalité entre les sexes. Cet axe qui structure le livre pourrait apparaître plaqué ou agaçant, surtout pour un lecteur masculin. Il n'en est rien. L'auteure s'y connaît autant en histoire du droit des femmes qu'en cinéma et la mise en regard de l'un par l'autre se révèle fructueux. Laurent commence par définir la « persona » de Darrieux (voir du côté de Jung) et la met à l'épreuve des rôles tenus. Même si Darrieux n'a pas été la seule et si elle n'a jamais été une actrice « engagée » comme, disons, Delphine Seyrig, elle a réussi a projeter une image de la femme moderne en rupture avec l'image dominante de son temps. Et cette image a été d'autant plus importante que Darrieux a été très vite une véritable star des plus populaire.

danielle darrieux,clara laurent

Jeune femme, sa pétulance, son mélange de candeur et d'énergie, l'amènent à tenir tête sur l'écran à des hommes souvent plus âgés, à s'affirmer comme indépendante, exerçant un métier et possédant des désirs propres. Dans une seconde partie de carrière, elle continue de s'affirmer comme une femme désirable et désirante, renversant plus d'une fois le rapport d'âge communément admis avec des partenaires masculins plus jeunes. Jusqu'au bout de sa carrière, elle tient des rôles de femmes dont le sentiment amoureux perdure et qui ne s'en laissent pas conter : « Est-ce que tu me prends pour une conne ? » chante-elle dans Une Chambre en ville. Son jeu tout en retenue lui aura permis de donner une ambiguïté salutaire à des personnages parfois décrits dans une optique machiste voire misogyne, à des femmes fatales ou coquettes ou immorales. Elle aura ainsi tourné sans problème pour Duvivier, Autan-Lara et Verneuil dialogué par Audiard. Capable d'énergie physique, acrobate et sportive, elle se démène, chante et danse, et à l'occasion elle offre de jolis moments d’hystérie ou de colère, toujours juste.

Dans la vie, Darrieux sera passée de la muse de Henri Decoin puis de Max Ophuls à l'inspiratrice de nouvelles générations de réalisateurs, restant maîtresse de ses choix, y compris pour des films alimentaires, se battant pour obtenir des choses très différentes quand on ne lui proposait pas. Si DD n'a pas été une militante, la belle affaire, elle aura été un modèle pour plusieurs générations. Le passage de relais à Catherine Deneuve, symbolisé au cinéma par quatre films, est évident. La grande Catherine possède le même type de jeu très cinématographique, dans la continuité du travail de son aînée, et elle n'a cessé elle aussi d’affirmer ses choix de carrière comme son indépendance farouche. Avec les mêmes interrogations et le même mystère derrière le regard.

Photographies DR et © Picture alliance / Everett Colle

30/01/2019

Participez à l'aventure Abordages

Il y a quelques mois, j'ai eu le plaisir de faire partie de l'équipage mené par le capt'ain Jocelyn Manchec autour d'un fanzine, Abordages, revue à l'ancienne, ciseaux, colle et photocopies, pour aborder le film Halloween de John Carpenter qui fêtait ses 40 ans. Question contenu, des textes, des dessins, des poèmes, des souvenirs, des analyses, des calligrammes, un ensemble réuni par quelques-unes des belles plumes d'Internet et d'ailleurs, à savoir, outre votre serviteur, Édouard Sivière, Nicolas Tellop, Lucas Loubaresse, Eric Aussudre, Vincent Roussel, Ismaël Deslices , Aurélien Lemant, Alice Loubaresse et Lucienne Estère-Denuit. .

Tiré à 400 exemplaires et distribué gratuitement, l'objet a rencontré un écho qui nous a surpris et, le temps de la réflexion passé, nous avons eu envie de continuer. Mais la gratuité de la chose n'est pas viable. Aussi, refusant toute publicité, nous proposons à nos lecteurs d'entrer en souscription via une cagnotte Leetchi. Il y en aura pour toutes les bourses, les premières propositions couvrant simplement les frais d'impression et d'envoi postal pour les trois prochains numéros, au choix.

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Le numéro 2 sera consacré au film Manhattan, œuvre phare de Woody Allen réalisée en 1979. Il sera suivi d'un ensemble sur Ténèbres, giallo ultime signé Dario Argento en 1982, histoire de bien marquer notre goût pour une certaine tendance du cinéma d'une non moins certaine époque.

N'hésitez pas, embarquez avec nous !

27/10/2018

Retour à Haddonfield

Depuis le temps que l'on parlait d'un projet commun entre plumes du web qui reviendrait dans la vie réelle. C'est désormais chose faite autour de la célébration des quarante ans du film culte, l’expression a cette fois un sens, de John Carpenter : Halloween (La Nuit des masques, 1978). Nous le devons à l'énergie du Capt'ain Jocelyn Manchec qui a ramené vers le futur son blog Abordages pour en faire un bel objet de papier autour du film. Bel objet, dis-je car quand on le tient dans ses mains, on se retrouve projeté quelques décennies plus tôt, quand les passionnés s'armaient de ciseaux, de colle et de patience pour composer de revues à l’esthétique punk, aux textes tapés à la machine voire écrits à la main. Pas évident de retrouver, à notre époque de tous les bidouillages numériques, la spontanéité et le charme de ces feuilles fragiles. Jocelyn y est arrivé parce qu'il y croit. Et il a su réunir une chouette équipe qui y a cru aussi. Vous lirez donc dans ces pages photocopiées en noir et blanc des textes signés Édouard Sivière grand instigateur de Zoom Arrière, Vincent Roussel alias le Bon Dr Orlof, Jocelyn, Eric Aussudre, Aurélien Lemant, Lucas Loudaresse, et vous pourrez admirer de fort jolis calligrammes de Nicolas Tellop ainsi que la recette du tueur de la Chandeleur. Et j'y suis allé de mes souvenirs. Voilà. L'objet peut être demandé (contre enveloppe timbrée) à son concepteur via la page Facebook d'Abordages. Pour moi, l'exercice a été profitable et je n'ai qu'une question : Capt'ain, quand est-ce que l'on recommence ?

abordages,abordage,john carpenter

 

08/08/2018

En pause

Sergio Corbucci, livre

Il est temps de me déconnecter un peu, beaucoup, tout à fait, de me mettre au vert et au frais. Je pars une grosse quinzaine et vous laisse avec mon livre Voyage dans le cinéma de Sergio Corbucci (éditions Lettmotif) qui sera de bonne compagnie. Vous pouvez le trouver aux endroits suivants :

  • Librairie Métaluna Store quand ils seront revenus de congés à partir du 21 août (7 Rue Dante, 75005 Paris). Signature prévue le samedi 22 septembre.

  • Librairie de la Cinémathèque Française (51 Rue de Bercy, 75012 Paris)

  • Librairie Ombres Blanches (50 rue Gambetta - 31000 Toulouse)

  • Librairie du cinéma Lux, plutôt à la rentrée (6 Avenue Sainte-Thérèse, 14000 Caen)

Pour mes amis des Alpes Maritimes, je vous invite à le commander plutôt chez un libraire ce qui le rassurera sur l’œuvre atypique d'un auteur inconnu :

  • La briqueterie (4 - 6 Rue Jules Gilly, 06300 Nice)

  • La librairie Jean Jaurès (2 Rue Centrale , 06300 Nice)

  • La Librairie Masséna (55 Rue Gioffredo, 06000 Nice)

  • Autour d'un livre (11 Rue Bivouac Napoléon, 06400 Cannes)

Et puis il reste les sites en lignes habituels.

Sur ce, bon mois d’août et à bientôt.

10/06/2018

Springsteen à l'écran (livre)

Broken Heroes – Bruce Springsteen et le cinéma par Vanessa Hélain (éditions Rouge Profond).

Voilà un livre dont je devrais être jaloux. Cinéphile et admirateur de Bruce Springsteen, j'aurais pu avoir cette belle idée d'explorer les multiples connexions entre le cinéma et l’œuvre musicale de l'enfant de Freehold, New-Jersey. A vrai dire, je m'étais penché sur les rapports entre Springsteen et John Ford, une autre obsession favorite, mais sans aller plus loin qu'un titre : « l'héritier rock ». Aujourd'hui l'exploration a été menée à bien par Vanessa Hélain dans Broken Heroes – Bruce Springsteen et le cinéma aux éditions Rouge Profond. L'auteure a cartographié un vaste territoire qui ne cesse de s'agrandir, fait d'inspirations croisées, de réminiscences, de citations, de connivences secrètes, de correspondances ouvertes, d'admirations réciproques et d'une culture américaine partagée. Un territoire où la musique et le cinéma côte à côte, de plus en plus souvent ensemble, se font les chroniqueurs d'un pays (Born In The USA), de son histoire, de ses valeurs, de ses gens, de ses espoirs comme de ses aspects les plus sombres.

rouge profond

Vanessa Hélain mène son exploration en suivant l'ordre chronologique, album après album, avec une connaissance pointue de l’œuvre du chanteur-compositeur. Il s'en dégage trois grandes périodes : Jusqu'au début des années 80, Springsteen se nourrit plus où moins consciemment des films qu'il voit tandis que le cinéma emprunte des chemins de traverse pour aller vers lui. C'est l'anecdote rapportée par Hélain via la biographie de Clarence Big Man Clemmons, saxophoniste de Springsteen : Robert De Niro s'inspire d'un jeu de scène du chanteur pour sa fameuse scène devant le miroir dans Taxi Driver (1976) de Martin Scorsese « Are you talkin' to me ? » (Clemmons et De Niro jouèrent ensemble dans New-York, New-York (1978) du même Scorsese). A partir des années 80, la relation est revendiquée. Le cinéaste John Sayles utilise des chansons de Springsteen pour la première fois dans Baby It's You en 1983, avant de réaliser ses premiers clips dont I'm On Fire de l’album Born In The USA qui puise dans les codes du film noir. C'est aussi le temps où Brian De Palma est sollicité pour réaliser la vidéo du hit Dancing In The Dark où Springsteen invite à danser une groupie incarnée par la jeune Courtney Cox. Enfin 1993 est une année charnière où Springsteen après une période compliquée compose pour le cinéma Streets Of Philadelphia dans Philadelphia de Jonathan Demme, chanson atypique dans son répertoire qui lui vaut une flopée de prix et un nouveau succès planétaire. A partir de là, le cinéma ne va cesser de solliciter le répertoire springsteenien de manière exponentielle, tandis que Springsteen va composer désormais régulièrement pour des films.

rouge profond

Le cinéma a toujours été là, s'immisçant dans l'esprit et la mémoire de ce gamin du New Jersey à coup de séries B et de westerns, de notes de générique s'échappant de la télé, d'écrans de drive-in érigés sur des terrains vagues […]

Né en 1949, Springsteen est de la génération de ceux qui vont faire le nouvel Hollywood des années soixante dix. Ils ont en commun une même culture qui les impressionne à l'enfance (la naissance du rock and roll, les derniers feux de l'âge d'or du cinéma américain), et une même histoire marquée par l'assassinat de Kennedy, le Vietnam ou la guerre froide, plus tard les années Reagan où les attentats du 11 septembre 2001. Ce patrimoine commun se révèle une source d'inspiration féconde. Il y a des chansons de Springsteen qui sont de véritables films et des films qui ont l'atmosphère des chansons de Springsteen. Je me souviens que cette idée ne m'avait pas lâchée pendant toute la projection de 25th Hours (2002) de Spike Lee avant d'entendre, ravi, les premières notes de The Fuse sur le générique final.

L'ouvrage de Vanessa Hélain focalise sur les moments les plus emblématiques : l'influence de films comme Out of the Past (La Griffe du passé, 1947) de Jacques Tourneur sur les thématiques de Darkness on the Edge of Town, Night of the Hunter (La Nuit du chasseur, 1955) de Charles Laughton sur le rapport à l'enfance, Gun Crazy (1950) de Joseph H. Lewis et Badlands (La Balade sauvage, 1973) de Terrence Malik sur la chanson Nebraska et, en retour, le film The Indian Runner (1988) de Sean Penn inspiré par le texte de Highway Patrolman. Le rapport avec Ford, dont Springsteen parle plusieurs fois dans sa récente autobiographie Born to run (éditions Albin Michel), passe par The Searchers (La Prisonnière du désert, 1957) et la chanson The Ghost of Tom Joad qui doit plus au film The Grapes of Wrath (Les Raisins de la colère, 1940) qu'au roman de Joseph Steinbeck dont il est adapté. Mais ce sont aussi les longues balades à moto du côté de Monument Valley où j'imagine Springsteen se recueillir à Ford's Point comme un personnage de Michael Cimino.

Un chapitre est consacré à la place de la figure du vétéran du Vietnam et du traumatisme de cette guerre, présents dans nombre de chansons et dans des films assez connus pour qu'il ne soit pas nécessaire de les citer ici. Des motifs progressivement remplacés après 2001 par les guerres en Irak et en Afghanistan. American Sniper (2015) de Clint Eastwood présente un personnage springsteenien en diable. Il est enfin question des compositions originales pour Jonathan Demme, Sean Penn ou Darren Aronofsky, quand les chanson de Springsteen saisissent l'essence du film et en définissent l'atmosphère. Un tour d'horizon très complet comme on peut le voir.

Un aspect a néanmoins été laissé de côté, peut être intentionnellement. Il s'agit du rapport de Springsteen avec le cinéma dans la transmission de sa musique. Son travail avec le réalisateur Chris Hilson et le monteur et réalisateur Thom Zimny qui ont tous deux réalisé des documentaires et captation de concerts n’est pas abordé ici. Il y a également le cas très particulier de Springsteen & I, réalisé par Baillie Walsh en 2013 qui explore les rapports du musicien avec ses fans. Si l'on s'écarte en effet des rapports avec la fiction, il y a là quelque chose de passionnant à étudier sur la manière dont sont rendus, via le documentaire, la puissance de Springsteen accompagné de son légendaire E-Street Band en concert, et de ce rapport unique qu'il a noué avec son public depuis ses débuts. De quoi nourrir un autre chapitre d'autant que l'histoire continue son mouvement. Steven Spielberg vient d'utiliser un morceau de Springsteen pour la première fois dans Ready Player One (2017) avec Stand on it, face B de Glory Day en 1985. Et le jeune cinéaste Jim Cummings vient de réaliser Thunder Road, présenté à Cannes (sélection ACID) cette année. Le film est construit autour de la chanson du même titre et après un court métrage de 2016, toujours du même titre, qui montre en un plan séquence hallucinant une émouvante autant que déjantée interprétation de la chanson. Un ouvrage dont je devrais être jaloux, ai-je écrit en introduction. Je ne le suis pas, tant Broken Heroes – Bruce Springsteen et le cinéma, aussi érudit qu'agréable à lire, devrait faire date sur le sujet, en attendant que se poursuive le chemin que l'auteure appelle de ses vœux.

19/05/2018

Sergio Corbucci, le livre !

Mon premier livre va sortir courant juin et il est consacré au cinéaste italien Sergio Corbucci. Les familiers d'Inisfree ont l'habitude de lire des choses à son sujet dans ces colonnes et c'est bien des premiers échanges avec Tepepa, Breccio et quelques autres qu'est née, petit à petit, l'idée de cet ouvrage.

Voyage dans le cinéma de Sergio Corbucci, aux éditions LettMotif, sera le premier livre jamais consacré au cinéaste, à l'exception du Sergio Corbucci d'Orio Caldiron, un projet de biographie interrompu par le décès du réalisateur et repris en 1993 en forme d'hommage.

2018 semble devoir être l'année Corbucci puisqu'après la projection de Le Spécialiste sur la plage de Cannes pendant le festival, un cycle imposant se tiendra à la Cinémathèque Française en juillet. Je suis donc à la fois fier, ému et anxieux à la perspective imminente de cette sortie. Les pré-commandes sont ouvertes sur le site participatif Ululle : https://fr.ulule.com/sergio-corbucci/

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Connu surtout en France pour ses westerns à l’italienne baroques, drôles et violents, Navajo Joe avec Burt Reynolds, le culte Django qui révéla Franco Nero, El Mercenario, Le Grand silence avec Jean-Louis Trintignant et un terrifiant Klaus Kinski, ou Le Spécialiste avec Johnny Hallyday, Sergio Corbucci est aussi un réalisateur dont l’ample filmographie comporte plus de soixante longs-métrages.

Du néoréalisme de l’après-guerre aux mélodrames des années cinquante, de l’âge d’or du cinéma de genre (western, gothique, peplum) aux grandes heures de la comédie (son genre de prédilection) jusqu’aux années difficiles du cinéma transalpin, soixante-dix et quatre-vingt, Sergio Corbucci traverse quatre décennies de cinéma italien, en épousant tous les mouvements, parfois précurseur, toujours animé par la passion de filmer.

Romain jusqu’au bout des ongles, personnalité attachante, “L’autre Sergio” a peu suscité l’intérêt de la critique. Cet ouvrage est le premier à parcourir l’ensemble de sa carrière, une œuvre riche et excitante à découvrir sous toutes ses facettes.

sergio corbucci

Le livre :

Format 17x24, 300 pages minimum, couleurs.

Le livre sur le site de l'éditeur : Cliquer

La page Facebook : Cliquer

L'auteur : Vincent Jourdan

Cinéphile viscéral ayant sévi sur les ondes et divers sites (Kinok, Zoom Arrière, les Fiches du Cinéma), Vincent Jourdan est l’auteur du blog Inisfree où il partage depuis 2004 ses goût éclectiques, embrassant d’un large et généreux mouvement John Ford et Sergio Corbucci, l’Afrique et l’Asie, le cinémascope et le Super 8. 

Président de l’association niçoise Regard Indépendant, Vincent anime depuis 1999 les Rencontres Cinéma et Vidéo à Nice autour du cinéma qui fait un pas de côté. Voyage dans le cinéma de Sergio Corbucci est son premier ouvrage.

L'éditeur : LettMotif

Les éditions LettMotif ont été créées en 2014 au sein du studio graphique LettMotif (fondé en 1989 à Nîmes). Spécialisées dans les livres de cinéma, plusieurs collections ont vu le jour : guides du scénariste, scénarios de films, anthologies du cinéma, essais et thèses consacrées au cinéma, Darkness, censure et cinéma…

http://www.edition-lettmotif.com/

11/07/2017

Globalement Positif

L'esprit Positif, histoire d'une revue de cinéma 1952-2016 (éditions Euredit) par Édouard Sivière.

Édouard Sivière est loin d'être un inconnu sur Inisfree. Créateur du blog Nightswimming puis de l’intermittent Nage nocturne, acharné promoteur de l'expérience collective Zoom arrière, c'est aussi un compagnon de rubrique sur Kinok puis Les Fiches du Cinéma. Il y a quelques années, il avait entamé une histoire parallèle des Cahiers du Cinéma et de Positif. Qu'il ait choisi de mettre son énergie et sa passion à écrire la longue aventure du second titre pour donner naissance à son premier livre est une excellente nouvelle.

edouard sivière

L'histoire de la revue de cinéma Positif était à écrire, au-delà des anthologies et des textes commémoratifs justifiés par plus de soixante années d'existence. C'est désormais chose faite avec L'esprit Positif signé Édouard Sivière et publié aux éditions Euredit. C'est une histoire, presqu'une légende, qui débute à Lyon en 1952 avec sa création par Bernard Chardère. Une histoire pleine d'enthousiasme, de convictions affirmées avec force (l'érotisme, l'engagement à gauche), de difficultés économiques surmontées à force de ténacité et d'un modèle original (bénévolat des rédacteurs, indépendance économique), d'admirations fidèles (John Huston, Luis Bunuel, plus tard Joseph Losey, Stanley Kubrick ou Bertrand Tavernier), et de détestations solides (Jean-Luc Godard de manière exemplaire). Une histoire construite par des plumes fameuses, Ado Kyrou, Robert Benayoun qui fit beaucoup pour Jerry Lewis, Jean-Paul Török, Michel Ciment, Louis Seguin, Christian Viviani, suivis de beaucoup d'autres. C'est surtout une histoire qui se construit à travers la rivalité avec la grande sœur Les Cahiers du Cinéma, née un an avant. Cette opposition, parfois montée en épingle de façon artificielle, va se révéler fructueuse en structurant le débat critique pendant une trentaine d'années avant la relative normalisation des années quatre-vingt. Le débat, il n'y a que ça de vrai et l'on en ressent encore la nostalgie comme le besoin lors de récentes passes d'armes, alimentées à l'occasion par les éditoriaux de Michel Ciment, le directeur de la publication. C'est que la revue défend ses fondamentaux face aux évolutions des dernières décennies, de la crise de la presse et de la critique à l'explosion d'Internet, blogs puis réseaux sociaux, en passant par les pratiques de diffusion (DVD, streaming...). Positif a peaufiné une formule année après année, construit son panthéon toujours plus vaste d'auteurs et de centres d'intérêts (le cinéma d'animation, le cinéma classique), sans jamais se départir d'une certaine rigueur, certains pourront parler de rigidité, jusque dans une maquette au cordeau. La revue est devenue une institution vénérable avec les risques de momification que cela comporte, et malgré l'apport d'une nouvelle génération de rédacteurs.

C'est toute cette histoire avec toutes les questions qu'elle soulève que raconte Édouard Sivière en adoptant un point de vue original : celui d'un lecteur passionné et collectionneur patient des bientôt 700 numéros de la revue. Les textes, rien que les textes, le livre se base sur les milliers d'articles disponibles pour dire l'évolution des idées au sein de Positif et écrire son impressionnant parcours. Détaillé et précis, l'auteur cite de nombreux extraits qui donnent souvent envie de découvrir les textes complets. Il conserve surtout un bel équilibre entre son récit, ses analyses et les citations, avec surtout une dimension personnelle attachante, ce qui rend l'ensemble fluide et agréable à lire, ce qu'il n'était pas évident à obtenir avec la masse d'informations à faire passer. Les lecteurs (plus ou moins) fidèles de la revue pourront ainsi s'adonner au plaisir de la rétrospective et retrouver tel où tel texte marquant. Les autres découvriront la richesse d'un ensemble critique qui, avec ses fulgurances et ses errements, reste sans peu d'équivalent. Ils seront guidés dans leur lecture par le récit qui court en filigrane de sept décennies d'histoire du cinéma, du néo-réalisme à la Nouvelle Vague, du cinéma militant des années soixante au nouvel Hollywood, des difficiles années quatre-vingt à l'explosion du cinéma asiatique, en passant par le dada de l'auteur, le cinéma Roumain. Mais l'exercice ne saurait se limiter à la dimension historique, ni à la nostalgie, et si Édouard Sivière fait remonter le passé bouillonnant, c'est pour mieux se pencher sur le présent et réfléchir sur l'avenir. Le dernier chapitre consacré au bilan (provisoire?) de Positif est tout à la fois son ressentit de lecteur sur la position actuelle de la revue et les questions qui se posent, qui devraient se poser du moins, sur son évolution nécessaire. Faut-il secouer le canon patiemment construit ? Faut-il retrouver l'esprit de découverte, celui de contradiction ? Faut-il retrouver le droit de se tromper, de donner la parole à des voix plus discordantes, moins "dans la ligne" ? Que doit-être, que peut être, en 2017 une revue papier ? Vastes sujets...

Venu à Positif au milieu des années quatre-vingt dix, j'y suis resté fidèle jusqu'à ces dernières années où j'ai ressentit un éloignement du contenu par rapport à mes pratiques. Si je suis resté passionné par certains dossiers thématiques, je me suis largement détaché de leur approche de l'actualité. J'ai donc trouvé un écho intime dans les réflexion de l'auteur. Je ne doute pas que tous ceux qui partagent le goût de la critique de cinéma, d'où qu'elle provienne, se plongeront avec plaisir dans L'esprit Positif et les questions fondamentales qu'il pose.

A commander sur le site de l'éditeur.

21/12/2015

Sous le sapin

Une fois n'est pas coutume, un peu de publicité gratuite pour des éditeurs que j'apprécie et qui se mettent en quatre, voire plus, pour des idées de cadeaux d'un goût très sûr. L'encyclopédie du western de Patrick Brion et 30 DVD de la collection Westerns de légende chez Sidonis, la bible sur Jesus "Jess" Franco par Alain Petit chez Artus, un superbe coffret Ōshima chez Carlotta. Cliquez pour visiter les boutiques.

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29/07/2015

Du sang, de la poudre et de la poussière

20 ans de western européen – Un livre d'Alain Petit – Éditions Artus Films

Texte pour les Fiches du Cinéma

Curieuse époque où l'on réédite avec luxe ce qui relevait de l’alternatif, du confidentiel, de la « sous »-culture populaire, du travail d'amateurs passionnés. Attention, je ne mets là-dedans aucune notion de valeur. Je pense à telle édition soigneuse et pointue d'un film de genre, disons celle du Saludos hombre (1968) de Sergio Sollima (paix à son âme talentueuse), aux intégrales de Comics que j'ai connues sur mauvais papier et pour quelques francs (De quoi il parle ?), à la réédition de la revue Minuit-Minuit Fantastique, et à l'ouvrage qui nous intéresse ici, 20 ans de western européen écrit par Alain Petit et publié par Artus Films qui se lance ainsi dans l'édition. Qu'est-ce que 20 ans de western européen ? Un imposant travail de vision globale d'un genre populaire, le western européen, mieux connu sous son appellation un rien condescendance de western spaghetti. Alain Petit se lance dans cette tâche en 1978, quand le genre vient de mourir après les derniers feux de Keoma (1976) d'Enzo G. Castellari, Adios California (1976) de Michele Lupo, et Manaja (1977) de Sergio Martino. Après quelques vicissitudes et tentatives auprès d'éditeurs « sérieux », il décide de faire paraître son travail sous une forme qui lui est familière, celle du fanzine. Cela prendra en 1980 la forme de cinq cahiers, texte tapé à la machine (Mais de quoi il parle ?), abondamment illustré de photographies d'exploitation et de pavés de presse (Hein ?), photocopié et diffusé via les librairies spécialisées. Une autre époque. Ces cahiers ne seront pas tirés à plus d'une centaine d'exemplaires. Aujourd'hui, ils sont assemblés en un volume de belle tenue, à la couverture moelleuse, sur papier glacé, avec un élégant marque-page. Pourtant, l'auteur a tenu à ce que l'aspect d'origine ne soit pas modifié. Ce sont toujours les caractères de machine à écrire et la maquette d'origine. Le fanzine bricolé (avec sérieux certes) bénéficie de techniques contemporaines de pointe. Et face à la qualité de la reproduction des photographies, j'ai ce même sentiment curieux de décalage qu'avec certaines restaurations de films, ce télescopage de deux temps et de deux esprits dans le même objet. Ce doit être l'âge.

alain petit

Mais il n'y a pas là de quoi épiloguer si l'on considère le fond de la chose. En 1980, le western européen est largement méprisé comme à ses débuts en 1963. Mis à part Sergio Leone qui a su imposer son nom et son style, le reste de cette imposante production n'intéresse aucun critique. Il n'existe alors que deux études, celle de François Guérif dans Western revue n°7 en 1973, et celle de Jean-Marie Sabatier parue dans La revue du cinéma en 1976. Et puis il y a le petit ouvrage passionnant des deux anglais Laurence Staig et Tony Williams : Italian Western The Opera of Violence paru en France en 1977 chez Marc Minoustchine. Pour le reste, Christian Viviani dans son ouvrage sur le western chez Henri Veyrier refuse même d'en parler, ce qui est une réaction typique. Le travail d'Alain Petit est ainsi la première synthèse d'envergure sur le sujet. Il aborde successivement l'histoire du genre, sans négliger les précurseurs allemands et espagnols, les grands thèmes, la fonction primordiale de la musique, les liens avec la bande-dessinée, les grands réalisateurs, les acteurs vedettes et les admirables seconds couteaux, avec une première filmographie des œuvres années par années et une bibliographie qui inclus les romans-photos. Il propose également une Liste personnelle de dix films majeurs qui sont étudiés plus en détail :

  • Per un pugno di dollari (Pour une poignée de dollars - 1964) de Sergio Leone
  • Django (1966) de Sergio Corbucci
  • El Chuncho (Quien sabe ? - 1966) de Damiano Damiani
  • Faccia a faccia (Le dernier face à face – 1967) de sergio Sollima
  • Requiescant (Tue et fait ta prière} - 1967) de Carlo Lizzani
  • Se sei vivo, spara ! (Tire encore si tu peux – 1967) de Giulio Questi
  • Il grande silenzio (Le grand silence – 1968) de Sergio Corbucci
  • Ognuno per se (Chacun pour soi – 1967) de Giorgio Capitani
  • E Dio disse a Caino... (Et le vent apporta la violence – 1969)
  • Keoma (1976) d'Enzo G. Castellari

    alain petit

A partir de cette liste, je puis déjà penser que nous avons des goûts proches en la matière. Impression qui se renforce quand il note avec jubilation le pas de danse de Gilbert Roland dans le film de Capitani ou nous offre une photographie émouvante d'Agata Flori en nonne à porte-jarretelles. Bien sûr, je pourrais mettre en avant quelques autres titres. Mais au fil des pages, il se montre également élogieux avec des films qui me sont chers comme Quella sporca storia nel west (Django porte sa croix – 1968) d'Enzo G. Castellari ou Quei disperati che puzzano di sudore e di morte (Les quatre desperados – 1969) de Julio Buchs. Le choix du film de Leone est caractéristique de son approche du maestro mais aussi de la place qu'il occupe chez les amateurs du genre. Petit, comme Sabatier, montre une préférence pour les deux autres Sergio, Corbucci et Sollima. Il y a comme une gêne, voire un agacement face aux ambitions du cinéma de Leone (Petit parle de « mégalomanie »), qui conduit à un certain rejet de C'era una volta il west (Il était une fois dans l'Ouest – 1968) par exemple. Une voie que je ne suivrais pas, même s'il m'est tout aussi difficile de pleinement inclure Leone dans un panorama du genre. Et puis j'ai toujours considéré son premier opus comme trop proche du Yojimbo (1961) d'Akira Kurosawa pour le mettre en avant, d'autant que Leone a toujours fait preuve de mauvaise volonté à reconnaître sa dette au maître nippon. Au registre des seconds couteaux, j'ai juste regretté l'absence de Lorenzo « pas de bol » Robledo, mais je pinaille, je taquine, et comme l'avoue l'auteur, il a du faire des choix.

alain petit

Allons, tout ceci ne sont que querelles de passionnés. La somme d'Alain Petit est passionnante, ses textes révèlent à chaque ligne son amour sincère et sa connaissance profonde du genre. Son style d'écriture est typique de l'esprit fanzine, ne reculant pas devant l'humour, le clin d’œil, ni devant des formules lyriques comme « Le grand silence est un film implacable, plein de haine, de fureur et de tendresse, un film que vous ne sauriez oublier » ou à propos de Django : « … éloge de la folie picturale et du délire plastique ». L'érudition de l'auteur permet d'ouvrir de nombreuses pistes pour partir à la découverte ou à l'approfondissement du genre, sans toutefois entraver la qualité de lecture, fluide et prenante. A tous égards, un livre historique et indispensable qui fera bonne figure aux côtés d'ouvrages plus récents.

Photographies DR

27/04/2015

Je vais, je clique et je reviens

 Ceux qui fréquentent les bonus des éditions Artus, et j'en fait partie, connaissent Alain Petit et sa passion érudite pour le western européen. En 1980 et 1981, le créateur du fanzine Le masque de la méduse a écrit une étude en cinq parties sur ce genre éditée à quelques dizaines d’exemplaires et devenue introuvable. Les éditions Artus proposent aujourd'hui la réédition de cette étude sous la forme d'un beau livre bénéficiant des techniques contemporaines sans sacrifier à l’esprit fanzine qui animait ces pages. Une souscription a été ouverte sur la plate-forme de financement participatif Ulule. Tout y est expliqué en détails. Pour moi, c'est fait, j'aurais mon bel exemplaire signé par l'auteur. Il est également possible d'acquérir dans la foulée quelques-uns des superbes westerns édités en DVD. Il suffit de cliquer sur l'image ci-dessous pour rejoindre ce groupe d'heureux futurs lecteurs :

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