02/03/2014

Alain Resnais, les réalisateurs meurent aussi

"Quand les hommes sont morts, ils entrent dans l’histoire. Quand les statues sont mortes, elles entrent dans l’art."

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Photographie DR (source Tout le ciné)

11/12/2013

Édouard et Georges

Les noms de Georges Lautner et Édouard Molinaro sont attachés pour moi au cinéma du dimanche soir, celui des années 70 et 80. Soirées familiales où le rire est général, même s'il varie selon l'âge, puisant dans le burlesque, la grosse farce, les allusions plus fines, les répliques griffées Audiard ou Veber que l'on pourra reprendre le lendemain dans la cour de récréation ou devant la machine à café. Des pointes de violence, un frisson d'érotisme quand apparaissent Mireille Darc, Claude Jade, Barbara Steele, Miou-Miou ou Françoise Dorléac, une musique pop de Michel Magne ou les accents virevoltants de Jacques Brel. Des univers loufoques pourtant incrustés dans le quotidien dont on reconnaît, la nostalgie aidant, les signes, peuplés de de ces figures savoureuses incarnées par une sacrée collection d'acteurs populaires puisés dans trois générations d'acteurs, de Jean Gabin à Jean-Paul Belmondo, de Louis De Funès à Pierre Richard, de Lino Ventura à Daniel Auteuil. Et encore toutes ces tronches inoubliables, les Francis Blanche, André Pousse, Bernard Blier, Robert Dalban, Dalio, Paul Préboist, Mario David, Jean Luisi, Michel Constantin...

De Georges Lautner, les fameux tontons m'avaient un peu déçu. Découverts sur le tard, je connaissais déjà trop le film et ses dialogues impérissables qui fonctionnent en fait comme un gigantesque paravent. Certes, ils font leur effet si l'on est pas allergique à Audiard, mais ils occultent par exemple la délectable prestation de Claude Rich, seul contre poids bienvenu à un portrait de la jeunesse assez réac, il faut bien le dire. Et donc à part dans le groupe. Ils masquent aussi un rythme général qui manque un peu de nerf, comme le pastiche de film noir qui passe par la mise en scène, cadres, lumières et sons (il est bon de rappeler à certains "salisseurs de mémoire" que la scène de la cuisine est un hommage à Key largo (1948) de John Huston. Mais si). Mais il est surtout flagrant de voir comment dans les hommages d'aujourd'hui, le gugusse de Montauban masque la carrière assez riche d'un réalisateur à l'ambition plus élevée que ce qu'il a pu laisser paraître. Lautner ne faiblit vraiment que vers la fin des années 70 quand il entame sa collaboration avec Belmondo. Mais ce dont il était capable apparaît nettement dans les cadrages wellsiens du Septième juré en 1961, la façon dont il filme la scène d'audition de Miou-Miou dans On aura tout vu en 1976, les recherches pop dans Ne nous fâchons pas (1965) et la série des Monocle, sans parler de la tendresse et de la sensualité qu'il aura toujours mis à filmer Mireille Darc. On lui pardonnera donc quelques gros films faciles pour retenir une bonne douzaine de titres estimables (ce qui n'est pas rien) et toutes ces images au-delà de la cuisine du défunt mexicain : le tracteur rouge de Paul Préboist, le face à face littéraire entre De Funès et Darc, Marielle dans sa valise, les marcels de Constantin, les motocyclistes anglais, J'irais revoir ma Normandie sur un théâtre de Hong Kong, chacun les siennes. 

D’Édouard Molinaro, il serait facile de dire que son cinéma était du théâtre filmé, ne serait-ce que par le nombre de ses films tirés de pièces. Mais c'était du théâtre bien filmé, à commencer par Oscar (1967) qui reste un des sommets de Louis De Funès grâce à la mise en scène qui s'épanouit dans l'immense décor de la maison de Bertrand Barnier, un travail sur l'espace et les couleurs qui se rapproche de ceux de Jerry Lewis ou Jacques Tati. Molinaro aura eu l’intelligence de ne pas chercher à « aérer la pièce », ce qu'il ne réussira pas dans Hibernatus (1969), moins heureux dans le décor 1900 recréé par Hubert de Tartas (mais les scènes entre Fufu et Michael Lonsdale sont savoureuses), pas plus que dans La cage aux folles (1980) plombé par le remplacement de Jean Poiret par Ugo Tognazzi. Mais Molinaro reste pour moi le réalisateur de Mon oncle Benjamin (1969), adaptation cette fois d'un roman, celui de Claude Tillier. Film d'extérieurs somptueux, Mon oncle Benjamin est illuminé de la personnalité de Jacques Brel qui trouve là une résonance avec l'univers de ses chansons, et par la beauté de Claude Jade qui dégage une saine sensualité trop rarement exploitée. Ce film, Molinaro l'avait porté et voulu, au point d'accepter de faire Hibernatus malgré ses démêlés avec De Funès sur Oscar. Pas forcément bien accueilli, le film dégage un humanisme qui me sied. L'emmerdeur (1973) reste une belle mécanique comique, Le souper en 1992 un joli duel entre Claude Brasseur et Claude Rich. L'homme pressé (1977) un film attachant qui cherche à jouer sur le mythe Delon et La chasse à l'homme (1964) une comédie pétillante à la distribution alors pleine de promesses, un film à découvrir. Comme Lautner, Molinaro se laisse aller à certaines facilités à la fin des années 70, peut être déçu d'un manque de reconnaissance. Il se ressaisit pour ses derniers films, honorables, puis à la télévision. Difficile de dire aujourd'hui quel regard ces deux réalisateurs pouvaient porter sur leur œuvre, si le côté populaire de leurs films, et leur succès, ont suffit à les consoler d'ambitions bridées, restées si peu exprimées. Le temps, pour leurs meilleurs films, travaille pour eux.

23/09/2012

Communication

françois truffaut

« En fait, mon hostilité envers Antonioni m’a aidé à faire L’enfant sauvage. L’un des grands thèmes aujourd’hui est la difficulté de communication entre les humains. C’est très gentil tout ça, et ça donne de bonnes discussions parmi les intellectuels. Mais si vous entrez en contact avec une famille qui a un enfant sourd et muet, vous comprenez alors ce que signifie l’incommunicabilité. Je voulais montrer un vrai manque de communication, pas celui très "mode" dont parle Antonioni. »

François Truffaut - Entretien avec Charles Thomas Samuels, 1970.

Photographie source Passion Cinéma

11/01/2012

Steven Spielberg à la Cinémathèque de Paris

28/11/2011

Ken Russell 1927-2011

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Photographie source Belfast Telegraph

04/11/2011

Quatre films de Youssef Chahine

- Je suis, mon cher ami, très heureux de te voir.

- C'est un alexandrin !

(René Goscinny)

Disparu en juillet 2008, Youssef Chahine qui prisait volontiers le surnom de « Jo », est un cinéaste majeur, africain, égyptien, arabe, d'Alexandrie encore et toujours où il était né en janvier 1926, cosmopolite et voyageur dans l'esprit de cette ville ouverte sur le monde. Chahine, cinéaste fougueux, engagé et lyrique, généreux et sensuel, nationaliste et pourfendeur de tous les fanatismes, brossant dans sa carrière riche de plus de quarante films sa riche culture plusieurs fois millénaire, sa passion pour les formes musicales et les formes féminines, sa capacité d'ouverture aux grands courants cinématographiques du XXe siècle, du néo-réalisme italien au cinéma soviétique en passant par les nouvelles vagues et, surtout, le grand cinéma classique américain qu'il admirait. Un foisonnement parfois menacé par la confusion mais qui a trouvé généralement son point d'équilibre par une maitrise confondante du langage cinématographique (Dieu que c'est beau) et dans la rigueur d'une pensée qui, sans jamais renoncer à un humanisme fondamental, su rester en mouvement et épouser l'histoire vivante de son pays (Dieu que c'est intelligent). Le cinéma de Chahine fait corps avec l'Égypte, son peuple avec ses contradictions, ses élans et ses remises en cause. Nationalisme, ai-je écris plus haut, oui de celui qui lie un artiste et une nation avec ce qu'il faut d'amour et de lucidité, de celui qui lie, au hasard, John Ford et les États Unis.

youssef chahine

Le coffret proposé par Pyramide Vidéo propose quatre films, du fameux Bab el-Hadid  (Gare centrale – 1958) au musical Awdet el ebn el dal (Le Retour de l'enfant prodigue - 1976) en passant par le grandiose film de la reconnaissance internationale, El Ard (La terre – 1969), et El asfour (Le Moineau - 1972), pivot politique autant qu'artistique de sa carrière. Quatre films qui constituent une belle approche du mouvement conjoint de l'œuvre et de l'histoire du pays, de l'avènement de Nasser suite à la crise de Suez en 1956 à la défaite humiliante de la guerre des six jours en 1967, puis la mort du raïs en 1970, l'arrivée de Sadate, les désillusions et le second échec de la guerre du Kippour en 1973. Sur ce fond mouvementé, les quatre films en reviennent toujours à la base, aux moineaux comme Chahine aime appeler les gens du peuple, fellahs, paysans, ouvriers, femmes, idéalistes, familles saisies de désirs si humains, passion, désespoir, avidité, par dessus tout une formidable envie de vivre.

Bientôt sur Kinok

Le coffret DVD

Site américain sur Chahine

Photographie source dvd4arab

16/09/2011

Moretti à Angers

01/07/2011

L'expo Kubrick

Le dos douloureux, je me suis rendu lors de mon périple parisien dans l'enceinte de la Cinémathèque Française. C'est une première pour moi en ce qui concerne le site de Bercy. J'ai donc parcouru les salles de l'exposition consacrée à Stanley Kubrick (jusqu'au 31 juillet). C'est également la première fois que je vois une exposition de ce genre et, ma foi, je l'ai trouvée très équilibrée, ni trop légère, ni trop dense. Carrée et méticuleuse à l'image de son sujet, kubrickienne, quoi. Pour qui s'intéresse à l'œuvre du grand homme, c'est une plongée assez troublante côté atelier, un atelier bien fournit pour un homme très féru de technique. Tout y est me semble-t'il (sauf peut être l'expérience avortée de western avec Marlon Brando) : les débuts dans le photojournalisme, les courts métrages, le film renié (Fear and desire – 1953) avec extrait, les scénarios annotés, des plannings journaliers, les documents promotionnels, les affiches, la tunique de Crassus, les essais avec Sue Lyon en couleurs, le scaphandre de Bowman, la canne-épée d'Alex, le couteau de Wendy, le casque de Joker, les masques d'Eyes wide shut (1999). Collections d'accessoires divers et variés pour les fétichistes dont je fais partie, notamment les objectifs utilisés par le réalisateur, les croquis de préparation de Ken Adams sur Dr Strangelove (Dr Folamour – 1964) et les projets avortés d'Aryan papers et du Napoléon avec la documentation impressionnante réunie sur le sujet. Et puis plein d'extraits et les interventions, entre autres, de Steven Spielberg (A ma grande joie, il y a une partie consacrée à A.I.(2001)), Martin Scorcese et Woody Allen.

Stanley Kubrick

Méticuleux donc, le nombre réduits de films réalisés par Kubrik permettant une approche étendue individualisée. Mais troublante aussi parce que j'ai toujours cette impression d'être comme un pilleur de tombe, de me glisser sous la table de l'illusionniste pour surprendre les trucs. Heureusement les films résistent et dans le cas de Kubrick, ils résistent même bien. Disons que j'ai un rapport ambigu à cette part de la création qui devrait peut être rester enfermée dans l'atelier, le studio ou le bureau de l'artiste. Car tout est exposé, les raccords, les bricolages, les trompe l'œil, les ratés et les ratures. Et cela se traduit chez moi par un phénomène que j'ai déjà observé dans d'autres musées, du cinéma ou d'autre chose. Tout y est plus petit que dans les films, tout y est comme terni par le temps, même les masques récents du dernier opus. Ce qu'il manque, c'est à la cuirasse de Crassus la prestance et la carrure de Laurence Olivier. Il manque au scaphandre de Bowman, outre quelques voyants sur le bras, la lumière de Geoffrey Unsworth et le 70 mm. Et je pense à une phrase entendue dans un documentaire présenté dans une autre exposition consacrée à l'art Dogon (jusqu'au 24 juillet au musée du Quai Branly) : « Car un masque qui ne danse pas [...] n'est plus qu'un morceau de bois mort ».

Le site de l'exposition

Photographie : DR source Rama screen

12/04/2011

Le prince de New-York : Sidney Lumet 1924 - 2011

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Sidney Lumet dirige Treat Williams sur le plateau de Prince of the city (1980). Photographie A certain cinema, qui propose une bien belle galerie de photographies de tournage du réalisateur disparu.

09/01/2011

Pour Mohammad Rasoulof

Texte de présentation de la séance du dimanche 9 janvier 2011

Vous allez assister à une séance très particulière de cette série de projections de soutien aux cinéastes iraniens récemment condamnés puisqu'il s'agit de celle consacrée à Mohammad Rasoulof, réalisateur, scénariste et producteur dont nous allons vous présenter le seul film disponible en France à notre connaissance : Jazireh ahani (La vie sur l'eau.)

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Quand Philippe Serve de Cinéma Sans Frontières, le grand architecte de ces journées, m'a proposé d'animer la présentation de ce film, j'ai tout de suite accepté. Je ne connaissais pas du tout Mohammad Rasoulof ni son travail et à Regard Indépendant, nous adorons montrer des films que nous ne connaissons pas de gens qui sont peu ou pas connus, de Jérémie à Lenoir à Gérard Courant en passant par Jean Rollin.

Je pense que nombre d'entre vous êtes dans mon cas aussi nous allons faire connaissance avec ce jeune réalisateur. Il est né en 1973 à Shiraz, une ville assez importante du sud ouest iranien. 6e ville du pays, elle a été brièvement capitale de la Perse au XVIe siècle. Rasoulof y fait des études de sociologie puis bifurque vers le montage qu'il étudie à l'université Sooreh de Téhéran.

De 1991 à 1999, il réalise 6 courts métrages proches du documentaire puis en 2002 un premier long Gagooman que l'on trouve sous le titre anglais the twilight, le crépuscule, mais n'est pas sortit en France à notre connaissance. Le film suivant est celui que nous allons voir et qui le révèle au niveau international. : Jazireh ahani (la vie sur l'eau) en 2005 circule dans les festivals (primé à Telluride, Karlovy Vary et Toronto). En France, il fait partie de la sélection de la Quinzaine des Réalisateurs à Cannes. Il est également disponible en DVD.

Mohammad Rasoulof revient au documentaire en 2008 avec Baad-e-daboor, un moyen métrage sur un sujet très sensible : L'accès à Internet et les antennes paraboliques en Iran qui sont un enjeu entre le pouvoir et la population, le premier cherchant à contrôler ce que voit la seconde et la seconde ayant développé une véritable économie parallèle, installant du matériel non bridé avec de grands risques, comme on a pu le voir dans le film de Saman Salour : Taraneh Tanhayie Tehran (Le chant solitaire de Téhéran - 2008). C'est bien sûr un film critique sur la gestion des media par la pouvoir.

Il aide ensuite le jeune cinéaste Vahid Vakilifar en produisant le film Gesher.

En 2009 suit un nouveau long métrage, Keshtzar haye sepid dont le titre anglais est The white meadow, la prairie blanche. Le sujet du film, plutôt poétique est très intriguant puisqu'il s'agit d'un homme chargé de recueillir les larmes des habitants d'un groupe d'iles. Le film se fait dans des conditions difficiles, à la fois logistiques (lieux de tournage) et à cause de la pression de la censure qui s'inquiète de la charge critique du film et refuse les permissions de tournage, situation que Jafar Panahi a dénoncée par ailleurs.

Achevé, le film commence à circuler dans les festivals européens. Lors de la projection en sélection officielle au festival de San Sebastian, Rasoulof critique le régime. Nous sommes en plein pendant la période des élections truquées de 2009. Son intervention est particulièrement mal vue à Téhéran. On lui refuse d'aller à Berlin présenter son film et il est arrêté avec Panahi le 1er mars 2010. Ensemble, ils préparaient un film inspiré des événements politiques consécutifs aux dernières élections iraniennes. Sont également arrêtés une quinzaine de personnes dont le directeur de la photographie de Rasoulof : Ebrahim Ghafori. Rasoulof est libéré assez rapidement contrairement à Panahi qui est retenu juste ce qu'il faut pour qu'il n'aille pas à Cannes occuper son poste de juré.

En décembre, Rasoulof est condamné. Le verdict retient deux motifs : une peine de 5 ans de prison pour “assemblée et collusion contre la sécurité nationale”, et une autre d’un an de prison pour “perturbation de l’opinion publique en faisant un film sans autorisation”.

Dans l'exposition médiatique qui suit cette histoire, Jafar Panahi est mis en avant : il a son renom international, les larmes de Binoche, le siège vide de juré à Cannes. On a tendance pour le grand public à reléguer Rasoulof à deux ligne. Il est « le cinéaste également arrêté en sa compagnie ». Il ne s'agit bien évidemment pas d'opposer deux hommes qui partagent les mêmes engagements et subissent les mêmes peines, mais était important de bien les associer dans les actions de soutien.

Comme le rappelait Philippe en ouverture de ces journées, la censure envers le cinéma, et les autres arts, a toujours existé. C'est un rapport de force ou le pouvoir tente d'empêcher que les choses soient dites ou montrées. Lutter contre cela, c'est faire en sorte que l'on montre ce que l'on veut nous cacher, les œuvres, et c'est là je pense que nous trouvons, associations cinéphiles, notre légitimité.

Avec mon optimisme proverbial, je dirais qu'en faisant connaître Mohammad Rasoulof et en montrant son film, nous remportons une victoire, toute modeste soit elle, sur le pouvoir qui voudrait qu'on l'ignore. Pour les prisonniers d'opinion, les prisonniers politiques, il est important qu'on dise leur nom et que l'on parle d'eux, ceux qui meurent, ce sont ceux que l'on oublie.

Et concernant les œuvres, les censure peuvent remporter des victoires, parfois douloureuses, mais elles ne gagnent pas tant qu'il y a des gens qui bataillent pour montrer. Pour rester en France, c'est vrai que la censure à interdit, saisi le film de Paul Carpita Le rendez-vous des quais  (1953). Mais le film a été retrouvé, restauré, montré enfin, et Paul a encore pu faire deux longs métrages. Aujourd'hui le film fait partie de la grande histoire du cinéma.

Il y a une chanson américaine populaire que j'aime bien, Streets of Laredo. C'est l'histoire des dernières volontés d'un cow-boy blessé à mort. Il dit : « Écrivez à ma mère... Ne mentionnez pas le nom de celui qui m'a tué et son nom disparaitra. ». Nous sommes ici pour dire et redire les noms de Rasoulof et Panahi, et que l'on oublie ceux de leurs juges.

Bonne projection.