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12/06/2024

"Princesse Mononoké" au Pathé Masséna

Cycle animation japonaise au Pathé Masséna de Nice, suite : prochain rendez-vous le vendredi 14 mai à 19h30 pour découvrir l'une des œuvres majeures du maître Hayao Miyazaki, Princesse Mononoké (Mononoke-hime,1997)
"porter sur le monde un regard sans haine". tel est le programme du jeune prince Ashitaka, obligé de quitter les siens pour chercher le dieu-cerf qui seul pourra défaire le sortilège qui lui gangrène le bras suite à la blessure infligée par un dieu-sanglier rendu fou par les démons.
Nous sommes au Japon, au XVe siècle, à l'époque Muromachi. Au cours de son voyage, Ashitaka rencontre Lady Eboshi, à la tête d’une communauté de forgerons, qui doit se défendre contre ceux qui lui reprochent de détruire la forêt pour alimenter ses forges comme de la convoitise des troupes du seigneur Ashano. Parmi ses pires ennemis se trouve San, une jeune fille sauvage élevée par des loups, aussi appelée « Princesse Mononoké », la princesse des spectres...
Révélation décisive du cinéma d'Hayao Miyazaki en France et en occident, cette œuvre épique, lyrique, et profondément humaniste, convoque à la fois Shakespeare et le cinéma d'Akira Kurosawa. "Princesse Mononoké" est aussi une fable écologique, politique et féministe qui se refuse à tout manichéisme. Un film somptueux à la richesse visuelle époustouflante à découvrir ou revoir absolument sur grand écran.

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26/05/2024

Dalí et le cinéma

Ma prochaine intervention aura lieu dans un nouveau cadre : l'association culturelle Vu pas Vu à Nice. J'aurais le plaisir d'aborder les rapports de Salvador Dalí avec le cinéma. Si l'on connait ses collaborations légendaires avec Luis Bunuel ou Alfred Hitchcock, Dalí a eu d'étonnants projets avec Walt Disney ou Alejandro Jodorowsky (sur son Dune rêvé). Il a également mené d'autres projets personnels, soit dans le domaine du cinéma expérimental, soit, grand écart, dans la publicité avec le fameux spot pour un non moins fameux chocolat.
J'évoquerais donc ce long intérêt pour le septième art, vendredi 30 mai à 18h30, Le Palladio, le salon culturel de Vu pas Vu (6 rue Adolphe de Rothschild, 06000 Nice).
Cliquez sur l'image pour plus d'informations :

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La scène de rêve dessinée par Dalí pour Spellbound (La maison du Docteur Edwardes, 1944) d'Alfred Hitchcock. DR

13/05/2024

Un grand cinéphile

"Mais je pense qu’un film se mérite. Et aujourd’hui, à l’heure où tout ou presque est accessible, c’est souvent trop facile. C’est comme dans une bibliothèque : si vous débarquez sans rien connaître à la littérature, s’il n’y a personne pour vous prendre par la main, vous ne vous en sortirez pas, et vous allez passer à côté des chefs-d’œuvre. Mais comme je le dis souvent : si j’avais 17 ans aujourd’hui, je ne m’intéresserais pas au cinéma, mais au jeu vidéo."

Un bien bel entretien avec un grand cinéphile à qui l'on doit tant : Patrick Brion, « pape » du Cinéma de Minuit. Originellement publié dans le n°6 de Revus & Corrigés. Cliquer sur la photographie (© 2020 Marc Moquin DR)

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03/05/2024

Sergent Tyree

Ben Johnson dans le rôle du sergent Tyree, inoubliable dans She Whore a Yellow Ribbon (La Charge héroïque, 1949), de John Ford. Cavalier émérite, champion de rodéo, Johnson a débuté comme cascadeur avant que John Ford ne le remarque et ne lui confie de véritables rôles dont celui, mémorable, de l'intrépide sergent Tyree. Photographie publicitaire DR. 

john ford,ben johnson

 

30/04/2024

Zoom Arrière n°8 : Les films de Werner Herzog

Pour son huitième numéro, l'équipe de Zoom Arrière vous propose un voyage dans le cinéma de Werner Herzog, figure majeure du jeune cinéma allemand des années 70 et 80, devenu un maître du cinéma contemporain. 

La campagne de pré-commandes est ouverte sur Ulule (cliquez sur l'image ci-dessous) pour acquérir ce superbe numéro et ses non moins superbes contreparties. Et n'hésitez pas à transmettre l'information !

zoom arrière,werner herzog

Des rivières de l'Amazone aux glaces de la base Antarctique McMurdo, de la grotte Chauvet aux chemins escarpés de Cuzco, des plages de l'ancien Dahomey au désert dévasté du Koweït, de volcans en sommets, des océans aux forêt profondes, Werner Herzog est un cinéaste voyageur inlassable, à l'immense curiosité, moteur d'un œuvre protéiforme et exaltante.

Adolescent, il croise la route de Klaus Kinski et, impressionné, en conçoit l'intuition qu'il réalisera des films et dirigera l'impossible comédien. Ce qu'il fera. Werner Herzog est l'homme des signes qui peuplent le monde et des appels d'un destin imprévisible auxquels il faut savoir répondre. Il aura construit ses films sur d'innombrables rencontres et autant de coups de tête. Religieux, voire mystique, il sait accueillir l'imprévisible, le merveilleux, et la poésie de la vie, tout en conservant une détermination sans faille dans sa vision de cinéaste.

Ses tournages sont autant d'aventures physiques que spirituelles et ses films, plus de quatre-vingt fictions et documentaires, courts et longs métrages, autant de visions artistiques sensibles qui explorent la condition humaine dans toute sa démesure, sa folie, sa grandeur.

L'équipe de Zoom Arrière est heureuse de vous convier à déambuler à travers les multiples facettes de l'impressionnante filmographie de ce grand marcheur pour qui : « ...voyager à pied est une vertu ». On ne saurait rêver meilleur compagnon de route.

Le huitième numéro de Zoom Arrière revisite donc son œuvre : longs et courts métrages, fictions et documentaires, analyses transversales, bibliographie et filmographie, commentés et analysés par nos contributeurs, à travers plus de soixante-dix textes. 

Certains de ces textes s’opposent, d’autres convergent. Tous se complètent pour rendre hommage à un créateur unique. 

15/04/2024

Truffaut en ligne

La Cinémathèque française propose une très belle exposition en ligne, à partir des archives du réalisateur. Quinze chapitres avec de superbes illustrations, textes et documents de travail : 

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Photographie : La Femme d'à côté (DR)

09/04/2024

"Le Tombeau des lucioles" au Ciné-club du Pathé Masséna

Grand moment à venir, ce vendredi 12 avril, dans le cadre du ciné-club du Pathé Masséna à Nice : projection du chef d’œuvre d'Isao Takahata, Le Tombeau des lucioles. On aurait envie de faire le malin pour ne pas avouer l'émotion que procure ce film qui redonne tout son sens au mot "bouleversant". Mais non. Prévoir quelques mouchoirs.

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01/01/2024

2024 !

Une belle et bonne et bien meilleure année 2024 à toutes et tous !

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19:13 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |  Imprimer | |

26/12/2023

2023 en quelques films

C'est le temps du bilan ! Une année plutôt bien fournie avec près de 200 films vus et un peu trop souvent, revus. Belle année avec des films excitants signés de mes réalisateurs de chevet et quelques belles découvertes. Un phénomène qui m'inquiète quelque peu : j'ai vu plusieurs films dont je ne me souviens de rien. Mais alors de rien du tout, sans pour autant que j'ai le souvenir de m'être ennuyé ou d'être tombé sur une bouse (là, curieusement, les souvenirs sont plus précis). C'est peut être l'âge... Reste, plus classique, plusieurs films que j'ai aimé sans être transporté outre-mesure. Et puis dans ma liste des regrets, mais que je compte rapidement combler : Guédiguian et Kaurismaki. Alors, voilà :

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The Fabelmans de Steven Spielberg © Universal

Screenshot 2023-12-18 at 18-37-57 «Vers un avenir radieux» quand Moretti joue à Nanni - Le Temps.png

Il sol dell'avvenire (Vers un avenir radieux) de Nanni Moretti © Xenix Film

Screenshot 2023-12-18 at 18-40-25 Le Procès Goldman - Visuel 2 © Moonshaker.jpg (Image WEBP 1920 × 1080 pixels) - Redimensionnée (53%).png

Le procès Goldman de Cédric Kahn © Moonshaker

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Whaou ! De Bruno Podalydès © Anne Francoise Brillot

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Fifi de Jeanne Aslan et Paul Saintillan © New Story

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L'été dernier de Catherine Breillat © Pyramide Films

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Kimi-tachi wa dō ikiru ka (Le Garçon et le héron) de Hayao Miyazaki © Le Studio Ghibli

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Yamabuki de Yamasaki Juichiro © Survivance

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Reality de Tina Satter © Mickey & Mina LLC

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Umberto Eco, la biblioteca del mondo de Davide Ferrario © Cinema Guild

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Et la série Esterno notte de Marco Bellocchio © Anna Carmelingo

Et aussi dans la catégorie "oui mais", Anatomie d'une chute de Justine Triet, La famille Asada de Ryôta Nakano, Zone of interest de Jonathan Glazer, Inchallah un fils de Amjad Al Rasheed, Rapito (L'Enlèvement) de Marco Bellocchio,  Monster de Hirokazu Kore-eda, Adagio de Stefano Sollima, Coup de chance de Woody Allen et Barbie de Greta Gerwig que je trouve douée pour la comédie musicale.

28/11/2023

Rencontre avec Andrea Ferréol

La comédienne Andrea Ferréol sera reçue à la Cinémathèque de Nice, vendredi 8 décembre, à l'issue d'une projection de La Grande bouffe (1973), le film-monstre de Marco Ferreri. mais il serait dommage de réduire son impressionnante carrière à ce simple titre. Andrea Ferréol a tourné avec François Truffaut, Rainer Werner Fassbinder, Andrzej Wajda, Samuel Fuller, Claude Lelouch, Agnès Varda et de nombreux cinéastes italiens, tels Luigi Comencini ou Mario Monicelli.

J'aurais le plaisir d'animer la rencontre qui suivra la projection du film.

Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site de la Cinémathèque de Nice.

Screenshot 2023-11-28 at 10-54-24 Andréa Ferréol La Grande Bouffe ne se tournerait pas aujourd'hui !.png

Photographie DR

22/10/2023

Avec Catherine

"Avec Catherine, il y a une importante part de rêve et on a l'impression que tout n'est pas montré à l'écran. Il y a le personnage qu'elle incarne et des pensées qui ne sont pas exprimées. Oui, Catherine Deneuve est une actrice de rêverie, il n'y a pas d'autre mot, car cette impression de double personnalité, de double identité, nous ne l'avons pas avec une autre comédienne. Catherine projette sur l'écran une double vie : vie apparente et vie secrète."
François Truffaut

Truffaut deneuve.jpg

Photographie DR

05/10/2023

Une conversation

En février 1970, Simon Hartog réunit Pierre Clémenti, Glauber Rocha, Miklós Jancsó et Jean-Marie Straub pour parler boutique : http://derives.tv/conversation

Discussion retranscrite par Patrick Letessier (1970), traduite de l’anglais par Mehdi Benallal (2008).

Version anglaise initialement publiée dans Cinematics no. 4 et disponible sur rouge.com.au

29/09/2023

Ciné-club

Depuis la saison dernière, j'ai le plaisir d'animer un ciné-club au Pathé Masséna de Nice (31 avenue Jean Médecin). Une sorte de rêve qui a pris corps presque par hasard. Depuis septembre, je propose un cycle consacré aux voyages dans le temps avec quelques-uns des films qui m'ont marqué sur le sujet. C'est assez excitant d'accompagner Peggy Sur, Marty McFly, Taylor, Phil Connor, Benjamin Button et Camille qui redouble. Les dates et horaires sont ci-dessous et ce soir, à 19h30, je présente l'inoxydable mais indispensable Back to the future (Retour vers le futur, 1985) de Robert Zemeckis, tellement années 80.

ciné-club

 

28/09/2023

Du haut de ces pyramides...

Screenshot 2023-09-28 at 10-10-50 gettyimages-564799251.jpg (Image WEBP 1500 × 2146 pixels) - Redimensionnée (33%).png

La classe américaine : Howard Hawks lors du tournage de Land of the Pharaohs (La Terre des Pharaons, 1955). Photographie Ernst Haas DR

03/09/2023

Jarmush sur ARTE

 ARTE.tv propose depuis le 1er août jusqu'au au 31 décembre 2023, cinq des films tournés par le cinéaste américain Jim Jarmusch dans la première partie de sa carrière. Musique, errance, rencontres singulières et humour désenchanté. Au programme : Permanent  Vacation, son film de fin d'études, Down by Law, Mystery Train, Night on Earth et le western culte Dead Man. En complément, c'est l'occasion de se plonger dans le numéro que l'équipe de Zoom Arrière à concocté autour de la filmographie de l'auteur (à commander sur le site en cliquant sur la couverture ci-dessous, attention, il en reste peu !). 

jim jarmush, zoom arrière

 

11/07/2023

Sophie dite Fifi

Fifi (2022), un film de Jeanne Aslan et Paul Saintillan

Quelques mots sur un film qui risque de ne pas déplacer les foules, ce qui serait bien dommage. Fifi, premier long métrage signé à quatre mains par Jeanne Aslan et Paul Saintillan reste pourtant mon plus joli souvenir de l'édition 2023 de Cannes. Une sélection scolaire dont j'avais assuré la présentation et le débat avec le coréalisateur. Un des plaisirs des festivals, c'est de pouvoir découvrir des films sans rien en savoir et être transporté. Ça ne marche pas toujours. Fifi, c'est l'histoire d'une jeune adolescente vivant dans une banlieue de Nancy et dont la famille (recomposée avec entre-autres petit frère insupportable et grande sœur mère-célibataire) lui pèse. Le destin lui donne un coup de pouce quand elle retrouve une copine de classe qui vit, elle, dans la jolie villa d'un quartier chic. Sur une impulsion, elle embarque les clefs et pense profiter du départ en vacances de la famille pour trouver un refuge et profiter un peu du calme luxe et volupté de l'endroit, une expérience tirée de le jeunesse de la coréalisatrice. Manque de chance... ou pas, Stéphane, le fils aîné, jeune adulte, y débarque pour un job d'été (remplir des enveloppes pour un organisme caritatif) et faire le point sur sa vie. Le film va explorer tout en délicatesse et humour la relation qui s'établit entre ces deux personnages qui se cherchent. 

jeanne aslan,paul saintillan

Avec finesse, les auteurs abordent la question amoureuse sans en faire un enjeu central. Ce qui se joue entre Fifi et Stéphane tient plus d'un rapport entre sœur et frère, d'une amitié nourrie d'échanges, le livre (Kafka), la musique (Schubert), le travail partagé, mais surtout une manière de se reconnaître dans l'autre, « parce que c'était lui, parce que c'était moi » et toutes ces sortes de choses. De la même façon, Aslan et Saintillan évitent avec élégance le film à thèse avec différences sociales bien marquées. Elles sont présentes mais prises à contre-pied. Fifi vit dans une famille modeste mais le beau-père est sympathique, la mère très (trop) compréhensive, et si le quotidien n'est pas facile, il ne tombe jamais dans le misérabilisme. Tout ceci passe par la mise en scène, des plans posés, une caméra discrète mais précise, un montage net, le choix attentif des décors et accessoires avec une prédilection pour les couleurs vives et gaies qui font des plans un enchantement pour les yeux. Comme le dira Saintillan, ce n'est pas parce qu'ils sont pauvres qu'ils doivent avoir des coussins maronnasse. La photographie, limpide, chaleureuse, estivale, c'est de saison, est signée d'Alan Guichaoua, qui a travaillé avec Guillaume Brac sur A l'Abordage ! et Contes de juillet, et avec Alain Guiraudie sur Rester vertical. Dialogues et situations vont également à contre-courant de ce que le spectateur pourrait attendre, voire redouter. Pas de caméra épileptique, pas de crises de nerfs, pas de violence, ce qui n'empêche pas la force des sentiments. 

jeanne aslan,paul saintillan

Ça et là, on cite volontiers Rohmer, mais Fifi me semble surtout proche de Brac comme du cinéma de Mickaël Hers, un cinéma délicat des rapports humains qui fait plaisir à découvrir. Une grande part de la réussite du film tient à l’alchimie créée entre les deux acteurs, Céleste Brunnquell en Fifi, vue dans la série En Thérapie, et Quentin Dolmaire en Stéphane, qui a démarré avec Arnaud Depleschin et joue un aimable second rôle dans le récent Le Processus de paix (2023) d'Ilan Klipper. Jeanne Aslan et Paul Saintillan ont aussi cette faculté trop rare de savoir camper des personnages secondaires vivants, les membres des deux familles en premier lieu. Bref, un film à découvrir et deux réalisateurs à suivre, ça fait plaisir.

Pour les niçois, le film est à l'affiche au cinéma Jean-Paul Belmondo, ex-Mercury

Photographies Copyright New Story

29/06/2023

Estivale

sophia loren

Sophie Loren photographiée à Rome, en 1955, par David Seymour. DR.

16:42 Publié dans Actrices | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : sophia loren |  Facebook |  Imprimer | |

09/06/2023

Deux ou trois choses...

Quoique l'on puisse penser de la réalisatrice Justine Triet, de son cinéma, de sa Palme d'Or cannoise et de son intervention, on ne peut pas laisser passer nombre d'interventions au mieux ignorantes, au pire malhonnêtes. Une petite mise au point s'impose et les personnes intéressées pourront se reporter aux structures officielles pour creuser la question, la question du pognon.

Non, un long métrage comme Anatomie d'une chute n'est pas financé par l'impôt. Les aides du CNC, dont la fameuse avance sur recette (fer de lance d'un système qui permet, pour le cinéma, l'exception culturelle que bien d'autres cinématographies nous envient de par le monde) proviennent d'un dispositif original mis au point à la Libération (1945, tout ça...) qui prélève une part des recettes sur les billets vendu par les salles. Tous les films participent (c'était un moyen qui s'est révélé efficace pour contrer l'hégémonie financière du cinéma américain) et tous les films français peuvent y prétendre. L'aide est une avance, ce qui veut dire qu'elle est remboursée en fonction des entrées.

Je n'ai pas le détail des résultats des films de Triet mais Victoria a très bien marché avec un taux de rentabilité de 107 % (voir ici) , donc ils abondent, à leur niveau au système qui soutient leur financement. Pour les Régions, c'est bien de l'argent public mais pour les longs métrages c'est clairement une aide à l’industrie, comme les régions peuvent aider n'importe quel autre secteur, et qui est conditionné à un retour, soit par les sommes que la production dépense sur. le territoire, soit par l'emploi de techniciens, comédiens, sous traitants, équipements. Et je ne parle même pas du retour en termes d'image et d'influence sur le tourisme. On est donc dans système donnant donnant et les ceusses qui critiquent l'intervention de Triet n'ont sans doute jamais rempli un dossier de demande d'aide financière. Enfin, pour les télévisions, c'est un peu pareil,. Les aides au bouclage du budget sont soit des préachats en vue de futures diffusions, soit des entrées en coproduction. Et même quand on parle de chaînes publiques, ça n'a rien d'un mécénat mais la joyeuse ronde des affaires.

En tant que professionnelle, Triet a toute légitimité pour parler de son métier et de sa filière. Il est assez gonflé de lui reprocher de défendre le système qui le structure et en permet le dynamisme. Il est bien plaisant qu'on lui reproche de prendre la parole pour appeler à la vigilance Comme si le gouvernement qui pousse aujourd'hui des cris d'orfraie, la main sur le cœur, ne touchait jamais aux acquits sociaux et ne prenait que de bonnes décisions. Comme si la culture n'était pas un secteur majeur de l'économie (ce chiffre parmi d'autre, elle représente sept fois plus que l’industrie automobile). Comme c'était le seul secteur à être aidé ! J'y vois ce vieux fantasme rance que les artistes seraient des gens différents du commun des mortels, vivant d'eau fraîche et d'inspiration. Et que ça serait bien qu'ils se taisent et nous fassent de jolis films inoffensifs. Ha, les braves gens !

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17/04/2023

Zoom Arrière n°7 : Les films de Jane Campion

La belle équipe de Zoom Arrière vous propose son septième numéro consacré aux films de Jane Campion, la réalisatrice de La Leçon de piano, première femme à recevoir la Palme d'Or au festival de Cannes en 1993.

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Pourtant, cet arbre remarquable cache une forêt riche et sensible. Jane Campion fait des films depuis plus de quarante ans et parmi eux plusieurs encore sont à découvrir ou redécouvrir. C’est le cas de ses nombreux courts métrages et de ses tout premiers longs, Two friends (1986) et Sweetie (1989) remarquables à plus d’un titre. C’est aussi le cas de Portrait de femme (1996), adaptation risquée mais réussie du roman de Henry James et dans lequel Nicole Kidman, à travers sa composition d'une femme empêchée et trahie, ne peut que saisir le spectateur.

De nouveau récompensée du prestigieux prix Lumière en 2021 pour l’ensemble de son œuvre, ainsi que par quelques autres prix pour The Power of the Dog en 2022, Jane Campion est une des cinéastes, si ce n’est la cinéaste, la plus honorée de notre temps.

Le septième numéro de Zoom Arrière revisite donc son œuvre : plusieurs courts, neuf longs métrages et une série commentés et analysés à travers plus de vingt-cinq textes. Certains de ces textes s’opposent, d’autres convergent. Tous se complètent. De façon générale et au milieu d’autres thèmes (une étude de la bande son et de la musique dans Bright Star, une représentation du XIXe siècle d’après ses films...), nous revenons sur le féminisme de la réalisatrice, ses héroïnes, leurs désirs et leur désillusion, leurs luttes surtout.

Une campagne de précommandes est lancée sur ulule, l'occasion de soutenir le projet et de compléter votre collection. vous pouvez également nous aider en faisant circuler l'information. Qu'on se le dise !

15/04/2023

Er Monnezza !

Lo trucido e lo sbirro (La Mort en sursis ou Le Clan des pourris, 1976) d'Umberto Lenzi

Pas toujours facile de s'y remettre, mais la belle série du bon Dr Orlof sur le cinéma italien m'a redonné des envies. Claudio Cassinelli en flic déterminé et Tomás Milián en petit truand romain dans un polar urbain italien des années 70, voilà qui est irrésistible.

C'est le programme proposé par Lo trucido e lo sbirro (littéralement : le meurtrier et le flic) signé par Umberto Lenzi. Lenzi, il faut le dire, ce n'est pas une épée. Après des débuts plutôt cinéphiles, passage au Centro Sperimentale de Rome, critique a Bianco e Nero, admiration pour Samuel Fuller et Raoul Walsh et court métrage sous l'influence de Pasolini, Lenzi devient un pilier du cinéma de genre. Las ! peplum, film de pirate ou de guerre, espionnage ou giallo, il passe le plus souvent derrière ses collègues plus doués, appliquant leur recettes sans ingéniosité. Ceci posé, force est de reconnaître qu'il est plus à l'aise dans le poliziottescho, polar à l'italienne, grâce à une mise en scène nerveuse et un goût pour l'excès dans la violence qui, parfois très complaisant, fonctionne bien dans le genre.

umberto lenzi

Bien sûr, Lenzi arrive après les fondateurs La polizia ringrazia (972) de Steno et La polizia incrimina, la legge assolve (Le Témoin à abattre, 1973) d'Enzo G. Castellari. Il emprunte aussi, sans vergogne, à Sergio Martino et son Milano trema, la polizia vuole giustizia (Polices parallèles en action ou Rue de la violence, 1973) et à son flic impitoyable façon Dirty Harry. Mais bon, Lenzi trouve sa voie dans la collaboration avec Milián, d'abord avec le très violent, sadique même, Milano odia, la polizia non può sparare (La Rançon de la peur, 1974) et son tueur psychopathe, Giulio Sacchi, personnage terrifiant qui marque les esprits.

Dans le film qui nous intéresse, Lenzi et son scénariste, Dardano Sacchetti, inventent Er Monnezza (littéralement : le déchet, l'ordure) dont le comédien cubain va faire une icône à succès. Monnezza, surnom du truand Sergio Marazzi, est un romain plutôt sympathique, perruque frisottée noire, barbe folle et yeux soulignés d'un trait noir, qui utilise le dialecte populaire romanesco, ou le turpiloquio, argot haut en couleur. Les dialogues percutants et la voix caractéristique du doubleur Ferruccio Amendola feront la fortune du personnage qui doit beaucoup à ceux que Milián a joué dans les westerns de Sergio Sollima et Sergio Corbucci, péons débraillés, en marge de la loi, mais d'une humanité chaleureuse. Comme un hommage, la dernière réplique du film de Lenzi reprend celle, culte, du Cuchillo de Sollima : « Er Monnezza se ne va ! ». Ce personnage, que Milián reprendra sous diverses formes, permet de glisser du polar pur et dur à la comédie et d'adoucir la violence intrinsèque au genre. Lo trucido e lo sbirro conserve un certain équilibre qu'il doit en grande partie à Claudio Cassinelli dans le rôle du commissaire Sarti. Impeccable comme toujours, Cassinelli joue ici un policier intègre que l'on a muté en Sardaigne, sans doute parce qu'il n'était pas assez souple, et qui est rappelé à Rome pour une sombre histoire d'enlèvement d'enfant. Sarti fait évader Er Monnezza et l'oblige à collaborer avec lui pour retrouver la trace des ravisseurs. Le personnage prolonge ceux que Cassinelli a joué pour Martino, Massimo Dallamano ou Luciano Ercoli, un flic tenace, un peu solitaire, aux limites de la légalité, mais plus nuancé, moins d'une pièce que ceux joués par Maurizio Merli ou Luc Merenda. Le duo Cassinelli/Milián fonctionne à merveille au cœur d'une intrigue aux multiples rebondissement où passent quelques figures bien typées du genre, incarnées par Henry Silva, Biagio Pelligra ou Robert Hundar. 

umberto lenzi

Lenzi manie la caméra avec nervosité et rythme, suivant ses personnages dans une Rome moderne, populaire et prolétaire, entre prison (scène d'ouverture où les détenus regardent un western!), cinéma de quartier, laiterie, terrains vagues, bars et rues prises sur le vif dans un esprit très néo-réaliste. Le film, comme tous les polars italiens de l'époque, est le reflet de l'actualité italienne des années de plomb, cette période de violences crapuleuses comme politiques, des angoisses et des dysfonctionnements du pays. L'enlèvement de l'enfant est symptomatique, comme les questions autour de la manière de faire respecter la loi et, si Lenzi y va avec de gros sabots, il n'en est pas moins efficace. Il est assez fascinant de voir aujourd'hui ce film en parallèle avec la série de Marco Bellocchio, Esterno notte, qui revient sur l'enlèvement d'Aldo Moro en 1978. L'un, avec ses limites de cinéma de genre (et de cinéma tout court), est comme le contre-champ de l'autre, avec toute l'ampleur de la reconstitution par Bellocchio d'une réalité que Lenzi capte en direct, presque sans y faire attention. Bien sûr, Esterno notte décortique la complexité des jeux de pouvoir à travers une mise en scène incroyable de maîtrise et d'invention là où Lo trucido e lo sbirro joue sur l'énergie du divertissement, mais c'est la gloire du cinéma populaire italien, à son meilleur, d'avoir su s'inscrire dans les préoccupations de son temps.

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12:24 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : umberto lenzi |  Facebook |  Imprimer | |