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17/04/2023

Zoom Arrière n°7 : Les films de Jane Campion

La belle équipe de Zoom Arrière vous propose son septième numéro consacré aux films de Jane Campion, la réalisatrice de La Leçon de piano, première femme à recevoir la Palme d'Or au festival de Cannes en 1993.

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Pourtant, cet arbre remarquable cache une forêt riche et sensible. Jane Campion fait des films depuis plus de quarante ans et parmi eux plusieurs encore sont à découvrir ou redécouvrir. C’est le cas de ses nombreux courts métrages et de ses tout premiers longs, Two friends (1986) et Sweetie (1989) remarquables à plus d’un titre. C’est aussi le cas de Portrait de femme (1996), adaptation risquée mais réussie du roman de Henry James et dans lequel Nicole Kidman, à travers sa composition d'une femme empêchée et trahie, ne peut que saisir le spectateur.

De nouveau récompensée du prestigieux prix Lumière en 2021 pour l’ensemble de son œuvre, ainsi que par quelques autres prix pour The Power of the Dog en 2022, Jane Campion est une des cinéastes, si ce n’est la cinéaste, la plus honorée de notre temps.

Le septième numéro de Zoom Arrière revisite donc son œuvre : plusieurs courts, neuf longs métrages et une série commentés et analysés à travers plus de vingt-cinq textes. Certains de ces textes s’opposent, d’autres convergent. Tous se complètent. De façon générale et au milieu d’autres thèmes (une étude de la bande son et de la musique dans Bright Star, une représentation du XIXe siècle d’après ses films...), nous revenons sur le féminisme de la réalisatrice, ses héroïnes, leurs désirs et leur désillusion, leurs luttes surtout.

Une campagne de précommandes est lancée sur ulule, l'occasion de soutenir le projet et de compléter votre collection. vous pouvez également nous aider en faisant circuler l'information. Qu'on se le dise !

15/04/2023

Er Monnezza !

Lo trucido e lo sbirro (La Mort en sursis ou Le Clan des pourris, 1976) d'Umberto Lenzi

Pas toujours facile de s'y remettre, mais la belle série du bon Dr Orlof sur le cinéma italien m'a redonné des envies. Claudio Cassinelli en flic déterminé et Tomás Milián en petit truand romain dans un polar urbain italien des années 70, voilà qui est irrésistible.

C'est le programme proposé par Lo trucido e lo sbirro (littéralement : le meurtrier et le flic) signé par Umberto Lenzi. Lenzi, il faut le dire, ce n'est pas une épée. Après des débuts plutôt cinéphiles, passage au Centro Sperimentale de Rome, critique a Bianco e Nero, admiration pour Samuel Fuller et Raoul Walsh et court métrage sous l'influence de Pasolini, Lenzi devient un pilier du cinéma de genre. Las ! peplum, film de pirate ou de guerre, espionnage ou giallo, il passe le plus souvent derrière ses collègues plus doués, appliquant leur recettes sans ingéniosité. Ceci posé, force est de reconnaître qu'il est plus à l'aise dans le poliziottescho, polar à l'italienne, grâce à une mise en scène nerveuse et un goût pour l'excès dans la violence qui, parfois très complaisant, fonctionne bien dans le genre.

umberto lenzi

Bien sûr, Lenzi arrive après les fondateurs La polizia ringrazia (972) de Steno et La polizia incrimina, la legge assolve (Le Témoin à abattre, 1973) d'Enzo G. Castellari. Il emprunte aussi, sans vergogne, à Sergio Martino et son Milano trema, la polizia vuole giustizia (Polices parallèles en action ou Rue de la violence, 1973) et à son flic impitoyable façon Dirty Harry. Mais bon, Lenzi trouve sa voie dans la collaboration avec Milián, d'abord avec le très violent, sadique même, Milano odia, la polizia non può sparare (La Rançon de la peur, 1974) et son tueur psychopathe, Giulio Sacchi, personnage terrifiant qui marque les esprits.

Dans le film qui nous intéresse, Lenzi et son scénariste, Dardano Sacchetti, inventent Er Monnezza (littéralement : le déchet, l'ordure) dont le comédien cubain va faire une icône à succès. Monnezza, surnom du truand Sergio Marazzi, est un romain plutôt sympathique, perruque frisottée noire, barbe folle et yeux soulignés d'un trait noir, qui utilise le dialecte populaire romanesco, ou le turpiloquio, argot haut en couleur. Les dialogues percutants et la voix caractéristique du doubleur Ferruccio Amendola feront la fortune du personnage qui doit beaucoup à ceux que Milián a joué dans les westerns de Sergio Sollima et Sergio Corbucci, péons débraillés, en marge de la loi, mais d'une humanité chaleureuse. Comme un hommage, la dernière réplique du film de Lenzi reprend celle, culte, du Cuchillo de Sollima : « Er Monnezza se ne va ! ». Ce personnage, que Milián reprendra sous diverses formes, permet de glisser du polar pur et dur à la comédie et d'adoucir la violence intrinsèque au genre. Lo trucido e lo sbirro conserve un certain équilibre qu'il doit en grande partie à Claudio Cassinelli dans le rôle du commissaire Sarti. Impeccable comme toujours, Cassinelli joue ici un policier intègre que l'on a muté en Sardaigne, sans doute parce qu'il n'était pas assez souple, et qui est rappelé à Rome pour une sombre histoire d'enlèvement d'enfant. Sarti fait évader Er Monnezza et l'oblige à collaborer avec lui pour retrouver la trace des ravisseurs. Le personnage prolonge ceux que Cassinelli a joué pour Martino, Massimo Dallamano ou Luciano Ercoli, un flic tenace, un peu solitaire, aux limites de la légalité, mais plus nuancé, moins d'une pièce que ceux joués par Maurizio Merli ou Luc Merenda. Le duo Cassinelli/Milián fonctionne à merveille au cœur d'une intrigue aux multiples rebondissement où passent quelques figures bien typées du genre, incarnées par Henry Silva, Biagio Pelligra ou Robert Hundar. 

umberto lenzi

Lenzi manie la caméra avec nervosité et rythme, suivant ses personnages dans une Rome moderne, populaire et prolétaire, entre prison (scène d'ouverture où les détenus regardent un western!), cinéma de quartier, laiterie, terrains vagues, bars et rues prises sur le vif dans un esprit très néo-réaliste. Le film, comme tous les polars italiens de l'époque, est le reflet de l'actualité italienne des années de plomb, cette période de violences crapuleuses comme politiques, des angoisses et des dysfonctionnements du pays. L'enlèvement de l'enfant est symptomatique, comme les questions autour de la manière de faire respecter la loi et, si Lenzi y va avec de gros sabots, il n'en est pas moins efficace. Il est assez fascinant de voir aujourd'hui ce film en parallèle avec la série de Marco Bellocchio, Esterno notte, qui revient sur l'enlèvement d'Aldo Moro en 1978. L'un, avec ses limites de cinéma de genre (et de cinéma tout court), est comme le contre-champ de l'autre, avec toute l'ampleur de la reconstitution par Bellocchio d'une réalité que Lenzi capte en direct, presque sans y faire attention. Bien sûr, Esterno notte décortique la complexité des jeux de pouvoir à travers une mise en scène incroyable de maîtrise et d'invention là où Lo trucido e lo sbirro joue sur l'énergie du divertissement, mais c'est la gloire du cinéma populaire italien, à son meilleur, d'avoir su s'inscrire dans les préoccupations de son temps.

A lire aussi sur le blog du dr Orlof

13/02/2023

Gothique italien à la Cinématèque de Nice

Il est sorti, il est tout beau ! L'ouvrage écrit à quatre mains avec Eric Escofier est désormais une réalité grâce aux éditions Mono-Tone de Nice. Nous commençons à le diffuser et La Cinémathèque de Nice nous fait l'honneur et le plaisir d'une soirée spéciale le vendredi 17 février à 19h30. Présentation du livre, DJ set de Memphis Mao et projection du film de Mario Bava Les Trois visages de la peur (I tre volti della paura, 1963, avec Michèle Mercier, Boris Karloff, Lydia Alfonsi, Mark Damon et Jacqueline PIerreux, frissons d'époque garantis ! Et en plus, c'est entrée libre.

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Pour commander le livre (20 € + port), contacter l'éditeur : memphismao@gmail.com

La soirée "Release Party" sur le site de la Cinémathèque de Nice

12/02/2023

Retour sur 2022

Petite tentative, sur le fil mais mieux vaut tard que jamais, de revenir sur les films qui m'ont marqué en cette année 2022. Encore une année où je regrette de ne pas aller plus en salles. Huit films qui m'ont plu sans réserves, deux rattrapages de l'année précédente et, quand même, le plaisir pris au dernier Klapish malgré un récit très prévisible mais qui fait partie de son charme.

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Leila et ses frères de Saeed Roustaee (© Amirhossein Shojaei )

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Les Passagers de la nuit de Mikhaël Hers (© Pyramide Distribution )

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Les Banshees d'Inisherin de Martin McDonagh (DR)

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Le Bleu du Caftan de Maryam Touzani (© Ad Vitam)

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Funny Pages de Owen Kline (© A24 )

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La Nuit du 12 de Dominik Moll (© Haut et Court)

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Les Harkis de Philippe Faucon (© Pyramide Distribution)

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Masques - Film catastrophe d'Olivier Smolders (© Le Scarabée asbl / CBA - Centre de l’Audiovisuel à Bruxelles )

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Illusions perdues de Xavier Giannoli (© Cinemien )

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Les Deux Alfred de Bruno Podalydès (© Af Brillot )

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En corps de Cédric Klapish (© Emmanuelle Jacobson-Roques – CQMM )

02/01/2023

2023 !

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09/12/2022

Le cinéma fantastique gothique italien (pré-commande)

Le fantastique gothique italien est un livre écrit à quatre mains avec Eric Escoffier, spécialiste du cinéma fantastique et de genre, et publié par les éditions Mono-Tone basées à Nice. 

J'ai bien souvent écrit sur Inisfree à propos de ces films au charme prenant. Le fantastique gothique à l'italienne est l'un des genres majeurs de l'âge d'or du cinéma populaire transalpin. Prenant son essor en 1957 avec le film de Riccardo Freda (et Mario Bava), I vampiri (Les Vampires), il porte à l'écran un univers glauque, étouffant, morbide et vénéneux, avec sa cohorte de sorcières, de spectres, de morts-vivants, de nécrophiles, de savants démiurges, de monstres et de psychopathes. 

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Le cinéma gothique italien, ce sont d'abord des réalisateurs comme Mario Bava, Camillo Mastrocinque, Massimo Pupillo, Riccardo Freda, Antonio Margheriti ou Renato Polselli qui ont donné naissance à des œuvres impérissables ayant terrifié le public du monde entier. 

C'est aussi la révélation de l'actrice Barbara Steele qui va devenir l’icône de ce genre cinématographique et, à ses côtés, de comédiens internationaux de renom tels que les britanniques Boris Karloff et Christopher Lee, l'allemand Wolfgang Priess, les français Georges Rivière et Michèle Mercier, ou les italiens Giorgio Ardisson, Ida Galli ou Walter Brandi.

Nous nous sommes partagé les 36 films qui constituent l'essentiel de cette filmographie, peu dense mais à l'influence notable puisque le genre donnera l'impulsion au Giallo puis à toute une veine de cinéma fantastique bien au-delà des frontières de l'Italie.

A ces textes s'ajoutent de nombreuses reproductions des photographies d'exploitation qui constituent la collection du passionné qu'est Eric. Le livre est édité par Mono-Tone Éditions, un petit joyau de l’édition azuréenne. Créé par Didier Balducci, esthète, dandy et guitariste, c'est une structure d’édition remarquable avec laquelle il publie ses propres bouquins insolents, ironiques et surprenants, et ceux, d’auteurs tout aussi atypiques. Ce qui est notre cas.

Une campagne de pré-commandes sur Ulule est ouverte ici : https://fr.ulule.com/le-cinema-fantastique-gothique-itali...

140 pages format 21X29,7 cm, avec 122 illustrations dont 60 en couleurs. 20 €

Il est grand temps d'ouvrir ce grimoire et de vous propulser dans ce monde irréel où chaque film est un long périple à travers l'horreur et le surnaturel et où les personnages les plus étranges vous attendent...

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16/11/2022

Conférence sur le cinéma de Bruno Podalydès à Draguignan

Mardi prochain, à 18h30, dans la Médiathèque Jacqueline de Romilly à Draguignan j'aurais le plaisir d'intervenir autour de l’œuvre de Bruno Podalydès.
De Versailles Rive gauche au récent Les deux Alfred, le réalisateur Bruno Podalydès déploie depuis les années 1990 un cinéma drôle et tendre avec une pointe de satire. Sa mise en scène est marquée par la bande dessinée, en particulier la "ligne claire" chère à Hergé, portée par une troupe de comédiens fidèles, son frère Denis en premier lieu."
Le mardi suivant, 29 novembre, la Médiathèque proposera une projection de Liberté-Oléron (2000)
 
Mardi 22 novembre 18h30
Médiathèque Jacqueline de Romilly
Pôle Culturel Chabran
660 avenue John Kennedy 83300 Draguignan
04 93 08 30 40
Sur inscription

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11/10/2022

Rencontre avec Mikhaël Hers à la Cinémathèque de Nice

Les lecteurs d'Inisfree connaissent mon admiration pour le cinéaste.  Je vais avoir le grand plaisir d’animer la rencontre avec Mikhaël Hers, reçu à la Cinémathèque de Nice dans le cadre d'Un Festival C'est Trop Court, le festival niçois du court métrage de l'association Héliotrope.

Jeudi 13 octobre, à partir de 18h00, vous pourrez découvrir son moyen métrage Primrose Hill et, après la rencontre avec le public, son premier long, Memory Lane.

Les trois autres longs métrages seront proposés sur la quinzaine à venir. Une occasion unique de découvrir l’œuvre et le réalisateur lui que Luc Moullet qualifiait de "plus grand cinéaste français de demain".
L'évènement sur facebouque

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Memory Lane, © Ad Vitam

 
 

02/10/2022

Le Grand silence à Nîmes

Lundi 17 octobre, je serais sur Nîmes à l'invitation de Vincent Capes de l'association Anima, pour présenter Il grande silenzio (Le Grand silence, 1968) de Sergio Corbucci, un de mes films fétiches, pour une projection au cinéma Le Sémaphore à 18h30. Et il me reste quelques bouquins... Amis de Nîmes et des alentours, venez nombreux !

Le Sémaphore : 25 Rue Porte de France, 04 66 67 83 11

L'évènement facebook

En bonus, l'inoubliable musique composée par Ennio Morricone :


16/09/2022

27 septembre, CinéMille : "Le regard caméra"

Pour la reprise de mes activités autour du cinéma, j'anime une conférence sur le thème du regard-caméra le mardi 27 septembre à 18h00, dans la Bibliothèque Raoul Mille à Nice (gare du Sud, avenue Malausséna). L'entrée est libre et, si vous le souhaitez, vous pouvez vous inscrire sur l'évènement Facebook.

De la Monika d'Igmar Bergman à l’œil d'Alex dans Orange mécanique, du plan final des 400 coups de François Truffaut au policier cinéphile de Rubber de Quentin Dupieux, je vous propose un petit voyage cinéphile autour du regard caméra où comment les cinéastes ont brisé le quatrième mur entre personnages et spectateurs. C'est le moment d'un petit hommage à un grand utilisateur de ce procédé, avec une scène passée à la postérité : 



14/09/2022

Zoom Arrière sur Microciné

Le titre de cette note pourra paraître un peu abscons. Il fallait faire concis. L'équipe de Zoom Arrière a été invitée à participer à une émission en ligne, Microciné, animée par Samir que je remercie ici, pour parler de la sortie de notre ouvrage collectif consacrée au cinéaste Paul Vecchiali. Nous nous sommes donc retrouvés, avec Vincent (le blog du Dr. Orlof) et Christophe (Avis sur des films) pour aborder l’œuvre de ce cinéaste qui nous est cher et les publications de Zoom Arrière qui nous le sont tout autant. Près d'une heure de discussion serrée qui, je l'espère, ne semblera pas trop longue. 

Pour commander le livre, c'est toujours par ICI.


27/08/2022

Mastroianni et Super 8

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Marcello Mastroianni observe un film en Super 8. Belle photographie à l'ambiance hollandaise. Je serais bien curieux de voir cette pellicule. Photographie DR, source Tumblr.

24/08/2022

Zoom Arrière numéro 6 : Paul Vecchiali

La campagne de pré-commandes n'ayant pas été une réussite, vous pouvez désormais vous procurer par les voies habituelles le sixième numéro de notre revue Zoom Arrière consacré au cinéma du cinéaste français Paul Vecchiali. 

En cinquante-sept textes, signés de treize contributrices et contributeurs, une filmographie, une bibliographie et un entretien exclusif de trente-deux pages, le fil de son œuvre foisonnante est déroulé.

De son premier film perdu, Les Petits Drames en 1961, à son tout nouveau, Pas... de quartier sorti en avril 2022, son cinéma se décline sur tous les tons et tous les formats, du court au long, pour le grand écran et pour la télévision, ne reculant devant aucun défi, aucun chemin de traverse, tant qu'il peut préserver son indispensable indépendance.
 
210 pages
Format : 14,8 x 21 cm
Prix : 10 € + Frais d'emballage et de port : 6 €
Cliquez sur l'image ci-dessous pour accéder à la boutique

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12/08/2022

Aux portes de Skull Island

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« Je vous dis qu'il y a quelque chose derrière ce mur que l'homme blanc n'a jamais vu… ». L'imposant décor du King Kong (1933) de Merian C. Cooper et Ernest B. Schoedsack, le seul ! L'unique ! Conservé un temps dans les studios, il finira brûlé lors du tournage de l'incendie d'Atlanta pour Gone With The Wind (Autant en emporte le vent, 1939).

05/08/2022

Estivale

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Catherine Deneuve décontractée sur le tournage de La cagna (Liza, 1972) de Marco Ferreri. Photograhie DR.

01/08/2022

Le rouge et le noir

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Gene Tierney et Richard Widmark posetn pour Night And The City (Les Forbans de la nuit, 1950) de Jules Dassin, grand classique du film noir. Photographie © Wildside.

29/07/2022

A l'oeil !

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Françoise Dorleac sur le plateau de La Peau douce de François Truffaut en 1963, le mystère de la caméra révélé... Photographie DR.

25/07/2022

Stanley Kubrick, l'art du récit

Une passionnante conférence autour du cinéma de Stanley Kubrick donnée par Laurent Vachaud pour la Cinémathèque Française (cliquez sur la photo pour accéder à la vidéo).

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06/07/2022

Hue !

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Jean-Louis Trintignant et Catherine Spaak s'amusent bien dans La matriarca (L'Amour à cheval, 1968) de Pasquale Festa Campanile. Photographie Clesi. Cin.ca.

01/07/2022

Trintignant

En ce qui me concerne, Jean-Louis Trintignant fait partie de ces acteurs qui m'ont accompagné tout au long de ma vie de cinéphile. Il a toujours été là, un visage, une voix, un regard familiers que j'ai vite identifiés comme uniques. Un comédien que j'ai toujours eu plaisir à retrouver de rôle en rôle, quelque soit la qualité du film. Jean-Louis Trintignant n'a jamais été mauvais (sauf peut être dans L'Agression (1975) de Gérard Pirès) même dans des films qui ne le méritaient pas, et si je continue à me tenir à l’écart du cinéma de Michael Haneke, je suis certain qu'il y est excellent. J'ai vite aimé chez lui son côté à la fois mystérieux et proche, sa réserve, ses personnages timides dont le visage s'éclairait de ce sourire incroyable et souvent ambigu qui n'appartient qu'à lui. Il pouvait ainsi être le jeune homme sous l'emprise de Brigitte Bardot chez Vadim, comme le séducteur-pilote pour Claude Lelouch. Il pouvait incarner l'ingénieur philosophe et si maladroit face à Maud-Françoise Fabian chez Eric Rohmer, comme l'architecte séducteur et séduisant dans Les Biches (1967) de Claude Chabrol. Trintignant est le roi des contraires. J'adore ses personnages de salauds auxquels il donnait une inquiétante humanité, du trafiquant d'armes de Under Fire (1983) de Roger Spottiswoode au terne fasciste Marcello Clerici de Il conformista (Le Conformiste, 1970) de Bernardo Bertolucci, du gangster psychopathe Émile Buisson pour Jacques Deray au collabo qui piège les étudiants dans Paris brûle-t-il ? (1966) de René Clément. Et à côté de ça, il était le juge d'instruction intègre de Z (1969) de Costa-Gavras, l'intellectuel manipulé de L’Attentat (1973) d'Yves Boisset, ou le dynamique radioamateur de Si tous les gars du monde (1956), son premier rôle pour Christian-Jaque.

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Ma nuit chez Maud, avec Françoise Fabian

L'une des facettes de sa carrière qui m'a séduite toujours plus, c'est la partie italienne de sa filmographie. Jean-Louis Trintignant a été de ces jeunes comédiens français qui, dans les années soixante, ont pu affirmer leur talent et trouver des rôles à leur mesure dans un cinéma transalpin alors en pointe de la modernité et du dynamisme. Comme Belmondo, Delon ou Perrin, Trintignant a goûté à la dolce vita et lui doit quelques-uns des personnages qui ont fait sa gloire et qui ont contribué à l'inscrire dans la mémoire collective, même s'il semblait en faire peu de cas lors d'une intervention tardive à la Cinémathèque Française. Sa facette timide et juvénile s'est ainsi exprimée chez Valerio Zurlini pour le très beau Estate violenta (Été violent, 1959) et surtout chez Dino Risi dans Il sorpasso (Le Fanfaron, 1962). Dans les deux cas, Trintignant est un étudiant pris dans une histoire qui le dépasse et qui se révèle dangereuse. Il est confronté à des personnages plus mûrs que lui, incarnés par Eleonora Rossi-Drago en veuve de guerre chez Zurlini, Vittorio Gassman, grande gueule et la sublime Catherine Spaak chez Risi. Son charme maladroit s'oppose à celui plus entreprenant de Spaak qu'il retrouve dans La matriarca (L'Amour à cheval, 1968) de Pasquale Festa Campanile. Tout médecin qu'il est, il se retrouve à quatre pattes devant la belle dans une scène aussi hilarante que troublante. Son inquiétante étrangeté fait merveille chez Bertolucci et chez Corbucci (je vais y revenir) mais aussi dans deux films peu connus, l'un des premiers opus de Tinto Brass, Col cuore in gola (Le Cœur aux lèvres, 1967) et l'étonnant La morte a fatto l'uovo (La Mort à pondu un œuf, 1968) de l’inclassable Giulio Questi, deux thrillers pré-giallo où se mêlent érotisme, meurtres et surréalisme. Trintignant se révèle très à l'aise dans ces univers décalés où l'on pourra trouver des traces de ses futures réalisations dans années soixante dix, Une journée bien remplie (1973) en particulier.

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Sans mobile apparent, sur le port de Nice

Au-delà de tout ça, Jean-Louis Trintignant est surtout lié pour moi à d'anciens souvenirs de cinéma. De ces images, de ces scènes qui s'impriment en profondeur et fondent notre rapport intime avec les films. Je me souviens de sa course incroyable tout autour du port de Nice dans Sans mobile apparent (1971) de Philippe Labro. Sa maîtresse est abattue par un tueur et Trintignant, qui joue un policier, tire dans la fenêtre d'un immeuble de l'autre côté du bassin. Puis il s'élance comme un dératé pour en faire le tour sur une musique d'Ennio Morricone. La longueur inhabituelle de la scène, qui rend tangible la performance physique de l’acteur, son visage déformé par l'effort, sa main serrée sur son revolver, m'avaient impressionné au point que, moi qui n'aime pas courir, j'ai souvent cette scène en tête quand je dois le faire. Et j'ai toujours dans l'idée de reproduire son exploit, projet sans cesse repoussé par ma réticence aux activités sportives. Plus tard j'ai revu le film et j'ai adoré ce qu'il avait fait du personnage de Carella, un flic psycho-rigide qui méprise ses subordonnés, passe son temps à se laver les mains, pelote sa maîtresse pour la faire parler et reste insensible au décolleté inoubliable de Stéphane Audran.

D'une autre manière il m'avait marqué dans Le Secret (1974), un thriller de Robert Enrico où Trintignant joue un homme qui prétend s'être évadé d'un centre de détention secret et trouve refuge auprès d'un couple de citadins installés en pleine campagne (Philippe Noiret et Marlène Jobert). Pendant tout le film, on se demande si Trintignant est sincère ou fou, et l'acteur excelle à ce jeu « entre-deux ». Je n'avais rien compris au film et j'en avais détesté la fin qui n’éclairait rien des enjeux. Longtemps, c'est resté pour moi le modèle de ces films français des années soixante dix paranos à la noirceur gratuite. Lui aussi je l'ai revu il y a peu et je dois admettre qu'il y a une belle tension dans la chose, et je suis plus ouvert à ce type de récits. L'art de l’ambiguïté propre à Trintignant y trouve un excellent emploi. Je l'ai aussi aimé en agent immobilier dans le dernier film de François Truffaut, Vivement dimanche ! (1983). A l'époque de la sortie du film, c'était le premier Truffaut que je voyais en salle, dans l'ordre de sa sortie, et j'ignorais bien entendu que ce serait le dernier. J'avais adoré ce rapport avec Fanny Ardant, une nouvelle fois ce côté séducteur maladroit et fébrile, dominé par cette femme si classe, si élégante, si drôle. C'est peut être bien le premier personnage d'adulte auquel j'ai pu m’identifier à ce point, non pas dans une idée d’idéalisation, mais de proximité. 

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Tournage de Vivement dimanche ! avec Truffaut et Ardant

Et puis bien sûr, il y a son pistolero muet dans Il grande silenzio (Le Grand silence, 1968) de Sergio Corbucci. C'est sans doute un de mes plus grand traumatismes de cinéphile, au point que c'est le déclencheur du livre que j'ai commis sur le réalisateur italien. Quand j'ai découvert ce western atypique, ô combien, je ne savais pas qui était Corbucci, mais le nom de Trintignant m'avait attiré. Ça reste pour moi l'un de ses plus grand rôle, par ce qu'il exprime sans aucun dialogue, mélange de pathétique, de douleur, de sensualité et de froideur, avec même quelques pointes d'humour, par sa crédibilité aussi en tireur d'élite, face à un Klaus Kinski qui joue tout en retenue, dans cette histoire macabre et désespérée. La présence de Trintignant est capitale dans la fascination que je n'ai cessé de ressentir face à ce film unique. Et dans la fameuse fin alternative, son visage, en contradiction totale avec tout ce qui a précédé, s’éclaire de son immense sourire, pour toujours.

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Il grande silenzio, un homme, un pistolet...

Photographies DR