Related Posts Plugin for WordPress, Blogger... G-1WTJNWQBT1 G-1WTJNWQBT1

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

19/05/2006

Ta ta tsoin

Un petit podcast pour changer, un vieil air de western italien d'époque : I Quattro inesorabili de Primo Zeglio, musique de Marcello Giombini (qui signera plus tard celle des Sabata). Le film date de 1965, les tout début de ce genre dans la péninsule et met en scène Adam West, oui, oui, celui qui incarnera Batman pour la télévision.

17/05/2006

Tout Ozu (ou presque)

J’ai découvert le cinéma de Yasujiro Ozu d’un bloc, il y a quelques années, à l’occasion d’une rétrospective organisée par la Cinémathèque de Nice. Pour moi qui étais surtout un admirateur inconditionnel d’Akira Kurosawa, j’avais cette image d’Ozu cinéaste rigoureux jusqu’à l’ascèse, les cadrages au millimètre, la caméra au raz du sol et les intrigues minimalistes. Je gardais aussi en mémoire un texte hilarant paru dans un numéro de Fluide Glacial (…) . Ce fut donc une révélation. Non seulement son cinéma ne m’ennuya pas mais je le trouvais passionnant. Peut être un effet de l’âge ! Sa rigueur est au service d’une profonde humanité envers ses personnages et sa science du cadrage qui signe son style, est du plus grand cinéma. La plus belle surprise, ce fut sans doute de découvrir qu’il avait aussi le sens de l’humour, un humour fin et discret, à la Lubitch parfois, qui allège le tragique de la plupart de ses histoires.
medium_atsuta_ozu.jpg
Ce petit texte pour signaler à ceux qui partagent mes sentiments sur Ozu ce superbe site, en anglais certes, mais qui propose outre des chroniques, biographie, filmographie, analyses et photographies, une sélection de MP3 des musiques composées pour ses films (dans la section ressources). De très belles mélodies de Senji Ito ou surtout Kojun Saito, qui accompagna nombre de ses films des années 50 et 60 avec des accents qui font penser au Nino Rota de Fellini. C’est très beau.

16/05/2006

Richard Fleischer, cinéaste

Richard Fleischer est le réalisateur de quelques uns des pires films de l'histoire du cinéma. Il a signé Che !, portrait hollywoodien de Ernesto Guévara avec Omar Sharif dans le rôle titre et Jack Palance en Lider Maximo, pour un résultat souvent cité dans les listes des plus savoureux navets. Red Sonja (ou Kalidor) est un ratage intégral d'héroic fantasy façon Conan avec l'extraordinairement inexpressive Brigitte Nielssen et un Schwarzenegger auto-parodique. Ashanti, pour ceux qui s'en souviennent, est un film d'aventure hilarant ou désolant selon l'humeur. Quand à Amityville 3, bien que tourné en relief, c'est le plus mauvais épisode d'une série fort médiocre.


Richard Fleischer est le réalisateur de quelques uns des plus beaux films d'enfance d'avant Star Wars. On lui doit Kirk Douglas et James Mason combattant le calamar géant de 20 000 mille lieues sous les mers, l'une des plus belles adaptations de Jules Verne. Les Vikings est une date dans l'histoire du film d'aventure, une référence en matière de scénario, de reconstitution et de sens épique. Le Voyage fantastique est de la science fiction très années 60, amusante, sérieuse et enlevée avec, ce qui ne gâte rien, le souvenir de Raquel Welch attaquée par les anticorps dans sa combinaison moulante. Bandido Caballero était un joli western décontracté avec Robert Mitchum nonchalant au possible et Docteur Doolittle une fantaisie musicale dont je garde un bon souvenir.

medium_nemo.jpg

 

Richard Fleischer est le réalisateur de quelques films marquants, noirs assez souvent, engagés dans leur époque et qui ont parfois conservé une puissance de fascination. Je pense à Soleil vert et ses questions écologiques (et à la superbe scène de la mort de Sol joué par E.G Robinson), L'Etrangleur de Boston et plus encore 10 Rillington Place avec ses portraits froids de tueurs en série Tony Curtis et Richard Attenborough, Tora !, Tora !, Tora ! et sa vision conciliatrice du conflit américano-japonais, Le Génie du mal et son approche originale de la peine de mort, ou encore La Temps de la colère et sa façon nouvelle à l'époque de montrer la guerre et son effet sur les hommes, contemporain de Attaque ! de Robert Aldrich.


Richard Fleischer est aussi, c'est moins connu, le réalisateur d'une demi-douzaine de petits films noirs dont le plus connu, L'Enigme du Chicago Express est un modèle de suspense, toujours intense, avec Charles McGraw, épaules carrées, machoire carrée, esprit carré, et la trop rare Marie Windsor.

medium_narrow_margin.jpg

Richard Fleischer est tout cela et c'est sans doute pourquoi le réalisateur qui s'est éteint le mois dernier, n'a pas une image très forte. Comme Robert Wise dont je vous avais parlé ici, il entre en cinéma pendant la guerre et fait ses débuts dans la série B noire. Anthony Mann, Richard Brooks, Robert Aldrich, Edward Dmytryck, John Sturges feront de même. Ce groupe de réalisateurs dominera Hollywood pendant une quinzaine d'années, incarnant un certain modenisme cinématographique, modernisme à vrai dire plus souvent formel que de fond. Dans les années 60, ils seront en compétition avec la troupe suivante, venue de la télévision et plus radicale dans ses sujets comme dans ses images avec des gens comme Arthur Penn ou Sidney Pollack.

 

Ils prendront un coup de vieux définitif avec l'arrivée de ce que l'on appelle les "Movie Brats", le gang des barbus : Scorcese, Spielberg, Lucas, Coppola, De Palma... Mais si Anthony Mann, en grande partie grâce à son travail sur le western, a acquis une véritable stature d'auteur, Fleischer comme Wise dont la carrière et les choix sont proches, restera comme un homme de studio, un faiseur diront ses détracteurs, dilettante sur les sujets, grand professionnel techniquement et piètre personnalité. C'est sans doute injuste au vu de ses plus beaux films, et relève sans doute d'une difficulté qu'il y a à appréhender son discours, faire la synthèse entre les différents Fleischer pour révéler l'homme et le cinéaste. Mais lui même a entretenu cette difficulté, semblant toujours privilégier le défi technique et les changements radicaux d'univers à une vision personnelle qui ne transparait qu'occasionnellement.

medium_soleil_vert.jpg
© Swashbuckler Films

 

Pistes

Hommage sur Objectif Cinéma

Hommage sur DVD Classik

Texte sur le site du ciné-club de Caen

Quelques textes sur quelques uns de ses films (en anglais)

Sélection sur La boutique

Rétrospective Richard Fleischer à la Cinémathèque française, du 31 mai au 23 juillet 2006

14/05/2006

Ryan Larkin

Gentleman mendiant. Pionnier de l'animation canadienne. Finaliste dans la course aux Oscars. Pauvre clochard. Artiste incapable de créer. Dieu observant le monde, ange déchu. Arrogant. Timide. Brisé, mais non anéanti.

 

Flickhead (note du 21 avril) m'a permis de découvrir fin avril le travail et l'étonnante destinée de Ryan Larkin. Il intégre à 19 ans le National Film Board of Canada et, dans les années 60, Larkin est pris sous l'aile du grand Norman McLaren. Il réalise plusieurs bijoux dont Syrinx d'après un morceau de Claude Debussy en 1965 et Walking en 1968 qui sera nominé à l'Oscar. Trente ans plus tard, Larkin est un SDF survivant avec le RMI local. En 2004 le réalisateur Chris Landreth réalise Ryan qui s'inspire de la vie de Ryan Larkin, un court métrage mêlant animation et documentaire, présenté à Cannes et Annecy. Dans la foulée, la réalisatrice Laurence Green met les deux hommes et leurs parcours en perspective dans Alter Ego et un mouvement de solidarité s'organise pour remettre l'animateur en selle. Aujourd'hui, Ryan Larkin s'est remis au travail et prépare un film intitulé Spare Change. Une belle histoire qui n'est pas terminée.

Le mieux est de vous laisser regarder Syrinx. Fusain, sables et poudres se mêlent et se dissolvent pour conter, sur les notes délicates de Debussy l'histoire de Syrinx, une hamadryade (nymphe des bois vivant à l'intérieur d'un arbre) dont Pan tomba amoureux et qui échappa à ses ardeurs en se métamorphosant en roseau.

 

Pistes :

L'article de Chris Robinson Last exit on St Laurent street (en anglais)

Un article du Montreal Mirror (en anglais)

La fiche du film Ryan sur le site des Films du paradoxe avec deux extraits

La légende de Syrinx selon Ovide

La fiche de Syrinx au NBF

Le site de Spare Change

Ryan Larkin au NFB


12/05/2006

Portfolio : Giuliano Gemma

Voici une série de photographies d'exploitation sélectionnée à partir d'un site très curieux de japonais fans de western italien. Il y en a. Le site semble avoir cessé ses activités en 2001 mais il est toujours en ligne et ces braves gens ont une très belle documentation. Voici donc ces quelques images pour mon groupe de lecteurs admirateurs (et admiratrices surtout) du beau Giuliano. N'hésitez pas à aller faire un tour chez les Tre ragazzi d'oro, il y a beaucoup d'autres choses. Toute l'atmosphère d'une époque.
medium_if_ritornodiringo4.jpg
medium_if_ilprezzodelpotere_3.jpg
medium_if_epertetto_3.jpg
medium_if_arizonacolt_1.jpg
medium_if_adiosgringo_4.jpg

10/05/2006

Italie

Un homme capable d'interrompre son film pour faire reprendre en choeur à ses acteurs et figurants le refrain d'un morceau de Springsteen a droit à ma plus profonde et éternelle admiration. Nanni Moretti sera à Cannes avec Le caïman que vous pouvez découvrir sur son site officiel et à travers sa bande annonce (je ne me lasse plus de mettre de la vidéo). Femmes, élu, intellectuel, animateur, avocate, cuisinier, Silvio Orlando, Berlusconi : une série d'instantanés qui défilent pour dresser un portrait de l'Italie d'aujourd'hui ? Vivement.


09/05/2006

Bonus

Un entretien avec Michel Hazanavicius et son scénariste Jean-François Halin sur DVDrama où le réalisateur évoque entre autres Le Grand détournement.

08/05/2006

Le plus secret des agents secrets

Jusqu'ici, le nom de Michel Hazanavicius m'évoquait celui de son frère Serge et de sa prestation sensible aux côtés de Daniel Prévost dans Le soleil au-dessus des nuages de Éric le Roch. Je me souviens surtout des difficultés que j'avais à prononcer ce nom à la radio. Depuis, j'ai de l'entraînement. Quand j'ai découvert l'affiche du film, j'ai cru à une blague. Qui pouvait bien avoir l'idée d'exhumer l'espion de Josette et Jean Bruce qui avait inspiré une demi-douzaine de séries B, sous-James Bond sympathiques mais datés, dans les années 60 ? Qui ? Jean Dujardin, je ne voyais pas qui c'était. Pas la télé. Et puis si j'avais fait le lien avec Brice de Nice, il n'est pas évident que je me serais risqué à ce film. Les comédies des échappés de la télévision moderne me laissent froid. Pour OSS 117, Le Caire nid d'espions, j'aurais eu tort. Sans partager le délirant enthousiasme des Cahiers du Cinéma dont je n'ai compris que la moitié de la critique, je reconnais que c'est une belle surprise. D'autant plus belle qu'elle est inattendue. Comment imaginer que le cinéma français de ce début de siècle serait capable d'un hommage à la fois sincère et hilarant à l'âge d'or du cinéma d'espionnage ? J'aime poser ce genre de question.

 

La réussite du film se situe à la fois sur le fond et sur la forme. Sur le fond, la grande idée est de ne pas avoir cherché à faire une parodie à gros effets mais une véritable comédie dans le ton des grands moments des années 60. La première référence pour ce film très référencé, c'est Blake Edwards, Sellers et son inspecteur Clouzeau, Tony Curtis dans La grande course autour du monde et de très belles femmes dans tous les coins de l'écran. La façon de Michel Hazanavicius d'envisager le rapport de son film à ses sources d'inspirations est similaire à celui de Mel Brooks qui recrée les décors originaux des films de la Universal des années 30 pour son Frankentein Junior, au travail de Carl Reiner qui fait enquêter Steve Martin au milieu d'extraits de films noirs originaux pour Les cadavres ne portent pas de costards (ce n'est pas innocent, j'y reviens) ou encore la volonté de dépassement des originaux de la fine équipe de Casino Royale qui nous présente le véritable Sir James Bond (et pas ce remplaçant venu de la télévision !). J'aime chercher les références.

medium_oss2.jpg

© Mandarin Films, Tous droits réservés

Michel Hazanavicius joue donc la sincérité cinéphilique, parie sur l'intelligence du spectateur capable de partager ses références et dépasse les habituels bout à bout de sketches pour donner un véritable film. Car véritable film il y a. L'intrigue finalement assez classique pour un film d'espionnage tient à la fois la distance et son rôle de trame pour les nombreux gags. Ceux-ci sont construits et variés ce qui n'a l'air de rien écrit comme cela mais est devenu assez rare. Il y a de très beaux « slow burn » (quand un personnage a une réaction différée), des « double talks »(quand deux personnages parlent sans se comprendre en croyant qu'ils se comprennent, je ne sais pas si vous me comprenez), des répliques destinées à devenir cultes, des situations loufoques, du pastiche, des gags récurrents (les poules, les photographies de René Coty), de l'humour graphique, du nonsense, du travestissement (encore l'influence de Peter Sellers), bref toute la panoplie et au final assez peu de déchet. Sur la forme, la réussite est tout aussi impressionnante. La nostalgie d'une autre époque passe par un ensemble de signes, des marques d'apéritifs aux nombreux objets soigneusement choisis en passant par les seconds rôles bien typés. Mais plus encore, le film retrouve jusqu'à la texture visuelle et sonore des films dont il s'inspire. Nostalgie à deux niveaux. La photographie de Guillaume Schiffman retrouve le grain et les couleurs du glorieux technicolor sixties, mouvements de caméra calmes et transparences à l'unisson. La musique de Ludovic Bourse et Kamel Ech-Cheickh retrouve le swing des plus belles partitions de John Barry pour 007, de Burt Bacharah ou de Henry Mancini. Les scènes d'action elle-mêmes n'ont qu'un faible décalage humoristique avec leurs modèles : la danse entre OSS et Larmina, son contact cairote, rappelle un des beaux moments de Jamais plus jamais comme la bagarre dans l'hôtel a le rythme et la violence des empoignades avec Sean Connery. J'aime me battre.

 

Reste une pointe satirique, plus actuelle avec références à la situation au Moyen Orient, à l'islam, à l'esprit colonialiste franchouillard. Ce n'est pas ce qui est le plus réussi mais cela n'alourdit jamais l'ensemble. Plus qu'une caricature de la suffisance occidentale, Hubert Bonisseur de la Bath me semble un frère de Clouzeau, terriblement idiot, sûr de lui jusqu'à l'exubérance, mais en même temps physique, acharné, doté d'une chance à toute épreuve et capable, sans y rien comprendre, de résoudre les situations les plus impossibles. J'ai toujours aimé l'inspecteur Clouzeau.

 

J'ai écrit que j'y reviendrais, j'y reviens. Tout ceci m'a permis de découvrir une autre face du talent de Michel Hazanavicius : celle du grand détourneur. Connaissiez vous George Abitbol, l'homme le plus classe du monde ? Savez-vous pourquoi ses dernières paroles furent : « Monde de merde » ? Et qui l'a tué ? Je n'en dirais pas plus. Je vous laisse un extrait pour que compreniez le principe. En 1993, Hazanavicius travaillait pour Canal+ quand la chaîne était encore drôle. Il a eu la possibilité de puiser dans le catalogue Warner (sauf Eastwood) pour faire ce film monstrueux et unique : Le grand détournement ou La classe américaine. Warner a empêché toute diffusion ultérieure au vu du résultat mais le film est devenu véritablement culte et s'est diffusé sous le manteau. Avec Internet, c'est plus simple et on le trouve facilement en téléchargement. Ca vaut le coup d'oeil et d'oreille puisque Hazanavicius a pu travailler avec les doubleurs français originaux des nombreuses vedettes « invitées ». L'incroyable travail de montage sur ce film donne la clef de la réussite de son OSS117. Outre son sens de l'humour que l'on est libre de ne pas partager, il y a la connaissance approfondie de son sujet et le respect qu'il lui porte.

Pistes :

Le site officiel

Tout savoir sur OSS117

Les répliques cultes de OSS 117 chez Imposture

Musiques sur La Boutique

Le site de La classe américaine avec plein d'extraits

Le script de La classe américaine


01/05/2006

1er mai

Je vous ai touché deux mots de cette opération de grève de l'Internet pour protester le 1er mai contre la loi DADVSI. Vous êtes sûrement tombé en parcourant ce blog sur tel ou tel article dans lequel j'exprime mon opinion sur ce problème complexe de la gestion des droits d'auteur dans l'environnement numérique moderne, les échanges via p2p et le reste ; et mon hostilité à cette loi, ma préférence pour une licence globale. Bon, il n'y aura pas une telle licence dans l'immédiat et l'orientation prise par le législateur va dans un sens bien plus restrictif, répressif, que je ne le souhaiterais. Mais visiblement, il ne veut pas s'en tenir là. Je suis tombé sur ces propos tenus par notre ministre de Vivendi de la culture et de la sacro sainte communication ICI sur Ratatium reprenant cet article de Libération. Lisez, ça vaut le coup. Si je comprends bien, il y a une volonté de maîtriser jusqu'au cauchemar orwellien ce qui se passe sur le net. A croire que l'influence des blogs sur le référendum, les exemples de monputeaux.com et autres prises de paroles ont violemment traumatisé nos hommes de pouvoir. Repensons un instant à l'entrevue bidonnée de Fidel Castro, aux délires médiatiques sur Outreau ou l'agression du RER, à un journal de 20h00 sur TF1, à la majorité des revues magazines de cinéma ou de musique ; revoyons les films de Pierre Carles et repensons à cette phrase de RDDV : « C'est un autre sujet capital [ Le problème de la presse et de l'Internet ] parce qu'il n'y aura pas d'informations de qualité sur l'Internet sans de vrais signatures, de vrais acteurs dont c'est le métier. ». Savourons-en le sel. « Qualité », « Vrais signatures », « Métier ». Je l'ai fait et, si faire la grève d'un blog n'a pas de sens en soi, je soutiens l'opération ne serait-ce que pour combattre cette mentalité désespérante et je vous laisse ce message pendant que je vais profiter du soleil avec ma fille. Demain, le combat continue.

medium_net-en-deuil.gif

29/04/2006

Valérie Mrejen et Pork and milk

De Valérie Mrejen, je suis tenté d'écrire qu'elle est une artiste de proximité. Artiste parce que, romancière, plasticienne, vidéaste, photographe, cinéaste, elle ne saurait se réduire à une discipline unique mais construit son oeuvre de multiples façons, les unes répondant aux autres ce qui donne à l'ensemble cohérence et unité. Proximité parce que ce qui intéresse Valérie Mrejen est, plus que l'intime, ce qui est proche des gens, ce qui fait leur quotidien, l'essence de leur vie de tous les jours. La première oeuvre que j'ai vue d'elle, c'était Chamonix, un court métrage composé de souvenirs personnels de connaissances racontés plus que rejoués par des comédiens. Le film, qui a eu une belle carrière, était né à partir d'une série Portraits filmés qui trouvait son prolongement dans un système d'installations vidéo. Manufrance, un court métrage de 2005, est construit à partir d'images du catalogue Manufrance des années 70. Dans ses récits, si l'on peut leur attribuer ce qualificatif, elle prend pour sujet son grand père (Mon grand-père), un ex-compagnon (l'Agrume) ou son père (Eau sauvage). Ces textes sont des suites de notations, de réflexions, souvent ordinaires, triviales, petits paragraphes centrés sur des riens. Elle raconte encore, dans la préface à Trois quartiers qui regroupe les trois textes précédents, comment elle a travaillé autour de gâteaux d'anniversaire pour un projet d'école. Autant d'exemples de ses centres d'intérêt comme de sa méthode. Valérie Mrejen s'efface derrière ses sujets, privilégie les plans fixes, les cadrages frontaux, les phrases condensées, le ton descriptif. Elle recherche l'essentiel dans ce qui semble anodin. Quotidien donc. L'émotion vient de cet effet de proximité engendré par le dispositif et l'empathie ainsi créée. Car derrière souvenirs et gâteaux d'anniversaires, à travers les récits et les conversations banales, c'est une vaste réflexion sur la communication entre les êtres qui se construit. Communication entre générations, entre sexes, entre communautés, avec toutes les difficultés et les incompréhensions du monde moderne.

medium_pork_1.jpg

Il y a un an, je vous avais parlé de Pork and milk que j'avais découvert avec ravissement au festival de Caen. Mystères de la distribution, le film vient de sortir en salles et simultanément aux édition Allia en livre et DVD. Le texte raconte la genèse et le tournage du film. Il est proposé en français, allemand, hébreux et anglais. Pork and milk ce sont le porc et le lait, deux tabous essentiels de la religion juive. Le film suit le parcours de dix d'israéliens, un jeune soldat, un acteur, un couple, un cuisinier, une joueuse de rugby... qui issus du milieu religieux juif radical, ont tous un jour rompu avec lui pour devenir des laïques. Le film est le prolongement d'un court intitulé Dieu qui questionnait la foi. Comme l'explique le film, en hébreux, entrer en religion se dit « aller vers la réponse » et la quitter se dit « aller vers la question ». Nous suivons donc l'itinéraire de vie de ceux qui ont choisi d'aller vers la question, remettant en cause l'éducation traditionnelle donnée mais aussi les liens avec la communauté et la famille. Des liens qui apparaissent très forts et douloureux à rompre.

medium_porkandmilk_03.jpg

Fidèle à son style et son éthique, Valérie Mrejen explique avoir renoncé à donner des listes de questions pour ne pas orienter les récits, mais a laissé s'exprimer les différents protagonistes, les filmant sans affection, frontalement, souvent dans leur environnement. Une exception qui ouvre le film, Shlomi, le jeune soldat ayant refusé d'être filmé de face, il est dessiné à travers une épaule, une nuque, le bouton de sa veste. Ce qui est mis en avant, ce sont les voix et les récits. Des récits ou transparaît, au delà du rapport à la religion évoqué avec finesse, la difficulté d'être au monde et d'être relié aux autres. Ces gens parlent de leurs parents, de leurs frères et soeur, de leurs amis avec lesquels rompre avec la religion signifiait aussi rompre avec eux. Les histoires prennent parfois un tour saisissant comme cette interdiction de regarder un arc-en-ciel (il paraît que ça annonce le déluge) qui déclenche une prise de conscience, ou cette réflexion finale de David (je crois) qui se rend compte qu'en termes de tolérance, ses amis laïques sont finalement plus intégriste qu'il ne l'était. Petit à petit, avec force, le film montre combien la religion (toutes les religions) est composée de tabou, d'interdits, de bornes, de réactions obscurantistes et engendre in fine l'intolérance et l'aliénation. A écouter ces gens parler, on a parfois l'impression d'anciens drogués, d'anciens alcooliques. Souvent, suivant l'actualité et particulièrement lors de l'histoire des caricatures, je me demande : « Sommes nous dans un mouvement vers des religions plus dures, plus intolérantes ? Est-ce que l'on pourra faire le chemin inverse ? Où sont les nouveaux laïques ? ». Valérie Mrejen dans Pork and milk nous en présente quelques uns. Ca fait du bien.

Photographies : © Documentaire sur Grand Ecran


Pistes :

Un portrait dans l'Humanité

Un texte de Vincent Dieutre

Exposition, biblio et filmographie

Un extrait de l'Agrume sur Pleutil

Critique et extraits d'eau sauvage sur Pleutil

Critique et photographies sur Objectif Cinéma

Pour se procurer les oeuvres : la boutique

21/04/2006

Trucs en vrac

Ecrans nous informe qu'ARTE a diffusé jeudi le magnifique western de Sergio Corbucci : Le Grand silence avec Jean Louis Trintignant en pistolero vengeur muet et Klaus Kinski en tueur cynique, inquiètant comme jamais. Un film exceptionnel aux paysages enneigés et au final très sombre dont je ne dirais rien de plus pour ceux qui ne le connaissent pas. De très belles photographies ICI. ARTE s'encanaille, j'ai également vu qu'ils passaient les films de templiers morts vivants d'Armando de Ossorio qui semblent avoir plu à Pierrot.
medium_greatsilence14.jpg

Cannes, il y a deux ans, je n'avais pas supporté de me rendre aux projections entre deux rangées de CRS bottés et casqués. L'an dernier, je suis allé au festival du court métrage de Caen, c'était plus agréable. Cette fois, je me suis décidé et j'y retourne faire un tour. Je suis ravi que ce soit Wong Kar-wai qui préside, quoi qu'avec lui, on peut s'attendre à tout. Ceci dit, cela donne toujours une belle affiche. Côté sélection, le festival ménage une nouvelle fois tradition et modernité. Plutôt bien de retrouver Moretti, Loach, Almodovar. Plutôt excitant de découvrir le nouveau Sofia Copolla, malgré un sujet... heu, pas très révolutionnaire. Plutôt inquiet de la sélection française rien moins qu'enthousiasmante. Y aura-t'il des surprises ? Quien sabe. Tous les détails ICI.

medium_cannes2006_home.jpg

Godard à Beaubourg. Le Centre Pompidou présente l'exposition "Voyages en utopie, Jean-Luc Godard 1946-2006". Rétrospective intégrale avec la projection de 140 films et 75 documents autour de son oeuvre. Joli. Sortie aussi du DVD de son film avec les Stones.


La Boutique. Pour ceux qui l'on remarqué, j'ai retiré les publicités de ce site depuis quelques temps ainsi que de l'Hispaniola. Néanmoins, je trouve intéressant de pouvoir donner des liens pour trouver certaines oeuvres dont je parle. J'ai donc ouvert un blog à part avec toute la pub dessus et signé de mon sang un pacte avec Amazon. Si vous êtes intéressé, vous pouvez passer jeter un oeil. Ainsi, pour les fans de Giuliano Gemma, je signale la sortie de l'un de ses premiers western, peu connu : Wanted de Giorgio Ferroni.


Enfin, je signale qu'un mouvement s'est mis en place pour protester contre la loi DADVSI (encore et toujours) et propose la grève de l'internet pour le 1er mai. Tous les détails ICI. Le paravent suédois sera replié ce jour et moi, j'irais faire du vélo. Au fait, Imposture, OSS 117, je suis d'accord avec toi, c'est vraiment bien. J'y reviendrais.

medium_net_en_deuil.gif

19/04/2006

Angie D. en vidéo

Je suis en train de m'initier à la mise en ligne de vidéo. Voici la bande annonce du film Big Bad Mama dont je vous parle ci-dessous. Merci à Flickhead pour le lien.

Angie

Chère Angie Dickinson,

Vous avez des jambes magnifiques, comparables en beauté à celles de Cyd Charisse qui reste une référence en la matière. C'est sans doute pour cela que vous aviez souvent les jambes en l'air sur vos photographies promotionnelles, ou bien que vous portiez collants, shorts courts et courtes jupes, bref de tout ce qui peut mettre en valeur leurs lignes exquises.

medium_hawksriobravo.jpg

J'adore cette photographie où vous êtes en compagnie de Howard Hawks sur le plateau de Rio Bravo. Vous y portez ces collants noirs diaphanes qui ont fait votre gloire et que vous utilisez avec tellement de sensualité et d'humour, détonnant mélange, pour séduire et réduire à votre merci le viril shérif incarné par John Wayne. Cette photographie suscite en moi de nombreuses questions. Je me suis toujours interrogé sur ce que vous teniez dans la main. Un étui à cigarette ? En offriez vous une à votre pygmalion ou est-ce le sien ? Est-ce un présent de sa part ? Est-ce de ces petits objets que s'échangent ses personnages amoureux dans ses films et qui entretiennent cette complicité qu'il savait si bien décrire ? Est-ce un poudrier et seriez vous en train d'écouter les ultimes recommandations pour un ultime raccord maquillage ? Autre chose : si mes souvenirs sont bon, il n'y a aucune scène d'extérieur ou vous portiez cette tenue dans le film. Alors, est-ce un simple moment de détente sous le soleil californien sous l'oeil approbateur de Hawks ? Est-ce l'une de ces leçons que le maître aimait à donner à ses jeunes actrices ? Hawks est connu pour cela. Il a « créé » Lauren Bacall, révélé le potentiel de Rita Hayworth avant Welles, imaginé Carole Lombard en actrice de comédie, magnifié Rosalind Russel, Ann Shéridan, Joanne Dru, Elisabeth Threatt, formé la fascinante Ella Raines (qui le délaissera et ne tournera donc pas avec lui), Michelle Carey, Paula Prentiss et quelques autres. Vous restez l'une de ses plus belles réussites. Sans doute cela tient à ce couple insolite et excitant que vous formez avec Wayne. Vous, la toute jeune femme, jeune actrice mince presque fragile, face à la star, le cow-boy invincible et sûr de lui. Pourtant, avec cet humour qui caractérise Hawk, c'est vous qui le menez par le bout du nez avec insolence et tendresse. Impossible d'oublier cette réplique : « Hey, sheriff, you forgot your pants. ». Impossible d'oublier son air exaspéré quand vous l'agonissez de paroles pour lui proposer une aide qu'il refuse avec obstination. Impossible d'oublier votre moment d'ivresse. Impossible d'oublier votre jeté de pot de fleurs. Impossible de vous oublier, portant l'estocade finale avec vos collants noirs que, malin, Hawks a réservé pour la dernière scène. Votre couple à l'écran a l'étoffe du mythe et il est si drôle.

Mais, chère Angie, il serait dommage de vous réduire à cette prestation. Vous aimez les réalisateurs et les partenaires très masculins. Vous avez ainsi tourné pour Samuel Fuller, John Boorman, Don Siegel, Arthur Penn, Gordon Douglas, Brian de Palma ; et avec, outre Wayne, Kirk Douglas, Lee Marvin, John Cassavetes, Marlon Brando et... Ronald Reagan. Rien que des « durs » ! Reagan mis à part, ce sont tous des acteurs puissants, aux côtés desquels il est toujours difficile d'exister. Vous y arrivez sans peine, de votre grâce, votre humour et votre élégance. La finesse de votre corps, la douceur de vos traits masquent un tempérament déterminé et une force intérieure qu'utilisera Steve Carver, produit par Roger Corman, dans l'amusant Big Bad Mama où vous jouez avec conviction un chef de gang façon Ma Baker. Grand corrupteur de mythes, Brian De Palma vous offrira une mort de cinéma inoubliable dans l'ascenseur de Pulsions, un meurtre hautement graphique qui démarque celui de la douche de Psychose et où vous finissez lacérée à coup de rasoir. Un autre moment inoubliable de votre carrière.

Vous l'aurez compris, chère Angie Dickinson, vous êtes chère à mon coeur de cinéphile à travers Feathers et vos autres compositions remarquables. C'est aussi avec joie que je paye en ce jour mon tribut à l'hommage qui vous est rendu sur la Toile.

Les participants à la journée :

Retrouvez une sélection des films avec Angie Dickinson sur La Boutique

18/04/2006

Tonnerre de Brest

Il n'y a pas qu'à Nice que l'on peut avoir des soucis avec les salles Art et Essais. A Brest aussi comme le montre cette initiative de l'association La Sentinelle qui sollicite votre soutien :
medium_mac_orlan.jpg

La Sentinelle est une association qui a été créée en janvier 2006 pour la défense du cinéma art et essai, recherche et répertoire, pour la diffusion d'une cinématographie et d'un langage audiovisuel inventifs et éclectiques à Brest.

La fin de l'activité cinématographique au Mac Orlan a précipité une initiative qui avait germé dans l'esprit de certains de ses membres depuis bien plus longtemps. Dans le sillage de la mobilisation qui a suivi l'annonce de la fin des projections régulières dans la salle de la rive droite, des hommes et des femmes de tous horizons - sociaux, culturels, géographiques - et de tous âges, cinéphiles passionnés ou amateurs épisodiques, se sont retrouvés début janvier 2006 pour évoquer la suite à donner à ce mouvement populaire et polymorphe qui avait fait de la défense du Mac Orlan la cristallisation d'un certain nombre d'espoirs et d'attentes.

L'association fait appel aujourd'hui aux spectateurs pour faire savoir à la Ville de Brest qu'il existe un public de cinéma, en manque de certains films et désireux de voir une décision politique prise en faveur de la cinéphilie.

« Nous, cinéphiles déçus par l'offre cinématographique sur Brest, souhaitons une décision politique favorisant un accès régulier aux oeuvres qui ne trouvent pas leur place dans les circuits commerciaux d'exploitation. ». Cliquez ci-dessous pour signer la pétition de soutien.

 

 

Pétition La Sentinelle

13/04/2006

Trouvé dans un grenier

Dans un vieux numéro du Méridional de 1963 (le lendemain de l'assasinat de Kennedy). Jolie grammaire.

medium_les_oiseauxlight.jpg

11/04/2006

Des nouvelles de Giuliano

Deux récents commentaires confirment que la petite note que j'avais consacrée à Giuliano Gemma, l'acteur fétiche d'une amie chère, est devenue un rendez vous des amateurs du bel acteur italien. Saboya me donne une information intéressante que je reprends ici : l'existence du livre Giuliano Gemma. El factor romano, écrit par Carlos Aguilar et publié en 2003 en Espagne. Le livre existe depuis dans des éditions italiennes et allemandes. Rien, hélas en France. A noter une préface du réalisateur Tonino Valérii. Pour ceux qui sont familiers avec la langue de Dante, je vous propose un lien avec un article du journal l'Unità, un joli texte sur Giuliano. Je vous rappelle aussi le lien donné par Saboya sur un site généraliste du cinéma populaire italien qui contient deux galeries de photographies magnifiques, en noir et blanc : Buio Oméga

medium_giuliano_livre_garringo.jpg

Photographie : site Garringo

07/04/2006

Autres chroniques (modifié le 29 avril)

Pendant quelques mois, entre 2001 et 2002, j'ai eu le plaisir d'être chroniqueur sur le site internet de l'Autre Cinéma. Depuis 2005, le site est en sommeil et je me suis mis au blog, trouvant enfin une forme qui convenait à mon envie de parler de cinéma et des films que je vois avec ferveur. La pratique du blog et les nombreux échanges avec les autres bloggueurs amène à réfléchir sans cesse à ce que l'on écrit ainsi qu'à la façon dont on l'écrit. L'émulation y est intense.
 
J'ai eu la curiosité de voir à quoi ressemblaient ces quelques vingt et une chroniques et j'ai trouvé amusant de les regrouper dans un e-livre. Mon premier. Au fil des pages, on y croise Tsui Hark, Eric Rohmer, Giulio Questi, Bertrand Tavernier, Steven Spielberg... Tout le cinéma que j'aime.
 
Je l'ai mis en chargement sur Inisfree durant avril et aujourd'hui, je teste le fameux service paypal en mettant ce merveilleux ouvrage en vente au prix de 2 €. L'oeuvre est sous Créative Commons, vous pouvez la copier et l'échanger à votre guise. Pour ceux qui sont intéressés, vous pouvez utiliser le bouton ci-dessous qui vous mènera à une transaction sécurisée. Dès réception de votre paiement, je vous envoie le fichier pdf mis en page de mes habiles mains. Bonne lecture.
 
AUTRES CHRONIQUES par Vincent Jourdan
85 pages en fichier pdf.
Acheter via Paypal :

 

 

Creative Commons License
Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons.

05/04/2006

Sommeil et cinéma

Longtemps, je n'ai pas compris que l'on puisse s'endormir au cinéma. Cela me semblait le fait de personnes qui ne l'envisageaient que comme simple distraction. Je me souviens d'un ami qui s'endormait systématiquement 10 minutes après le début de la séance pour se réveiller 10 minutes avant la fin. Sur le chemin du retour, il me disait souvent qu'il avait trouvé le film «génial». Je pensais avec compassion qu'il devait souffrir d'une maladie de langueur. Même quand je voulais dormir dans une salle, je n'y arrivais pas. Pour le Parsifal de Hans Jürgen Syberberg qui m'avait profondément ennuyé (et qui est très long), rien à faire. Pareil pour mon premier festival de Cannes. J'avais dû voir six films de suite et j'ai cherché une séance qui me permettrait de me reposer un peu. Je suis allé voir Une Caste Criminelle de Yolande Zauberman, rien à faire non plus, l'attrait du film restait le plus fort.

 

Finalement, je ne sais pas si c'est l'effet de l'âge ou du travail (dangereux, ça), mais cela a finit par m'arriver. Je me suis sentit partir sur un film de Wim Wenders. Je ne me souviens plus duquel. Panique. Efforts désespérés. Rien à faire, cette fois, je me suis bel et bien endormi. Et cela a continué. Je me suis endormi à plusieurs Wenders de suite (il y avait un cycle), et puis à d'autres films. Petit à petit, je me suis rendu compte que cela n'avait rien à voir avec la qualité du film, même si je ne me suis jamais endormi à un film de John Ford, même Dieu est Mort. J'ai appris aussi qu'il vaut mieux ne pas lutter. Au début, on culpabilise, alors on lutte. On garde désespérément un oeil ouvert, pensant reposer l'autre. Bientôt, les deux yeux brûlent, la tête bascule brusquement. On sursaute. On chope des maux de tête et finalement, on perd tout le film.

 

Aujourd'hui, je sais que le mieux, c'est de se laisser aller. Généralement, on ne s'assoupit qu'un petit quart d'heure et on se réveille avec une attention régénérée et le film n'en pâtit pas trop. Mieux, j'ai eu des expériences intéressantes à voir un film dans un état de forte fatigue. In The Mood For Love, par exemple, a été présenté à Cannes le dernier jour et je l'ai vu à la séance du matin, épuisé par dix jours intenses. Le film m'a éblouit. A ce stade, on le perçoit de façon purement instinctive, en abandonnant tout réflexe intellectuel et la beauté de l'oeuvre vous submerge. C'est agréable.

 

Tout cela pour arriver à Hou Hsiao Hsien. Je me suis endormi à tous ses films. La Cité des Douleurs, que j'avais trouvé passionnant mais j'avais à l'époque du mal à m'y retrouver avec les acteurs. Les Fleurs de Shanghai, le plus beau, qui m'a donné une émotion esthétique comparable à celle du film de Wong Kar-wai. Millénium Mambo qui n'a beaucoup déçu, étant complètement réfractaire aux musiques électroniques modernes. Et puis, il y a eu le dernier, Three Times, et là, j'ai très bien tenu le coup. Je craignais de piquer du nez et puis non. Le film m'a séduit, normalement, lui qui résume d'une certaine façon avec ses trois histoires, les trois films que je connaissais déjà. La troisième partie, proche de Millénium Mambo, m'a même semblé agréable quoique je la trouve la plus faible des trois. Voilà, j'étais tellement content d'avoir rompu la « malédiction du sommeil » que cela m'a inspiré ce petit texte que je dédie à cet homme qui s'était endormi à une séance de Lawrence d'Arabie et que nous avons dû réveiller à la sortie. Sinon, il y serait encore.

03/04/2006

Claudia

Un site anglais magnifique avec de très belles photographies.
medium_claudia.jpg

02/04/2006

Festivals de printemps

A tout seigneur, tout honneur. Commençons par le désormais incontournable festival du Court Métrage de Nice, Un Festival C'est Trop Court, 6éme édition, organisé par nos amis de l'association Héliotrope et auquel nous avons l'honneur de participer. Les dates : du 11 au 16 avril. Les lieux : aux côtés des habituels cinéma Rialto et Théâtre de la Photographie et de l'image, le festival sera également présent à Acropolis et au théâtre Lino Ventura. Au programme, le plus important, l'Allemagne sera à l'honneur avec un large panorama comprenant un hommage à Mathias Müller, cinéaste expérimental extraordinaire, des cartes blanches au Goethe Institut, à Jan Peters, au festival de Hambourg et au magazine du court métrage d'ARTE, Court Circuits proposé par Luc Lagier. Point d'orgue, un ciné-concert hommage au cinéma d'avant garde allemand. Mais encore une compétition européenne de quatre programmes. Mais aussi deux mix-vidéo, le programme Expérience6.0 proposé par le magazine Repérages, un programme musical Scopitone consacré aux clips. Mais enfin, des séances pour les scolaires et deux programmes régionaux auxquels nous avons participé. Et puis, nous en reparlerons, une rencontre professionnelle autour de « Produire en région, co-produire en Europe » qui permettra de faire un État des lieux de la production régionale tout en proposant des pistes pour l'avenir. Ce panorama ne serait complet sans mentionner les afters et les nombreuses fêtes qui jalonneront cette semaine d'exception. Pour en savoir plus : le site du festival sans oublier le blog animé par Yohan.
medium_affiche2006light.jpg


Il tombe malheureusement au même moment, mais on aurait tort de négliger le Festival International du Film d'Aubagne, organisé par l'association Alcimé. Du 10 au 15 avril, ceux qui sont plutôt du côté ouest de la >Région pourront suivre cette édition riche d'une compétition officielle de 66 courts métrages et 9 longs métrages. Des programmes d'écoles, des programmes expérimentaux, deux concours de scénario dont le fameux dispositif du SIRAR, un ciné concert sur Entr'acte de René Clair (puisque l'on célèbre Dada !) et Be My Wife de Max Linder et, pour mettre un peu de piment, une nuit du court métrage érotique. Beaucoup d'animation autour de cet événement, des rencontres, des tables rondes, bref l'ambiance parfaite d'un festival digne de ce nom. Pour en savoir plus : le site du festival.

medium_aubagne2006light.jpg


Beaucoup plus loin, mais partageant le même esprit, le festival de Caen, 5 Jours Tout Courts fêtera ses dix ans du 14 au 22 avril (Ca va être difficile de passer de l'un à l'autre). 26 courts métrages en compétition avec une sélection film et une sélection numérique. Tout le programme n'est pas encore tout à fait prêt au moment où j'écris ces lignes mais l'organisation, l'Atelier du Film Court, promet une belle fête d'anniversaire. Pour y avoir été invité l'an dernier, je vous assure que ces normands ont bon esprit et bon goût. Pour vous mettre l'eau à la bouche et vous inciter à prendre vos billets pour Caen, je vous propose de découvrir la programmation expérimentale proposée par Philippe Côte qui nous avait réjouis les yeux et les oreilles l'an dernier dans un lieu magique : l'église du Vieux Saint-Sauveur. Surprise, il a sélectionné le film de nos amies Aurélia Barbet et Agathe Dreyfus : Holiday. Quand j'écrivais que c'étaient des gens de goût. En parallèle, un hommage est rendu à Chris Marker avec 40 films présentés. Pour en savoir plus et découvrir le programme complet : le site.

medium_5jtc_projetaffiche_220206.gif