13/11/2005
Un an
C'est le 13 novembre 2004 que j'ai ouvert ce blog. J'ai relu ma première note, note d'intention assez proche de celle de Pierrot me semble-t'il. Écrire sur ce que j'aime le plus, prolonger le plaisir donné par les films, partager une idée toute personnelle du cinéma, quelque chose que je fais depuis quelques années sur une petite radio locale dans le même esprit. Je m'interrogeais aussi sur ma capacité à tenir la distance. Un an après, je constate que ce blog (et ses petits frères) m'occupent beaucoup et que le plaisir qu'ils me donnent est toujours croissant. J'ai trouvé une forme d'expression qui me convient. Et j'ai le sentiment qu'elle est en plein développement. Ainsi une de mes premières notes ou j'essayais d'exprimer tout le bien que je pensais de L'Equipier de Philippe Lioret. Coïncidence, le film passe à la Cinémathèque de Nice la semaine prochaine. Je suis curieux de voir s'il tiendra la distance lui aussi et si je suis capable d'en parler autrement, mieux si possible.
Pour commencer, je voudrais remercier mes lectrices et lecteurs, mes commentateurs, mes commentatrices et une en particulier qui se reconnaîtra. Je salue aussi ceux avec lesquels Insifree est lié, ceux que je visite régulièrement et avec lesquels ces notions de lien, de réseau et d'échange prennent tout leur sens.
Je voudrais aussi vous faire part de quelques réflexions qui me sont venues ces derniers temps, réflexions nourries par ma pratique et deux notes sur la notion de critique chez Sandrine et Hyppogriffe. J'aime beaucoup cette idée de parler avec les images du film. Je crois qu'il y a quelque chose d'une forme cinématographique dans le blog : on joue sur la durée, sur le temps, sur les images et leurs correspondances. On peut se permettre le suspense. On peut désormais facilement ajouter du son, de l'image. On peut parler des films d'une autre façon, avec des pièces à conviction : tel plan, tel cadre, telle séquence, tel regard, telle réplique. On peut s'affranchir de ce que n'aime pas Hyppogriffe, de ce que l'on a trop lu dans la presse professionnelle. On peut se tromper, on s'en fout, il y aura bien quelqu'un pour nous remonter les bretelles. On s'embrasse quand même et puis on a raison.
Parfois, je ne sais pas quoi écrire sur un film qui me plait. Certains se livrent facilement à l'analyse, d'autres ne laissent pas enfermer leur beauté dans des théories plus ou moins fumeuses. C'est le sens de la série de photogrammes tirés de La Prisonnière Du Désert de John Ford publiée l'autre jour. Je revoyais le film pour préparer un atelier et j'ai eu l'envie de montrer cette scène. Je pourrais écrire sur les cadres, le jeu des acteurs, la puissance du mouvement, Ford et la famille. Je serais toujours impuissant à traduire la beauté de ce passage et dire l'émotion qui me prend (domme elle prenait Godard, si, si) à chaque fois que je la vois.
On retombre trop souvent dans le besoin de vouloir démontrer. Comme si un film était un théorème. Comme s'il fallait convaincre à tout prix. Celui-ci est bon, celui-ci mauvais. On arrive à des articles interminables qui confondent l'oeuvre et l'artiste, comme si l'on avait pas lu Le Combat Ordinaire de Manu Larcenet. Comme si les mots pouvaient toujours circonscrire l'expression d'un visage, un échange de regards. Il y a en ce moment une discussion très intéressante autour de Guédiguian chez Hyppogriffe. J'ai pris sa défense en parlant de sa mise en scène mais j'ai vite senti que si son détracteur n'aimait pas le cinéma de Guédiguian, n'aimait pas les mines de Daroussin, les colères de Ascarides, la démarche de Meylan, les murs de l'Estaque, je pourrais toujours parler du sens de l'espace jusqu'à la saint glinglin, nous n'avancerions pas d'un pouce. Donc écrire avec le film, donner des correspondances, rapprocher des oeuvres comme le font Sandrine ou Ludovic. Rester partial comme Pierrot. Rester amoureux(se) comme Sugar. Vaste programme pour l'année à venir.
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03/11/2005
Dix films érotiques
Répondant à l'invitation de Pierrot, j'ai planché sur les dix films les plus érotiques selon mon goût. Pas si facile. Pour commencer, il faudrait savoir ce que l'on entend par « érotique ». J'ai un peu cherché à théoriser, mais ça se révèle un peu trop complexe.

Et puis ces listes, c'est toujours arbitraire, incomplet et totalement subjectif. Je m'en remets donc à mon instinct et vous propose :
L'Homme Tranquille de John Ford
In The Mood For Love de Wong Kar-wai
Huit et Demi de Federico Fellini
King Kong de Merian C. Cooper et Ernest B. Schoedsack
Belle de Jour de Luis Bunuel
Certains l'Aiment Chaud de Billy Wilder
La Sirène du Mississipi de François Truffaut
Crash de David Cronenberg
Attache moi ! De Pedro Almodovar
Walk on the Wild Side d'Edward Dmytryk
A peine écrite, déjà des regrets sur certains titres. Rio Bravo et la guêpière d'Angie Dickinson et Jeanne Balibar dans Dieu Seul me Voit et, et... assez. A vous de me donner vos préférences.
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28/09/2005
Projet de loi "Droit d’auteur" : le gouvernement ampute le débat dans l’urgence
Une information parue sur le site Framasoft (licence Verbatim) que je vous livre telle quelle. Ceux qui me lisent régulièrement connaissent mon intérêt pour ces histoires de droit d'auteur. A cette lecture, vous comprendrez pourquoi mon sang n'a fait qu'un tour !
La société de l’information ne permettra une meilleure diffusion du savoir et de la culture que si un équilibre est respecté entre les droits légitimes des auteurs et des producteurs et ceux, non moins légitimes, des citoyens et des usagers.
Communiqué de presse EUCD.INFO
Paris, le 27 septembre 2005. Le site de l’Assemblée Nationale confirme que le gouvernement a déclaré l’urgence sur le projet de loi sur le droit d’auteur et les droits voisins dans la société de l’information (DADVSI). [1] L’initiative EUCD.INFO dénonce une tentative de passage en force d’un texte inacceptable et appelle le public à se mobiliser d’urgence.
En effet, si il est adopté en l’état, le projet de loi DADVSI :
- transformera des millions de consommateurs honnêtes en délinquants (trois ans de prison et 300 000 euros d’amende prévus en cas de copie privée vers un support non autorisé par les titulaires de droits, par exemple un baladeur MP3) ;
- divisera la société de l’information entre les ayant-accès à la culture numérisée et les autres puisque introduisant un nouveau droit dans le Code de la Propriété Intellectuelle : celui d’autoriser ou d’interdire l’accès à une oeuvre via la technique ;
- menace la mission des bibliothèques et l’avenir du domaine public en ne prévoyant aucune disposition visant à libérer l’oeuvre du contrôle technique une fois les droits patrimoniaux épuisés ;
- favorise les ententes illicites, les abus de position dominante et la vente liée en permettant aux producteurs de disques et de films d’imposer au public les outils permettant d’accéder aux oeuvres qu’ils produisent ( comme si un éditeur de livres pouvait imposer une marque de lunettes pour lire les livres qu’il fait imprimer) ;
- va à l’encontre de certaines dispositions de la loi Informatique et Libertés car interdisant de facto aux citoyens d’exercer leur droit au contrôle des données personnelles ;
- propose de censurer, au nom du droit d’auteur, les auteurs de logiciels libres et ce bien que leur travail soit reconnu par l’UNESCO comme Trésor du monde, et par la Commission de l’Économie Générale, des Finance et du Plan, comme la seule alternative susceptible de permettre à la France et à l’Europe de retrouver son indépendance technologique. [2]
Les associations de consommateurs, de familles, d’internautes, d’auteurs et d’utilisateurs de logiciels libres, des société de gestion collective représentant plus de vingt cinq mille artistes, des syndicats de musiciens, des représentants d’enseignants et de bibliothécaires dénoncent d’ailleurs régulièrement un texte extrémiste, discriminatoire et répressif qui ne sert que les interêts d’une poignée de multinationales aux dépends de l’interêt général. [3]
L’initiative EUCD.INFO rappelle de plus que le projet de loi DADVSI transpose une directive européenne (l’EUCD) dont les effets sont tels que la Commission Européenne en arrive à ne pas respecter ses obligations pour mieux les masquer. Conformément à l’article 12 de la directive EUCD, la Commission aurait en effet dû publier "au plus tard le 22 décembre 2004" un rapport sur les effets de la directive dans les pays l’ayant déjà transposé. Mais elle ne l’a pas fait tant il est désormais évident, y compris pour certains responsables européens, que la directive entraîne une hausse artificielle du prix des oeuvres, et menace la libre concurrence sur le marché du logiciel. [4]
L’argument utilisé par le gouvernement pour justifier l’urgence (retard dans la transposition de la directive) est donc fallacieux. On voit mal comment la Commission pourrait poursuivre la France pour non-respect de ses obligations dans la mesure où elle même faite fi des siennes pour mieux masquer les effets d’un texte arraché aux parlementaire européens en 2001, [5] et qui, par ailleurs, pourrait être retoqué par la Cour de Justice des Communautés Européennes tant il va à l’encontre de ses objectifs d’harmonisation. [6]
Le passage en urgence n’a dès lors qu’une seule justification possible : à l’approche des élections et au milieu du tumulte social annoncé, faire passer un texte inacceptable le plus vite possible en espérant que les électeurs auront la mémoire courte. Inutile de dire que les membres d’EUCD.INFO sauront eux rappeller le moment venu les faits et gestes de chacun, et notamment des élus de la majorité qui resteraient silencieux.
Tout élu normalement constitué devrait s’élever contre cette tentative de passage en urgence. Le projet de loi DADVSI a en fait pour objectif de permettre à la France de ratifier deux traités internationaux négociés il y a dix ans à l’Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle, organisation dont le fonctionnement peu démocratique et les productions sont de plus en plus contestées. Prétexter comme va sans doute le faire le gouvernement que le projet de loi DADVSI est un projet de loi technique et mineur n’a donc aucun sens.
Dans un premier temps, l’intiative EUCD.INFO demande donc aux citoyens de téléphoner ou d’écrire immédiatement au ministre de la Culture pour lui demander de retirer promptement sa demande d’urgence (cabinet du ministre : 01 40 15 80 00). Elle invite également les citoyens à téléphoner ou écrire à leurs députés pour leur demander de dénoncer publiquement la grossière manoeuvre du gouvernement. [7]
[1] Dossier législatif sur le DADVSI (http://www.assemblee-nationale.fr/1...)
[2] Lettre ouverte au député Christian Vanneste (http://eucd.info/lettre-vanneste.pdf)
[3] Organisations contestant le contenu du projet de loi : ABF, ADAMI, AFUL, APRIL, CLCV, FNS, FSF-France, Ligue de l’Enseignement, ODEBI, SAIF, SAMUP, SNAP CGT, SNM FO, SPEDIDAM, UFC, UNAF
[4] Analyse des propos du chef d’unité "Droit d’auteur et économie de la Connaissance" de la Commission Européenne (http://eucd.info/com-2005-07-19.fr....)
[5] Rappel sur l’origine de la directive EUCD (http://eucd.info/com-2005-07-19.fr....)
[6] Why the copyright directive is unimportant and possibly invalid (http://www.ivir.nl/publications/hug...)
[7] Téléphones et adresses des députés (http://www.assemblee-nationale.fr/1...)
08:15 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : droits |
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05/09/2005
Un air de déjà-vu


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06/08/2005
Vacances deuxième partie

09:00 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : Blog |
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04/08/2005
En route vers la gloire
Ce matin, comme souvent, je passe jeter un oeil sur mes statistiques. Et ce matin, surprise, je me retrouve avec un pic impressionnant de 700 connexions pour la journée d'hier (impressionnant pour moi, je précise). Je découvre que ces connexions viennent de Ratatium, excellent site plutôt connu autour du p2p, des échanges de fichiers et de la musique libre. Comme le saumon, je remonte vers la source et je tombe sur CECI.
Ceci qui me rend rouge de confusion et de plaisir (quand même !). Alors, un grand merci à mes lecteurs inconnus de Ratatium et, promis, je vais essayer de trouver une photo un peu mieux.
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22/07/2005
Vacances

05:50 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Blog |
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02/07/2005
En sifflant l'Internationale
Bine sûr, le plus difficile à accepter, c’est qu’une telle chanson ne soit pas dans le domaine public. Illustration par l’absurde des dérives du droit d'auteur devenu aujourd'hui prétexte d'enjeux commerciaux énormes et qui n'ont plus rien à voir avec l'art, les auteurs et leurs droits légitimes.
Je voulais vous parler d'une revue originale : les Acharnistes, qui publie également sur la toile. Ce faisant, je suis tombé sur ce texte tout à la fois drôle et dramatique écrit par Pierre Merejkowsky, posant la question de fond sur le travail d'un cinéaste aujourd'hui. Une question lancinante : comment raconter le monde quand l'espace public est à ce point envahi par les droits de toutes sortes ? Je vous en offre, avec, je l'espère, sa permission, un extrait :
Je ne veux pas être manipulé. Je ne veux pas non plus m’exposer à un Procès.
Je ne suis pas suicidaire. Je refuse de sortir le premier de la tranchée. Et de me faire tirer dessus comme un petit lapin. Les petits lapins n’ont aucune défense face aux chasseurs. Je ne suis pas un petit lapin. Je suis un artiste itinérant employé par une association itinérante.
Je n’ai aucune raison de prendre inutilement des risques.
Par conséquent, et cette décision sera en ce qui me concerne irrévocable et définitive, je ne filmerai aucun visage, aucune tête, aucune main, aucun nez, aucune jambe, aucun sexe.
10:40 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : droits |
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30/06/2005
Et 1000
Je tiens à remercier tous ceux qui passent régulièrement ici, espérant qu'ils et elles y passent un petit moment agréable. Une pensée particulière pour Marie, Marie T, SugarK, Ludovic et Jean Pierre que je sais passer régulièrement.
Du coup, je me suis décidé à ouvrir un autre blog pour poursuivre ces échanges. Ce sera plus généraliste, il y a plein de choses qui m'intéressent, mais je ne veux pas mélanger avec ma passion première, le cinéma. Je vous donne donc rendez vous, pour le reste, sur l'Hispaniola.
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01/06/2005
Conversation
C'est marrant ces critiques de films sous forme de conversation
Ah oui
Oui
Ah
Ca se répand sur les blogs, maintenant
Vraiment ?
Oui, c'est vivant, une autre façon de parler des films
Tu veux dire, comme ces articles dans Libé ?
Skorecki, oui
Celui qui a écrit : « Rappeler que Ford est celui par qui le scandale arrive, celui qui boucle la grande période classique, là où ça ne cesse de parler en silence, de parler muet. Même dans ses films parlants, d'ailleurs, on peut dire que c'est muet. L'Homme tranquille aurait pu s'appeler l'Homme silencieux, non ? »
C'est cela même mon jaune ami. Ca influence sans doute les amateurs.
C'est beau comme de l'antique.
Skorecki, il dit des bêtises aussi.
Certainement.
Oui, mais il parle souvent de Ford, alors, il ne peut pas être totalement mauvais.
Sûr.
Quelqu'un a regroupé des tas de ses chroniques sur roses et poireaux
Bien, mais c'est pas un peu pompé sur les deux types de Wolinski ?
Oui
14:50 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Critique |
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31/05/2005
Quelque chose de drôle
Allez y faire un tour si vous avez une quinzaine de minutes à vous. Si vous ne les avez pas, empruntez-les. C'est très amusant tout en étant une jolie oeuvre de propagande. Mais c'est pour la bonne cause. Et puis, le fichier (je ne vous dis toujours pas de quoi il s'agit, hein, je fais durer le suspense...) est sous Créative Commons. Ce qui veut dire que ça se partage, que ça se copie et que ça s'échange en toute liberté.
Merci, monsieur Swamp (bande son : le dernier Tiersen)
22:30 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : Star Wars, blog |
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13/04/2005
La théorie du bon navet
Attention à l’importance des expressions !
Série B se réfère à un phénomène économique, celui des films de « première partie », plus courts, au budget réduit. Une série B peut être un grand film. Et dans l’absolu, on ne fait plus de série B depuis plus de 30 ans sauf John Carpenter.
Série Z ne correspond à rien, si ce n’est une façon de dire que le budget comme les intentions sont particulièrement misérables. Mais si l’on recrute de bons navets dans les séries Z, on y trouve surtout des films insignifiants, ennuyeux et simplement mal fichus.
Alors, attention, un bon navet, tout d’abord, c’est rare. Pour approcher d’une définition, je dirais que le bon navet est d’abord réjouissant et généralement pas dans le sens que le réalisateur et son équipe ont voulu lui donner. Un bon navet est souvent drôle, mais involontairement. Un bon navet ne pratique pas le second degré, puisque c’est dans le décalage entre les intentions et le résultat que le spectateur va trouver son plaisir. Un bon navet doit se prendre, un peu, au sérieux et c’est pour cela que les comédies ne donnent qu’exceptionnellement de bons navets. Une comédie est faite pour faire rire. Si elle échoue, c’est qu’elle n’est pas drôle, donc elle devient nulle et ne suscite que l’affligement.
Le bon navet relève très souvent du cinéma de genre ou cinéma d’exploitation, peplum, fantastique, western, polar… mais pas toujours. Un film ambitieux qui se plante peut donner un joli navet. Ce n’est pas non plus un problème de budget, il existe de superbes navets qui ont coûté la peau des fesses.
Bon, alors, ce navet trois étoiles ? Et bien, c’est un film dont l’un, plusieurs ou totalité des éléments constitutifs est complètement à côté de la plaque. C’est un acteur particulièrement mauvais jusqu’au risible (Brigitte Nielsen dans Red Sonja), un scénario plein de trous et de clichés (Le Pacte des Loups, pas un film fauché, hein ?), des dialogues qui laissent sans voix (Les Guerriers du Bronx, au hasard), un doublage surréaliste (Le zozotement du héros de Doc Savage Arrive !), des effets spéciaux touchants de naïveté (le Sixième Continent et ses suites), ou un peut tout ça à la fois (Godzilla contre Megalon qui est une perle).
J’insiste sur le fait qu’il est difficile de faire un bon navet, car il faut tenir la distance et ne pas perdre le spectateur susceptible de sortir en se disant qu’il perd son temps et sa vie devant une daube. Non, il faut de la constance dans le ridicule, du renouvellement dans les situations improbables et, quelque part, une certaine foi dans le cinéma. Et c’est pour cela qu’on peut aimer le bon navet. D’autant que la part de naïveté inhérente au genre peut donner d’étranges moments de poésie pure comme chez Ed Wood.
Assez de philosophie, des actes ! Quelques photos (sous copyright) pour illustrer mon propos et un lien indispensable (merci à Yohan) : www.nanarland.com
Ce site est non seulement indispensable si vous voulez tout savoir sur Max Thayer et la version turque de Star Wars, mais il est hilarant, plein d’extraits vidéo et audio, de photographies et de chroniques et même de philosophie. Un « must » comme on dit outre manche.
En anglais, donc, un autre site tout aussi fourni avec de nombreuses vidéos : www.badmovies.org
Allez-y, vous n’en reviendrez pas
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10/04/2005
Rendez-nous leurs bobines ! Un festival de cinéma pour Florence et Hussein

Après Raymond Depardon qui proposait La Captive du désert, Tony Gatlif qui a présenter un western de Robert Aldrich : El Perdido. Une rareté qui ressortira le 20 avril en copie neuve dans les cinémas Action, une reprise proposée ici en avant-première.
Un festival pas comme les autres (celui-ci aspire à durer le moins longtemps possible…)
Rendez-nous leurs bobines ! n'aspire pas à faire réfléchir sur le sort des otages, mais fonctionne sur un principe simple : celui d’un point de ralliement. Chaque dimanche, un réalisateur vient offrir un film, en avant-première ou en reprise, drame ou comédie, peu importe... Le tout étant d’être là pour se retrouver, gamberger, et continuer d’en discuter au bord du canal de l’Ourcq. En les attendant...
PROCHAINS RENDEZ-VOUS :
Dimanche 10 avril à 11h : Kes de Ken Loach présenté par Jacques Audiard
Dimanche 17 avril à 11h : avant-premiere du nouveau film de Michel Deville, Le fil a la patte avec Emmanuelle Béart
Pour le comité de soutien,
Philippe Piazzo (06 64 15 79 78) pour la programmation et la présentation des séances
FAITES PASSER LE MESSAGE
18:30 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : information |
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20/01/2005
Affiche
Je trouve que cela relève d’un certain culot. Pourquoi ? Parce que, pour se limiter au cinéma, je ne me souviens pas avoir vu des affiches similaires pour dénoncer les atteintes au statut des intermittents du spectacle, autrement plus graves en ce qui concerne la création. Parce que je ne me souviens pas avoir vu d’affiches dénoncer le désengagement de Canal+ dans le financement du cinéma. Parce que je ne me souviens de rien pour alerter le public du danger des multiplexes, ces hypermarchés du film. Parce que rien sur la défense de l’exception culturelle.
C’est culotté et hypocrite, insultant pour les spectateurs et assez malvenu. Pourquoi ? Parce que, en ce début d’année, on nous annonce une année cinéma exceptionnelle. La meilleure depuis 1987 ! Parce que les ventes de DVD explosent et, comme le fait remarquer Antoine de Baecque sur son « chat » de Libération, les DVD donnent envie aux spectateurs de retrouver le chemin des salles. Etonnant non ? Parce qu’il ne faut pas oublier, même si les films qui fonctionnent le mieux sont des films commerciaux, que le système d’aide français fait qu’automatiquement, les entrées en salle induiront une augmentation des aides aux films français, quelqu’ils soient.
Alors, ça veut dire quoi cette façon de culpabiliser les spectateurs ? Qu’est-ce que c’est que cette façon d’accueillir le public ?
Bien sûr, d’accord pour les pirates qui filment en salle (quoi qu’on les voit rarement filmer le dernier Kiarostami !) OK pour ceux qui revendent des copies, ce n’est pas élégant… Mais pour le reste, il est largement temps de redéfinir la notion de copie privée et cesser de vouloir gratter le beurre, l’argent du beurre et le sourire du cinéphile. Les majors du cinéma se foutent de nous quand ils revendent à prix d’or leurs catalogues amortis depuis 40 ans. Surtout quand il n’y a aucun travail éditorial autour (et je salue ici les éditions de Wild Side, HK vidéo, MK2, là au moins, il y a une véritable valeur ajoutée).
Que les salles se prêtent à cette pitrerie est désolant quand on sait que leur malheur est venu de la télévision et de sa démission en matière de propagation de la culture cinématographique. Une petite affiche sur le sujet, peut être ?
Personnellement, je ne charge pas de films. Ce qui m’intéresse dans le DVD, ce sont les possibilités de la VO et du sous titrage. Et puis, surtout, je n’ai pas de télévision, je me souviens de la phrase de Godard (qui d’autre !) qui dit à peu près que quand on a vu un film à la télévision, c’est comme si on disait avoir vu un tableau alors que l’on n’en a vu qu’une mauvaise photocopie. Et oui, le DVD, comme le CD, ce ne sont que des copies de copies des œuvres originales. Ben merde lors !
Au lieu de hurler au pirate, il serait plus normal de rappeler que l’endroit pour découvrir, voir et revoir un film, c’est la salle. Qu’il n’y a pas assez de salles et pas assez de programmations. Que ce n’est pas en inondant de milliers de copies les écrans avec le dernier « blockbuster » que l’on va défendre le cinéma. Et que celui-ci, si on le pirate, ce n’est vraiment pas bien grave.
« A la télévision, on baisse la tête pour voir le film, au cinéma, on la lève ».
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03/01/2005
Voeux
Difficile pourtant de démarrer le cœur léger après la catastrophe qui a touchée le sud-est asiatique. Vous trouverez, ci-dessous, une liste non limitative d’organismes qui centralisent dons et secours.
Secours populaire français
BP 3303, 75123 Paris Cedex 3
www.secours-populaire.asso.fr
Unicef
Urgence séisme Asie du Sud, BP 600, 75006 Paris
www.unicef.asso.fr
Croix-Rouge française
Séisme Asie, BP 100, 75008 Paris.
www.croix-rouge.fr
Fédération internationale
www.donate.ifrc.org
Secours islamique français
CCP 29 19 D Paris.
Secours catholique
Séisme Asie du Sud BP 455, 75007 Paris.
www.secours-catholique.asso.fr
Fondation de France
Solidarité Asie du Sud, BP 22, 75008 Paris.
www.fdf.org
Action contre la faim
Libre réponse 64 731, 75681 Paris
www.actioncontrelafaim.org
Médecins sans frontières
Urgence Asie, BP 2004, 75011 Paris.
www.msf.fr
Médecins du Monde
Urgence raz de marée Asie, BP 100, 75018 Paris.
www.médecinsdumonde.org
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