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26/02/2006

Revues, nostalgie, etc.

Ce qui m'épate toujours chez Flickhead, c'est l'intérêt et le curiosité érudite de ces américains pour le cinéma français. C'est ainsi qu'ils ont repéré un site extraordinaire qui compile les couvertures des plus fameuse revues de la patrie de la théorie des auteurs. Remontant la piste, je suis tombé sur le blog Agence Eureka que vous devez visiter puis ces pages personnelles qui compilent des romans photos tirés de films dont les légendaires séries Western aventures, UFO ou Star Ciné Colt. Cela vaut le détour. En prime j'ai découvert ce dessin publicitaire de Siné pour Positif que je ne résiste pas à l'envie de vous faire partager. Noter, pour les accros aux caricatures, le crucifix dans la poubelle. Blasphème !

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21/02/2006

Un brûlot anti-Sarkozy en prime-time sur TF1

Il m'arrive de manger chez des gens qui ont la mauvaise manie de regarder la télévision à table. Comme la cuisine est bonne et que je suis diplomate, je me mets dos à l'écran et je me concentre sur mon assiette. C'est ainsi que j'ai baigné dans les quinze premières minutes de Minority Report, le film de Steven Spielberg qui avait séduit en son temps quelques habituels détracteurs. Je n'aime pas la télévision, je n'en ai plus depuis au moins quinze ans et, de toutes les chaînes, je déteste particulièrement TF1. « Je n'aime pas que l'on abîme les gens » disait Jacques Brel, je crois. Là, j'ai trouvé la situation plutôt amusante, malgré l'horrible version française. Soit les programmateurs de TF1 sont très bêtes, soit Spielberg est très fort, soit je suis aveuglé par l'amour.
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Une scène : Anderton (Tom Cruise), en fuite, traqué, entre dans un grand magasin de fringues. Repéré par un détecteur biométrique, il entend des voix venues de nulle part l'interpeller par son nom et lui proposer de nouveaux achats. Minority Report, c'est le rêve du publicitaire et du policier sous la forme d'un cauchemar pour l'individu. Un monde imaginé par l'écrivain Philip K. Dick, grand maître de la paranoïa et des univers parallèles. Un monde où tous les êtres sont fichés, tracés, suivis jusqu'au plus profond de leurs pensées, puisque l'on a inventé un moyen pour détecter les criminels avant qu'ils ne commettent leur crime. Un système au service d'une ambition de pouvoir. Un fantasme de ministre de l'intérieur obsédé par la tolérance zéro et pour lequel la sécurité, érigée en absolu, justifie tous les renoncements aux libertés individuelles. Difficile pour moi de ne pas rapprocher cette « prison » où sont enfermés les criminels en puissance réduits à l'état de légumes dans des containers et la récente affaire de ces prisonniers bien réels qui ont demandé le rétablissement de la peine de mort plutôt que la mort lente dans leurs quartiers de haute sécurité. Difficile à ne pas penser à ce geste de parents d'élèves détruisant des bornes biométriques à l'entrée de la cantine de l'école de leurs enfants en voyant les possibilités de ces charmantes technologies décrites dans le film et, plus terrible encore, la terrible indifférence de ceux qui se sont habitués et vaquent comme les zombies de Romero entre autoroutes et centre commerciaux. Pour secouer cette accoutumance, il faudra à Anderton s'arracher les yeux pour y voir clair de nouveau et faire, comme souvent chez Spielberg, un choix entre pulsion de mort (la vengeance envers l'homme qu'il soupçonne d'avoir tué son fils) et pulsion de vie (Accepter la loi, faire le deuil, vivre quand même). Qu'un tel film soit diffusé ainsi sur une chaîne de télévision qui se vante de son travail de lavage de cerveaux disponibles m'apparaît d'une douce ironie. Mais qui le voit ?

 

Photographie © UFD

10/02/2006

Traces

Que recherche-t'on à revenir sur les lieux de tournage de tel ou tel film ? "Location" comme disent les anglo-saxon, un endroit que l'on loue pour quelques jours, quelques heures, pour l'inscrire, peut être, dans l'éternité. A voir cet endroit qui n'a plus de cadre, évoque-t'on le souvenir d'une action qui n'a jamais eu lieu ou bien le souvenir de la réunion des artistes et de l'équipe technique ? Sur ces fortes considérations philosophiques pour fin de semaine, je vous invite à découvrir Vertigo then and now, voyage entre le San Francisco du film de Hitchcock en 1958 et celui de 2003. Sur les traces de Scottie...

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08/02/2006

Lettre d'un admirateur

Chère Valérie Leon, de vous je ne connaissais que le nom, évocateur d'Espagne, et quelques photographies en noir et blanc dans le numéro 23 de la revue Vampirella. Photographies de ce film Blood From The Mummy's Tomb alors présenté au festival de Stiges en 1976. Images au parfum délicieusement kitch qui m'ont alors fait rêver. Vous y portiez avec prestance le diadème de la reine Tera.

 

Vingt cinq ans plus tard, je découvre presque par hasard ce film resté inédit en nos contrées et je vous découvre, vous dans votre splendeur et ce double rôle de Margareth, jeune anglaise et vaillante fille du professeur Fuchs, et de cette reine égyptienne à la main sectionnée. Cherchant à décrire votre beauté, les mots me manquant, je me suis souvenu que je tenais un bog et qu'une image choisie de vous parlerait plus à mes lecteurs que toutes mes pauvres expression. Dont acte.

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Ceux qui vous trouveront de beaux yeux sont de sacrés hypocrites mais ne sont pas des menteurs car vous avez aussi de très jolis yeux. Votre plastique superbe, souple et pleine, féline, est admirablement mise en valeur par votre metteur en scène du moment, le très peu connu Seth Holt qui n'a de plans que pour vous et vous dévore de l'objectif, partageant sans doute l'idée émise par François Truffaut que le cinéma a été inventé pour filmer les femmes. Qu'il en soit ici remercié.

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Étrange film que ce Blood From The Mummy's Tomb, tourné en 1971 d'après un roman de Bram Stoker, Le Joyau des Sept Etoiles. Vous deviez y avoir pour partenaire l'énergique gentleman du fantastique anglais, Peter Cushing. Celui-ci déclara forfait juste avant le début du tournage, sa femme tombant gravement malade. Il sera remplacé au pied levé par le second couteau Andrew Keir, le prêtre qui avait percé la poitrine de Barbara Shelley dans Dracula, Prince des Ténèbres de Terence Fischer. Votre metteur en scène, relativement novice, décéda alors d'une crise cardiaque sur le plateau, remplacé par le producteur Michael Carreras. Étrange destinée que celle de ce film, oeuvre de fascination pour une femme, vous, et oeuvre inachevée.

 

Film de renouvellement pour une Hammer film en perte de vitesse et qui donna quelques perles noires inclassables en ces début des années 70 ou l'on croyait encore aux vampires et aux princesses égyptiennes délicatement préservées durant 3000 ans. Le Cirque des Vampires, La Fille de Jack L'Eventreur, Docteur Jeckyll et Sister Hyde et Blood From The Mummy's Tomb sont quelques uns de ces titres qui allient audaces formelles et narratives, de l'érotisme qui n'est pas encore vulgaire et une pointe de violence qui n'est pas encore ridicule.

 

Chère Valérie Leon, vous traversez ce film, récit d'une malédiction séculaire avec une grâce aussi vaporeuse que vos tenues, votre beau regard clair et juste pâle plein du mystère de l'ancien temps des pharaons, votre allure décidée et votre bouche fière rappelant une certaine madame Peel. Vous illuminez une histoire aux moments comme ralentis en contemplation de vos mouvements les plus délicats et aux zones sombres et tourmentées comme votre chevelure. Sous le charme, je suis partit en exploration, hélas, rien dans votre carrière, quoiqu'estimable, ne semble briller de l'éclat de ce joyaux des sept étoiles. Quelques seconds rôles dans de grosses productions, vous vous êtes lovée dans les bras de Sean Connery et Roger Moore, premiers rôles dans des films qui n'ont pas franchit la Manche et puis la télévision.

 

Chère Valérie Leon, vous êtes toujours fascinante aujourd'hui, même en blonde, et l'on peut découvrir votre regard toujours clair sur votre site. Recevez, chère Valérie Leon, l'expression de l'admiration de votre serviteur.

Un autre admirateur

Le DVD 

06/02/2006

Troisième couche

Suite et fin (provisoire ?) de mes échanges et recherches autour du Munich de Spielberg. Discussion passionnante ouverte par une note virulente sur Cinématique, remarquablement bien écrite, et qui m'a amené à réfléchir sur la scène de montage parallèle entre Avner faisant l'amour avec sa femme et les images reconstituées de l'épilogue sanglant de la prise d'otages. Cette scène pose de nombreux problèmes, y compris chez les défenseurs du film. Elle fait partie, pour moi, de ces scènes ou Spielberg cherche à repousser les limites de son cinéma comme dans la très controversée scène de la douche de La Liste de Schindler. En suivant la discussion, vous connaîtrez la conclusion que j'en ai tirée. Qui vaut ce qu'elle vaut.

 

 

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Sinon, j'ai découvert un site étonnant, The Electronic Intifada. Site en anglais, Electronic Intifada est une publication en ligne autour du conflit israélo-palestinien, de l'occupation des territoires et de la question palestinienne sous les angles économiques, politiques, juridique et humain, avec une section culturelle fournie, notamment de nombreuses chroniques de films palestiniens. J'étais donc très curieux de connaître leur point de vue sur Munich. C'est ICI et LA. Dans la foulée, j'ai appris que Paradise Now serait le premier film palestinien sélectionné aux oscars pour le meilleur film étranger. Bonne lecture.

05/02/2006

Catherine

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Catherine Deneuve (Par Douglas Kirkland)

03/02/2006

Blogs en Stocks - Rencontres à Nice

L'association Regard Indépendant organise avec le Relais des Associations une journée autour des blogs et des bloggueurs de Nice et du département le 18 février 2006 : Blogs en Stock.

Elle comportera une matinée de formation à destination des débutants et une après midi de rencontres. Deux tables rondes seront organisées pour présenter les blogs participants et échanger sur les pratiques avec un thème mis en avant : les blogs en tant qu'espace de liberté d'expression.

La journée aura lieu le 18 février au Relais des Associations, 12 rue Delille à Nice.

L'objectif de la journée est de créer un lien entre les différents animateurs de blogs, de faire découvrir la diversité des blogs locaux et d'encourager ceux qui le souhaitent à créer le leur.


Il s'agit de confronter les expériences, tant sur le plan des contenus (rédaction, présentation, relations avec les lecteurs) que sur des plans techniques (les radio-blog, la mise en ligne de photographies et de vidéos...). Pour prolonger cette dimension, les bloggeurs dessinateurs ou musiciens ou photographes pourront présenter leur travail.

Il s'agit enfin de sensibiliser les auteurs de blogs aux aspects juridiques de l'expression et de la création sur Internet avec les licences Créative Commons, les problèmes de droit d'auteur et l'univers du logiciel libre.

Un blog est ouvert depuis le 1er février pour servir de relais et de support à la manifestation : Cliquez ICI

 

Vous découvrirez sur ce blog des entretiens avec les rédacteurs de blogs locaux, des liens utiles, un annuaire des blogs de la région et des articles pratiques. Un blog pour découvrir et échanger. Si vous êtes dans la région et que vous souhaitez participer, n'hésitez pas à nous contacter.

02/02/2006

Cher Nanni

Après avoir déchaîné les passions avec Spielberg, je vais passer à quelque chose de complètement différent. Cherchant un peu ce qui existait en blogs italiens, je suis tombé sur cette information qui m’a réjouis : il y aura un film de Nanni Moretti cette année. Le Caïman sera sans doute à Cannes puisque sa sortie française est prévue pour le 17 mai. Pour la première fois, il ne joue pas dans son film qui sera interprété par le fidèle Silvio Orlando, Margherita Buy, Jasmine Trinca (déjà présente dans La Chambre du Fils) et Michele Placido. « Le Caïman sera un film de fiction sur Berlusconi, mais pas un documentaire » a-t’il déclaré, envisageant le film "dans la tradition des films d'implication citoyenne" un peu comme Main Basse sur la Ville de Francesco Rosi, un film d’intervention citoyenne ce sera donc. Il ajoute, non sans humour que le film ne sera ni pour faire changer les gens de droite, ni pour rassurer les gens de gauche dans leurs certitudes. « Au contraire, j’espère que Le Caïman pourra simplement susciter des doutes ». Tiens.

Un article en italien ICI

01/02/2006

Deuxième couche

Ca commence à tirer dans tous les coins. Je vous rassure de suite, je ne vais rien rajouter à mon texte de ce week end sur le Munich de Steven Spielberg. Après une mise en jambe verbale à la radio, je suis partit en exploration sur la Toile pour rencontrer des frères d'armes ou livrer le combat, si je puis (ou mourrir sur place s'il le faut). Editorial surprenant de Jean Daniel dans le Nouvel Observateur qui met le doit sur quelque chose, d'autant plus surprenant que l'hebdomadaire a été plutôt dur avec le film. Coincidences de vues chez Fluctuat tandis qu'à l'inverse, Filmbrain étrille le film et donne lieu à une discussion des plus vives quoiqu'en anglais, égrenant la litanie des reproches habituels. Jugement de Salomon sur Ecran Large et Télérama qui publient deux avis opposés. François Dubuisson, dans la Libre Belgique, fustige l'ambivalence du film avec un argument, "l'incapacité à représenter l'autre" qui a pas mal servi contre Guédiguian, Loach ou Watkins. Je signale aussi, envoyée par un ami, la lecture orginale proposée par les Inrocks : la fracture cinématographique française incarnée par les deux Mathieu, Amalric et Kassovitz.

 

Le texte le plus passionant vient du Dr Devo de Matière Focale. Une belle analyse, fouillée, de quelqu'un qui n'a pas vu le film avec les pieds. J'y retrouve pourtant cette caractéristique qui motivait le fond de mon texte, cette espèce d'impossibilité intellectuelle à concéder au cinéma spielberguien autre chose qu'une virtuosité technique. Et de trouver absolument la faille du discours qui discrédite l'ensemble. Pourtant, nom d'un petit bonhome, il fait parler ce film. Et réfléchir. Il y a donc bien quelque chose là dedans, quelque chose au delà du thriller, au delà du bien et du mal, au delà du "tu ne tueras point", au delà de "l'inévitable scène du sauvetage d'un enfant". Il suffit de comparer les différents points de vue pour voir que chacun, en positif ou en négatif, voit des choses différentes. Pourquoi écrire des dizaines, des centaines de lignes sur un film qui serait si basique ? L'humanisme militant de Spielberg serait-il une tare insurmontable ? A tout prendre, je préfère les réactions de rejet global, ceux qui se sont ennuyés, endormis, qui n'adhérent pas au discours, qui ne partagent pas le regard. Personnellement je n'aime pas le cinéma de Michael Hanneke, ni en gros, ni en détail, je ne partage pas sa vison de l'humanité. Je n'éprouve donc pas vraiment le besoin d'en parler. J'évite aussi soigneusement ses films. Je comprends donc mal ceux qui arrêtent Spielberg à Jaws et continuent, trente ans après, à aller voir ses films. Maso, non ?

 

Bonus : un entretien avec le réalisateur sur le site de Télérama