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27/09/2006

Message personnel

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En ce moment, je range mon appartement et je plonge dans de vieux cartons... 

26/09/2006

Le spécialiste, le chanteur et le dessinateur

Les westerns italiens ont la cote en ce moment. Éditions luxueuses en DVD, collections, livrets et bonus. Certains grands classiques sont soignés. C'est ainsi MK2 qui sort en grande pompe Le spécialiste qui n'a pas la réputation d'être le meilleur film de Sergio Corbucci mais qui a l'incomparable chance de mettre en vedette l'idole des jeunes et des désormais moins jeunes, Johnny Halliday. Celui-ci, plutôt blond, taciturne, tireur d'élite, jeune à l'époque, se venge d'une ville de trouillards et donne avec ce rôle de Hud la meilleure prestation de sa modeste carrière. Qui a dit que ce n'était pas difficile ?

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Je profite de l'occasion pour signaler, à l'intention des amateurs de curiosités, des fétichistes de Jean Philippe Smet et des admirateurs de Joseph Gillain dit Jijé, grand dessinateur de bandes dessinées devant l'Eternel (Jerry Spring, c'est lui, Spirou avant Franquin, c'est lui, Blondin et Cirage, c'est lui) que ce dernier avait adapté le film en BD pour un journal éphémère : Johnny, la revue de l'Age d'Or. On pourra trouver la reproduction des planches publiées sur ce site d'un fan du chanteur. Bon film et bonne lecture.

 

Bandeau source : bdoubliées

Le DVD

17/09/2006

Jerry fois trois

Les grands espaces selon Jerry Lewis : Cinderfella (Cendrillon aux grands pieds, réalisé par Frank Tashlin en 1960), The Bellboy (Le dingue du palace, réalisé en 1960 par Jerry Lewis) et The patsy (Jerry souffre-douleur réalisé par Jerry Lewis en 1964).
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11/09/2006

Interlude

Ce sont les limites du sytème Youtube. L"extrait vidéo que je vous avais mis en interlude a été retiré par son utilisateur. C'était, pour ceux qui connaissent le film, une courte minute du Septième sceau d'Igmar Bergman lorsque le saltimbanque voit apparaître à l'orée de la forêt une dame faisant marcher un tout petit enfant nu. Une image paisible.

09/09/2006

Nous vivons une époque formidable

Il est furieux, Jean-Michel Frodon, dans son éditorial du dernier numéro des Cahiers du Cinéma. On a osé s'attaquer au dogme, en l'occurrence le texte de Rivette sur Kapo de Gillo Pontecorvo dont je vous parlais cet été. D'aucuns auraient flanqué des coups sur les colonnes du temple à l'occasion de la sortie du DVD et des commentaires afférents. Frodon se dresse telle la statue du commandeur, drapé dans ses grands mots : Morale, Risque Critique, Symbole, Rigueur. Il renouvelle la bulle rivettienne « le film [est] effectivement abject ». Fermez le ban. Rien à re-voir. Le dogme est « le symbole d'une approche critique rigoureuse ». C'est « un point d'appui essentiel ». Et la huitième merveille du monde. Ceux qui oseraient contester les saintes écritures sont « une tendance puissante de la liquidation (sic) de la pensée critique dans le domaine du cinéma ». Et défense de rire. Tout à sa fureur, Frodon se laisse aller à des méthodes éprouvées : attaques personnelles et légère mais significative torsion de la réalité. Ainsi Rony Brauman qui prend la défense du film de Pontecorvo dans les bonus du DVD manifeste « un impressionnisme sans pensée ni goût » et est d'ailleurs le co-auteur d'un « documentaire truqué sur le procès Eichman » (Un Spécialiste avec Eyal Sivan). Ainsi Paul-Louis Thirard « un critique d'une autre époque » qui avait fait un article de synthèse et pointait les manques de Rivette comme de Daney puis de leurs disciples manifeste, lui, une « aigreur d'arrière garde ». Charmant. Cher monsieur Frodon, monsieur Thirard n'a jamais traité monsieur Rivette de « menteur myope ». Il a simplement fait remarquer ce que n'importe qui peut constater, que la description du fameux travelling par l'auteur de Va savoir est quelque peu exagérée et qu'il n'y a pas de recadrage spécifique sur la main. Je vous assure. Il suffit de lire l'article dans Positif de mai et de regarder le DVD de Kapo sans oeillères. Le risque critique c'est un peu cela aussi.

07/09/2006

Sur le ring

Approchez, venez voir ! La combat de l'année si ce n'est du siècle ! Une nouvelle version mise au goût du jour de l'éternelle querelle des anciens et des modernes ! Deux cinéastes, deux hommes engagés et enragés mais dans deux directions aussi opposées que possible. Avec du sang, des larmes, de la guerre et des beaux paysages, approchez !


A ma gauche, Ken Loach dit l'ange rouge du Warwickshire, 60 ans, 24 films, sujet britannique, cinéaste marxisant, de gauche, antilibéral, altermondialiste, anti-impérialiste, humaniste. L'ami des enfants maltraités, des chômeurs écossais, des cheminots anglais, des anarchistes espagnols et des révolutionnaires irlandais. Académique, didactique, donneur de leçon, démonstratif, lourdingue, pépère sur la fin. « ce n'est pas un cinéaste mais quelqu'un qui se sert du cinéma pour faire passer un discours » dit un de mes amis. « Mais quand même, parfois, il trouve quelque chose » ajoute-t'il. Aime à filmer les groupes, les discours politiques, l'action révolutionnaire et la guérilla. Ken Loach qui se présente à vous avec Le vent se lève, l'horreur de la guerre fratricide en Irlande en 1920 – 1921 avec vertes collines, cottages, ignobles black-an-tans, anglais colonialistes, tortures, ongles arrachés, exactions, tabassages, coups de main, quasi scalp de l'héroïne, chaste baiser dans un grenier et exécution en famille.


A ma droite, Bruno Dumont dit le bourreau de Bailleul, 48 ans, 4 films, français du nord, cinéaste total, enseignant en philosophie, catholique, mystique, réaliste jusqu'à la crudité, maître du champ, du contrechamp, du hors champ, du chant du monde et de St Jean la Croix-des-Champs. L'ami des prénoms impossibles, des plans séquences, des paysans de sa Flandre natale, des jeunes taiseux, des flics timides, des acteurs non-professionnels et d'une certaine idée du cinéma américain. Lent, lourd, réactionnaire, roublard, impossible, provocateur, posant problème. Il aime citer Cézanne qui peignait la Sainte Victoire pour réfuter l'idée de morale dans son dernier film où il met en scène un viol collectif. Il est, selon certains de ses admirateurs, l'un des seuls sinon le seul en France « qui prenne encore le risque de la mise en scène ». Il a pour d'autres une « vraie proposition de cinéma ». Bruno Dumont qui se présente avec Flandres, de jeunes hommes qui partent pour une guerre indéterminée aux accents bien réels, une jeune femme qui les attends; avec viol collectif donc, castration, patrouille décimée, hélicoptère, exécutions, grands champs du Nord, arbres sur l'horizon façon Tarkovski, coïts, internement psychiatrique et amour fou.


A ma gauche la palme d'or, à ma droite le prix spécial du jury. Deux conceptions du cinéma (n'en déplaise au second), deux conceptions de l'humanité (n'en déplaise au premier). Et un match critique qui se révèle passionnant quelque soit le partit que l'on en prenne. Approchez, venez voir !


Chez Sandrine Dumont et Loach

Chez Pierrot Loach et Dumont

A Caen Dumont et Loach


(L'aboyeur précise qu'au moment ou sont écrites ces lignes, il n'a toujours pas vu Flandres et que les éléments du portrait proviennent des nombreux entretiens du cinéaste. Ceci n'ôtant rien à l'intérêt qu'il éprouve pour tout cela).