Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

16/12/2006

Assez !

medium_boyle-kahn-frankenstein.jpg
Peter Boyle 1935 - 2006 
Hmmmmmmmm... 

27/09/2006

Message personnel

medium_Gemmal.jpg
En ce moment, je range mon appartement et je plonge dans de vieux cartons... 

31/08/2006

So long

medium_Glennford.jpg

 

Photographie : Glen Ford Online

30/08/2006

Franco Nero

« J'ai une technique particulière. Une caméra est comme une femme que chacun veut séduire. Il faut être sûr de soi et donner le meilleur de soi-même pour la conquérir. » (entretien dans L'age d'or du cinéma italien)


Parmi les figures emblématiques du western italien, on pourrait écrire que si Clint Eastwood personnifie l'impassibilité ironique, Giuliano Gemma la décontraction athlétique et Tomas Milian l'exubérance exotique; alors Franco Nero a trouvé une voie originale en incarnant une certaine dureté obsessionnelle. Dur le regard à l'éclat métallique et bleu profond des yeux, un regard implacable mais si lointain en même temps, comme hors du monde. Dur le visage carré à la beauté classique d'un héros de l'antiquité, les traits presque figés et en même temps ce sentiment qui passe d'un feu intérieur. Dure l'allure du corps ramassé et engoncé dans des vêtements rigides comme une carapace : le manteau noir de Django, la veste en cuir de Sullivan dans Texas addio, le lourd gilet de peau dans Le temps du massacre, les caches-poussière du mercenaire et de Kéoma. Dure enfin la voix, qui ne s'élève presque jamais mais impose avec force : « L'important est que vous allez mourir » murmure-t'il à ses adversaires dans la première scène de Django. La voix du destin.

medium_texas1.jpg

Dans les quelques personnages qui ont forgé la légende de Franco Nero, né Francesco Sparanero le 23 novembre 1941 du côté de Parme, cette dureté est le signe extérieur d'une obsession violente qui dévore le personnage et le mène aux frontières de la douleur et de la mort. Cette obsession prend une forme que je n'hésite pas à qualifier de pathologique : Dans Django de Sergio Corbucci , son désir de venger sa femme l'amènera à jouer de façon irraisonnée avec le major Jackson et à massacrer à la mitrailleuse sa bande dans une scène à la violence surréaliste. Plus tard, cette idée fixe sera momentanément supplantée par celle de toucher sa part du butin ravi avec les mexicains et, buté, il élaborera une combine sophistiquée pour récupérer l'or, risquant tout, sa vie et sa vengeance y compris, pour le conserver. On retrouve cette obsession maladive de l'argent sur un mode plus humoristique dans Le Mercenaire également de Corbucci où Kowalski négocie ses services en pleine bataille, sous les balles et la canonnade. Dans Texas Addio de Ferdinando Baldi, le désir de Sullivan de venger son père se double d'une solide obsession de ramener vivant le criminel pour le faire juger, intention louable mais qui l'amènera néanmoins à tuer ceux qui cherchent à l'en empêcher par paquet de douze. Si Kéoma est un personnage plus complexe, sa quête existentielle prend elle aussi un tour monomaniaque qui l'amène à défier Caldwell, tyran local, et à s'opposer de façon intransigeante à ses hommes comme à ses demi-frères et à la population terrorisée.

 

Ces obsessions sont la matière qui fait les grands héros. On la retrouve dans d'autres personnages incarnés par l'acteur comme Lancelot du Lac dans Camelot de Joshua Logan, Lancelot où le chevalier obsédé par l'honneur; et Don José dans une adaptation western de Carmen : L'homme, l'orgueil et la vengeance de Luigi Bazzoni, Don José ou l'obsession de l'amour. C'est également le cas dans plusieurs de ses compositions pour le cinéma politico-policier italien des années 70, que ce soit le policier « Cobra » Staziani dans Il Giorno del cobra d'Enzo G.Catellari, l'ingénieur Antonelli dans Il cittadino si ribella du même ou encore le dirigeant socialiste Mattéotti dans L'affaire Mattéotti de Florestano Vancini.

 

Et ce jusqu'au-boutisme a toujours un prix que les personnages de Franco Nero payent au prix fort : Django a les mains broyées, Mattéotti est assassiné, Kéoma est crucifié (!), Tom Corbett dans Le temps du massacre du sadique Lucio Fulci, est fouetté cruellement, Antonelli tabassé, dans Companeros ! de Sergio Corbucci, Peterson est enterré jusqu'au cou pour être piétiné par des chevaux (charmante coutume mexicaine), etc.

 

Ces multiples sévices semblent pourtant acceptés avec résignation par les personnages de Nero. Sans doute parce nombre d'entre eux ont déjà à voir avec l'au-delà. Django, aux frontières du fantastique, semble revenu d'entre les morts. Kéoma dialogue avec elle et lui impose même la garde de son « fils adoptif ». Sur un mode plus léger, Kowalski et Peterson aux nationalités lointaines pour le Mexique (Polonais et suédois) semblent des anges protecteurs pour les péones révolutionnaires incarnés par Tony Musante et Tomas Milian. On retrouve là encore une composante des grands héros de l'antiquité : Persée, Thésée ou Hercule, familiers des aller-retours avec les enfers.

 

medium_companeros01.jpg
 
Franco Nero n'a rien perdu de son charisme. Il faut le voir donner des entretiens, toujours enthousiaste, presque vieux et véritablement beau, les yeux toujours aussi bleus, la voix toujours calme et déterminée, l'expression toujours aussi passionnée pour parler de ses films, de ses collègues, de cinéma, d'Enzo G Castellari son ami et réalisateur fétiche, de Laurence Olivier son mentor, de Vanessa Redgrave sa compagne, de sa longue et riche carrière. Il a tout joué, non seulement de multiples personnages, mais de multiples nationalités : italien, yougoslave, polonais, grec, espagnol, américain, trente différentes dit-il. Un parcours multiple qui le voit alterner les grands réussites du film de genre (les westerns, les polars) avec de grosses machines (c'est John Huston qui le remarque le premier sur La bible en 1966, Force 10 de Navarone de Guy Hamilton en 1978, Die hard 2 de John McTiernan en 1990) et le cinéma d'auteur (il est de l'aventure Querelle de Rainer Werner Fassbinder en 1982). L'oeil toujours bleu. Calme et résolu sur nos écrans, déterminé comme Django qui traîne son cercueil pour l'éternité.
 


Franco Nero en construction

Franco Nero par Michael Den Boer

Franco Nero chez Shobary's

Franco Nero en allemand

Franco Nero en allemand 2

Photographies: Syu-wa et  imagesjournal

20/08/2006

Seconds couteaux

Mako, acteur américain d'origine japonaise, c'était l'asiatique type à Hollywood. Il a été le coolie chinois Po-Han, formé par Jake Holman – Steve McQueen dans La canonnière du Yang-Tsé de Robert Wise, celui qui rentrait dans le lard de Simon Oakland avant de subir le terrible supplice des « mille coupures » interrompu par la balle miséricordieuse de Holman. Po-Han lui vaudra une nomination aux oscars pour le meilleur second rôle. Il a été homme d'affaire taïwanais pour Sam Peckinpah dans Killer elite (Tueur d'élite). Il a été eskimo, le courageux mais superstitieux Oomiak dans L'île sur le toit du monde entre explorateurs anglais et vikings polaires. Il a été sorcier d'un monde de fantaisie dans les deux Conan aux côtés d'Arnold Schwartzenegger. Il a été japonais, bien sûr, tout au long d'une carrière de plus de 130 titres à la télévision comme au cinéma. Il n'accédera à un premier rôle que sur les planches de Broadway. C'est dommage pour le cinéma car il a toujours mis un petit supplément d'humanité et de fantaisie dans des personnages presque toujours proches du cliché. Et tout le monde connaît son visage. Il vient de disparaître à 72 ans.
medium_Mako.jpg

Jack Warden, c'était l'homme sûr de lui. Quarante cinq ans de carrière à travers le cinéma américain de Tant qu'il y aura des hommes de Fred Zinnemannn en 1953 à Bullworth de son ami Warren Beatty en 1998. Boxeur professionnel, videur, marin, parachutiste pendant la seconde guerre mondiale, il a la biographie type du dur à cuire vu par Hollywood. Et les seconds rôles pour Sidney Lumet, John Ford, Robert Wise, Hal Ashby, Woody Allen, Alan J. Pakula et l'ami Beatty qui lui apportera deux nominations à l'oscar pour Shampoo et le remake du Ciel peut attendre. Soldat, policier, président des USA, médecin, juré n°7, il est l'homme des certitudes, celui qui est l'ami du héros ou son antagoniste, celui qui le mettra en relief. Lui aussi fera beaucoup de télévision, lui non plus n'accédera pas au premiers rôles au cinéma. Et tout le monde connaît son visage. Il vient de disparaître à l'age de 85 ans.

medium_Warden.jpg
Bruno Kirby, c'était le bras droit, l'ami, le confident, le partenaire. Il est aux côtés de Don Corléone jeune – Robert De Niro dans la seconde partie du Parrain de Francis Ford Coppola. Il est le pote bavard de Harry - Billy Cristal dans Quand Harry rencontre Sally de Rob Reiner. Il résiste comme il peut à la tornade Robin Williams dans Good morning Vietnam de Barry Levinson. On le verra chez Paul Verhoeven, Mike Newell, Neil Jordan et Alan Parker. Pas de nomination, une carrière plus courte, bien remplie néanmoins. Un visage que l'on reconnaît. Il vient de disparaître à l'age de 57 ans.
medium_Kirby.jpg
 

Sources photographies :

Mako : Mako tribute (site trés complet sur l'acteur)

Warden : théage.com

Kirby :  Gonemovies.com

14/08/2005

The Duke

"The Duke" était le surnom de Marion Michael Morrison, mieux connu sous le nom de John Wayne. Il parait que ça lui venait de son chien, comme Indiana pour Jones. Il y aurait beaucoup à dire sur Wayne qui reste l'un de mes acteurs favori pour tout un tas de raison dont certaines son avouables. Mais c'est l'été, je suis en vacances, alors je vous laisse avec un joli site que j'ai trouvé en traçant un western de 1933 tout à fait étonnant, même si c'est loin d'être un chef d'oeuvre oublié, Sagebush Trail.

medium_riders_of_destiny.jpg

Bref, je suis tombé sur la page perso de Roy Short qui a une incroyable collection de posters de films avec The Duke. Les reproductions sont très belles et certaines ont une qualité d'évocation que je qualifierais de touchante (voir juste au dessus. Vous y trouverez aussi, pour les amateurs, des extraits musicaux et des liens ainsi que quelques bricoles sur Clint Eastwood.


12/08/2005

Giuliano Gemma

Cédant à la pression forcément amicale de ma lectrice la plus fidèle, je me lance dans le portrait avec une évocation de la carrière du beau Giuliano Gemma.

Ce nom évoque surtout aujourd'hui des souvenirs de séances d'enfance. Des images déjà lointaines de films d'aventure, de peplums et de westerns. L'image d'un héros décontracté au large sourire. Gemma, le beau Giuliano, a été l'un de ces héros typiques des années 60, entre Jean Paul Belmondo, Franco Nero, Gérard Barray, Thomas Millian ou Steve Reeves, caracolant, charmeur, plein d'humour, physique et avec un poil d'innocence.

giuliano gemma,portrait,acteur,western

Né en 1938 à Rome, il entre dans le milieu du cinéma à la fin des années 50, dans une Cineccità en plein âge d'or : tournages internationaux, metteurs en scènes prestigieux, cinéma de genre en grande forme. Comme tant de beaux gosses athlétiques, Gemma débute comme cascadeur et figurant. Il rencontre en 1960 Duccio Tessari, alors assistant, qui va lui proposer son premier rôle : Crios dans Les Titans, l'un des meilleurs peplums de l'époque, traitant le genre avec humour. Le charisme et les acrobaties de Gemma font merveille et il commence à travailler régulièrement. Le film connait aussi une belle carrière internationale qui va faire découvrir notre héros dans plusieurs pays. En France, particulièrement, ou Bernard Borderie va l'engager pour le rôle de Nicolas, le premier amour d'Angélique, Marquise des Anges. Un rôle qu'il reprendra en 1965 dans la première suite, Merveilleuse Angélique, où, devenu prince des voleurs et délicieusement borgne, il meurt de façon tout ce qu'il y a de plus mélodramatique. Il ne faut pas en abuser, mais c'est quelque chose à voir.

Juste avant, il va connaitre le cinéma d'un autre calibre en intégrant la distribution du Guépard de Luchino Visconti. Petite prestation en officier, aux côtés d'Alain Delon et d'un autre débutant : Mario Girotti qui deviendra assez vite Terence Hill. C'est pourtant cette expérience qui le convainc que sa carrière est là.

En 1964, c'est désormais le western qui est à la mode. Et c'est du dernier chic de prendre un pseudonyme américain pour l'exportation. Giuliano Gemma devient donc Montgomery Wood pour ses premiers pas dans le western avec Le Dollar Troué de Giorgio Ferroni. Il retrouve ensuite son vrai patronyme et Duccio Tessari pour deux films qui auront un gros retentissement : Un Pistolet pour Ringo et Le Retour de Ringo. Gemma a dit un jour que la différence entre peplum et western se situait au niveau du changement de costumes. Un Pistolet pour Ringo utilise en effet le mélange d'humour parodique et de violence qui avait fonctionné dans Les Titans. Gemma joue sur sa décontraction et son physique de jeune chat, ce qui fait passer une intrigue finalement assez sombre, proche d'une certaine façon de certains films de Luis Bunuel (L'ange Exterminateur notamment).

giuliano gemma,portrait,acteur,western

Le second film est une réussite plus profonde. Inspiré du retour d'Ulysse, Le Retour de Ringo donne à Gemma son premier rôle véritablement dramatique. Il y est un ancien soldat de retour dans son village et qui découvre ses parents assassinés, ses propriétés spoliées et sa femme sur le point d'épouser un abominable bellâtre mexicain. Même si Gemma révèle un peu ses limites, il a de très belles scènes, comme celle ou, dans une ambiance quasi fantastique, il se fait reconnaitre de sa femme.

A partir de là, il va enchainer de nombreux westerns de qualité inégale, créant, entre Franco Nero et Thomas Milian, un personnage plus juvénile, plus naïf, mais tout aussi habile au six-coups. Il excellera dans les rôles de souffre douleur ou de faux coupables. Son film symbole, peut être sa plus grande réussite dans le genre, c'est Le Dernier Jour de la Colère ou il est Scott Mary, employé à vider les seaux hygiéniques d'une petite ville qui le méprise, avant de rencontrer Talby, joué par Lee van Cleef, pistoléro implacable, forcément implacable, qui fera le père de substitution avant de voir son élève se retourner contre lui, un peu comme dans L'Homme Aux Colts d'Or.

giuliano gemma,portrait,acteur,western

Il poursuit une carrière d'acteur populaire, mais sans trop prendre de risques, jouant Robin des Bois, l'aventurier aux côtés d'Ursula Andress ou le futé aux côtés de Bud Spencer. L'âge vient, les années 70 changent le visage du cinéma de genre et Cineccità n'est plus ce qu'elle était. Gemma se tourne vers des rôles plus exigeants en jouant pour Luigi Comencini dans Delitto d'amore, Valério Zurlini pour Le Désert Des Tartares, Pasquale Squitieri pour Le Préfet de Fer aux côtés de Franco Nero et, ultimement, pour Dario Argento dans son dernier grand Giallo : Ténèbres. Son interprétation du commissaire Giermani est remarquable, jouant encore sur la séduction, mais dissimulant une certaine maladresse, il est amoureux de sa collègue mais ne saura empêcher son meutre. Ni le sien.
 
Au cours des années 80, Giuliano Gemma se tourne comme tant d'autres vers la télévision, vit sur son passé et se découvre une passion pour la sculpture. Il entame alors une seconde carrière, devenant un artiste renommé. Si vous ne me croyez pas, allez donc jeter un œil sur son site : http://www.giulianogemma.it/

Il est également l'heureux père de l'actrice Véra Gemma. Aujourd'hui que le cinéma de genre de ces années d'insouciance revient en force, Giuliano, son sourire et ses grands yeux bruns retrouve sa place aux côté des autres icônes masculines de la période. Comme je l'ai dit, il ne faut pas en abuser, mais c'est quelque chose à voir.