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06/06/2026

Marcia et Marjane

Les nécrologies, c'est toujours un peu compliqué pour les cinéphiles. Souvent, on en a ras la casquette de voir disparaître les artistes que l'on aime, qui nous ont enthousiasmé, émus, transporté. D'un autre côté, cela fait partie de notre relation au cinéma et il y a une certaine douceur, une bouffée de mélancolie, pas forcément désagréable, à revenir sur la façon dont tel ou telle a accompagné notre cinéphilie. On revient sur leur parcours qui est aussi, pour une petite part, le nôtre. Et puis, c'est parfois plus difficile, quand disparaissent brutalement, trop jeunes, trop tôt, des personnes avec lesquelles on aurait bien aimé faire un grand bout de chemin ensemble. Bref...

Tout ça pour saluer, sans faire d'Inisfree un cimetière, les disparitions de deux femmes différentes mais qui ont compté pour moi.

Marcia Lou Griffin Lucas était monteuse et pas n'importe laquelle. Elle a débuté avec la non moins talentueuse Verna Fields, puis a travaillé sur les montages de films signés Francis Ford Coppola, Martin Scorsese et bien entendu George Lucas, son époux, dont elle a été « l'arme secrète » selon le mot de Dave Pollock. On sait, ou l'on devrait savoir, combien son apport a été décisif sur Star Wars (La Guerre des étoiles, 1977). Elle a contribué à sauver le film en lui donnant, avec Richard Chew et Paul Hisch en renfort, une forme et une narration. Tous les trois seront oscarisés pour ce travail essentiel.

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Photographie DR

En hommage, voici la scène de la bataille finale, un sacré beau morceau de montage.


Marjane Satrapi, c'est autre chose. Sa disparition à 56 ans, dans les circonstances qui ont été données, est d'une grande tristesse. Tristesse d'autant plus grande que Persépolis, grande dessinée puis grand film d'animation, ont été des odes à la joie de vivre, envers et contre tout, contre l'arbitraire, la dictature, les pulsions de mort et de destruction, les chansons de Kim Wilde contre la guerre, l’impertinence de la joie adolescente contre la connerie sous toutes ses formes, en particulier les plus terrifiantes. Satrapi, c'était une voix et des images qui ont porté avec talent, et qui vont manquer désormais.

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Photographie Pierre-Emmanuel Rastoin pour Télérama