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10/12/2010

Godard par Corbucci, en guise de conclusion

Frédérique a eu raison de s'interloquer de ma clôture un peu rapide du Cobucci – Godard blogathon hier. En effet, il ne devait prendre fin qu'au premier coup de minuit. Du coup je lui suis reconnaissant d'avoir passé outre et de nous avoir offert, hier, un finale en forme de feux d'artifices autour de Sergio Corbucci, rétablissant quelque peu l'équilibre du double hommage. Éclatant, dynamique, coloré, enthousiasmant, à l'image du cinéma de « l'altro Sergio ». Je profite aussi de l'occasion pour lier le texte d'Anna paru mercredi sur Week-End de JLG, avec mes excuses pour mon défaut de vigilance. Mais ce n'est pas la seule surprise. Hier soir (je suis rentré tard), j'ai découvert que j'avais reçu, des mains diligentes de mon facteur, le numéro 246 de la Revue du Cinéma, Images et son, datée de janvier 1971 et contenant un entretien avec Corbucci mené par Noël (sic) Simsolo. Dans un commentaire précédent, je plaisantait à une remarque de Ran en disant qu'il serait intéressant d'avoir l'avis de Corbucci sur le cinéma de Jean Luc Godard. Par l'une de ces connivences secrètes du hasard qui font tout le sel de l'existence, je vous livre la première question de cet entretien, ainsi que sa réponse :

On vous considère comme un cinéaste commercial ?

J'appelle film commercial un film qui peut plaire à tous les genres de public. Godard est un grand maître et je le respecte beaucoup, mais je pense qu'il a fait plus de mal, chez lui, au cinéma, que nous, avec tous les films que nous avons pu faire, en Italie. Je dis cela malgré mon admiration pour lui, car quand il existe un maître de son envergure, il naît ensuite une série d'imitateurs ; ils essaient de faire le même type de cinéma. C'est vraiment dommage ! De même que Picasso, dans la peinture : beaucoup de gens regardant ses toiles croient que tout le monde est capable d'en faire autant. Dans le cinéma, c'est pareil : des réalisateurs, jeunes ou vieux, regardent les films de Godard et pensent être capables de faire la même chose. Mais ce n'est pas si facile. C'est dans ce sens que je déclare que Godard et Antonioni ont fait du tort au cinéma.

Si quelqu'un a le contrechamp de cette vision, je suis preneur.

Commentaires

Ben, C déjà la Noël je vois :)
Sur les idées de JLG sur le western européen (et ses aventures picaresques avec Volonte), vous devriez certainement en lire quelques pages dans la biographie d'A de Baecque non ? Vous en êtes à quelle page ?

Écrit par : FredMJG/Frederique | 11/12/2010

Hier soir j'ai vu "Machete" de Robert Rodriguez ce n'est pas un chef d'oeuvre, mais je crois que ce réalisateur est un des héritiers de Sergio Corbucci.
Dans "Machete" il y a un hommage à Django assez évident, à vos de voir.
C'est du cinéma du samedi soir, une sorte d'auberge espagnole, ou chacun trouveras ses références et sa nostalgie d'un cinéma disparus.

Écrit par : claude kilbert | 12/12/2010

La bio, Frédérique, j'en suis depuis quelques mois à la quatrième de couverture. Sur le western italien, malgré "Vent d'est", rien et encore moins sur Corbucci. Faudra compter sur le hasard.

Claude, Rodriguez comme son compère Tarantino aiment bien l'esprit corbuccien. Je suis assez tenté par ce "Machete", peut être pendant les fêtes. (Ce n'est pas le genre de films où je peux, encore, emmener ma fille).

Écrit par : Vincent | 12/12/2010

Étrange déclaration tout de même. Les cinéastes géniaux font du tort au cinéma parce que d'autres les imitent? Je suis moyennement convaincue...

Merci en tout cas pour cet enrichissant Blogathon. J'avais écrit sur "Week-end" mercredi dernier, au fait.^^

Écrit par : Anna | 12/12/2010

Bonjour, Anna, désolé pour le texte de mercredi, je ne l'ai pas vu passer, pourtant, j'ai surveillé avec assiduité. C'est peut être mon inconscient qui m'a joué des tours, je n'aime guère ce film :) Je vous rajoute en lien vite, vite. Et merci à vous pour avoir participé, cela m'aura permis de découvrir votre blog.
Sur ce qui est de l'opinion de Corbucci, je vois où il veut en venir, mais je suis plutôt d'accord avec vous, ça ne me convainc pas beaucoup. On pourrait dire aussi qu'il a eu les mêmes problèmes. Lui, comme Leone et quelques réalisateurs majeurs du western italien ont été pillés dans tous les sens et au final, le genre s'est épuisé et il en est mort !

Écrit par : Vincent | 13/12/2010

Sergio Solima, qu'on oublie parfois, a réalisé au moins 2 chefs d'oeuvres avec "la resa dei conti"* et "face to face". C'est vrai,Vincent le genre "Western Spag" a été tellement pillée par des tâcherons, qu'il en est mort.
C'est genre qui ne peut plus être exploité aujourd'hui, il n' y a plus l'amour du genre et surtout les moyens artistiques et financiers. il reste les petits hommages de quelques cinéastes aux USA et au Japon.
Pour conclure, je suis heureux de ne pas être le seul a aimer cette nostalgie, encore merci pour ton blog.


*mon italiens est désastreux désolé

Écrit par : claude kilbert | 13/12/2010

Sollima, j'aime beaucoup ses westerns, y compris "Saludos hombre" dont j'apprécie la décontraction, même s'il est moins aimé que les deux autres.
C'est vrai que les conditions, la façon dont on faisait du cinéma alors a beaucoup changé, mais les films existent et traversent le temps. J'espère que ce n'est pas juste de la nostalgie mais que quelque chose perdure, autrement, dans une part du cinéma actuel. Après tout à l'époque, il y avait sans doute la nostalgie des westerns américains des années 40.
Merci pour les échanges.

Écrit par : Vincent | 15/12/2010

J'interviens, certes un peu tard, pour apporter mes compliments à cet audacieux portrait croisé de deux cinéastes apparemment opposés. je n'ai pas de citation à offrir de Godard sur Corbucci mais, en fouillant bien, on devrait pouvoir trouver ça (après tout JLG avait une fois déclaré qu'il se passionnait pour "Ace Ventura en Afrique" alors pourquoi pas Corbucci). Encore toutes mes félicitation pour ce travail collectif et désormais référentiel.

Écrit par : princécranoir | 21/12/2010

Prince, il n'est jamais trop tard pour intervenir et merci pour le compliment. ceci dit, "référentiel", c'est peut être un peu s'avancer :)
J'ignorais que Godard appréciait ce film, mais pourquoi pas ?
J'espère que vous serez partant pour une autre expérience avec d'autres réalisateurs. Passez de bonnes fêtes de fin d'année.

Écrit par : Vincent | 26/12/2010

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