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08/07/2010

Spielberg puissance 10

The only thing better than seeing movies is reading about them.”

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S'il y a bien une liste à laquelle ne peux résister, c'est celle qui est actuellement proposée par le blog De son coeur le vampire : les dix films de Steven Spielberg préférés. Spielberg et moi, c'est une longue et belle histoire, les lecteurs de ce blog ont du s'en rendre compte. Si John Ford est pour moi le grand maître, Steven Spielberg en est à la fois le disciple et l'héritier. Si Ford jetait ses derniers feux l'année de ma naissance, j'ai véritablement grandit avec les films de Spielberg. A une exception près, j'ai vu tout ses films et presque dans l'ordre, mettant un point d'honneur, jusque dans les années 2000, à voir les films le jour de leur sortie, si possible à la première séance du mercredi. On est maniaque ou on ne l'est pas. J'ai donc vécu tous les mouvements d'une oeuvre conséquente comptant 25 longs métrages (plus une vingtaine d'oeuvres télévisuelles dont le fameux Duel en 1971), exceptionnellement cohérente dans le contexte du cinéma américain de ces trente dernières années.

Une oeuvre avec ses succès planétaires, ses échecs, ses inflexions, ses moments de doute, ses accès de noirceur, ses naïvetés parfois, ses obsessions profondes et par dessus tout un sens aigu du cinéma entre tradition hollywoodienne, admiration pour l'Europe et volonté réalisée d'indépendance. Bien qu'il ait fait partie des "movies brats" des années 70, Steven Spielberg a eu une relation avec la critique nettement plus chaotique que Martin Scorcese, Brian De Plama ou Francis Ford Coppola. Une critique qui ne l'a jamais ménagé peut être parce qu'elle n'a jamais bien su par quel bout le prendre. Même la relative embellie dont il bénéficie sur ce point avec les quatre films des années 2000 de AI à Munich ne change rien à l'absence (ou presque) d'approche globale de son oeuvre, une exploration des liens intimes qui lient Close encounters of the third kind à Schindler's list, Empire of the sun à AI ou 1941 à Munich . Il y a du travail. Et d'ici là, je vous propose donc cette liste de mes favoris :

 

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Close encounters of the third kind (Rencontres du troisième type - 1978). le film spielberguien par excellence, Dreyfuss en héros lunaire et décidé, les notes de John Williams, François Truffaut en savant, les jeux sur le langage, la communication entre les êtres, la famille atomisée et le plaisir des lumières. Photographie : Starmovie Asia.

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Always (1989). Mon chouchou, un film discret, mal aimé, difficile à accoucher, pourtant sa seule véritable histoire de couple et l'un de ses trop rares portraits de femme. Holly Hunter est lumineuse et drôle, Dreyfuss est Dreyfuss. Spielberg filme les avions comme personne. Photographie copyright UIP

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Raiders of the lost ark (Les aventuriers de l'arche perdue - 1981). Parce que ce fut le premier et que l'effet de ce film fut inoubliable. Parce que le plan de Harrison Ford comme celui de John Wayne chez Ford. Parce que cette marche entêtante écoutée mille fois. Parce que je n'aime pas les serpents non plus. Parce que Karen Allen était l'héroïne dont nous revions à 15 ans. Photo LucasFilms.

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The color purple (La couleur pourpre - 1985) Premier film délibérément fordien de Spielberg. La révélation de Woopie Goldberg. L'Art de mettre en avant de nouveaux visages est un des nombreux talents que l'on ne souligne pas assez chez le maître. La musique, la photographie de Allen Daviau qui retrouve les teintes iréelles de la grande époque de Hollywood. Comme trop souvent le contexte (ici la condition des noirs américains) a tendance à parasiter la richesse purement cinématographique de l'oeuvre. Photographie blog Zefacteur.

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Saving Private Ryan (Il faut sauver le soldat Ryan - 1998). On a tout dit sur la séquence virtuose du débarquement, enfin peut être pas tout. Dommage qu'ici aussi cela ai conduit à sous estimer un film majeur brassant les grands thèmes de son auteur tout en embrassant l'Histoire. Démarche tout à fait fordienne et prolongement de la vision de Samuel Fuller avec lequel Spielberg était lié. Photographie Filmréférence.

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Schindler's list (La liste de Schindler - 1994). Le film de la reconnaissance (Oscars, polémiques) mais surtout de l'affirmation. Peut-être son oeuvre la plus parfaite sur le plan plastique, sans doute à cause de l'investissement personnel et de l'enjeu. Il y a beaucoup à dire sur ce que le personnage de Schindler exprime de Spielberg lui-même et de son rapport au cinéma. Photographie IMDB.

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1941 (1979). Première incursion dans la seconde guerre mondiale sur le mode loufoque, le film est d'abord un hommage au cinéma des maîtres (Ford, Kurosawa, Peckinpah, Disney...)  via une distribution éclatante et un exercice de style peut-être un peu trop intense pour le commun des mortels. Film exhubérant, excessif, musical, plus grand que nature, avec 1941, Spielberg monte un gigantesque train électrique qu'il démoli avec jouissance. Necessite deux à trois visions pour être pleinement apprécié (si l'on survit à la première). Photographie : Excessif.

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Minority report (2002). Le grand film des années 2000, un cauchemar sécuritaire et technologique  digne de George Orwell. De manière inattendue, Spielberg glisse dans un formidable film d'action avec star consentante un réquisitoire contre la société qui nous est promise et dans laquelle on se débat déjà. Glaçant. Photographie : Copyright © 20th Century Fox.

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E.T. (1982). Drôle de film dont je me demande à chaque fois ce qu'il va bien pouvoir en rester. La remarquable direction des enfants, le subtil équilibre entre humour, chronique familiale et fantastique, la scène assez sublime construite autour de The quiet man (L'homme tranquille - 1952) de John Ford, quelque chose d'un peu magique qui fait que je marche à tous les coups devant l'espèce de tortue spaciale. L'enfance de l'art. Photographie Copyright © Universal Pictures.

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Munich (2006). Variation sur l'ordre et le chaos inspirée par The man who shot Liberty Valance (L'homme qui tua Liberty Valance - 1962) de John Ford. La vision de Spielberg se fait encore plus sombre pour aborder l'histoire contemporaine et ses deux facettes de juif et d'américain. Photographie Copyright ©UIP

Photographie de Spielberg : Britannica

Commentaires

C'est que nolan et vous commencez à me donner envie de revoir des films de Spielberg, réalisateur que j'aime bien mais que je ne révère pas au-delà du raisonnable. Il faudrait tout de même que je découvre 1941 (à propos faire pêter un train, ce ne serait pas une référence de plus ; à Buster Keaton cette fois-ci), Always (j'ai toujours trouvé que le défaut majeur du réalisateur était de ne pas réussir à véritablement filmer les femmes et, plus généralement, les histoires d'amour) et Munich (surtout s'il fait référence à L'Homme qui tua Liberty Valance qui est l'un de mes Ford préférés).
En tout cas, je suis content que Minority Report figure dans votre top 10 mais étonné de ne pas y voir Duel.
PS : Moi, Hook, j'aime beaucoup et je trouve ce film très "spielbergien".

Écrit par : Ran | 08/07/2010

Ah j'allais dire la même chose que Ran sur les histoires d'amour. L'absence de Duel m'a surpris également. Il y a, c'est vrai, de belles séquences d'avion d'Always. Bon je vais arrêter d'écrire parce que je vais dire la même chose que mon acolyte. Pour finir, si vous donnez une seconde chance à Hook alors je ferai la même chose avec Always et on en reparle !

Écrit par : nolan | 09/07/2010

Je n'ai pas de problème avec "Duel", mais il faut bien choisir. Sur les 25, il n'y a guère que quatre ou cinq films que j'apprécie moins. Je dois dire aussi que souvent ce film a été mis en avant par ses détracteurs sur l'air de "Spielberg n'a été bon que quand il faisait un petit film pour la télé". C'est un peu comme limiter Truffaut aux "400 coups" :)
Pour les femmes, je suis d'accord avec vous, ce n'est pas son point fort, mais comme Ford, quand il s'y met le résultat est remarquable. Et pour "Hook", je ferais sans doute l'effort. C'est vrai qu'il est très spielberguien dans ses thèmes mais tel que je men souviens, il lui manque la magie de la mise en scène.

Écrit par : Vincent | 09/07/2010

Amusant de voir comme le réalisateur semble expressif avec ses mains! Pas une photo où ses mains sont au repos.

Écrit par : tepepa | 13/07/2010

J'ai vu ça. Je m'en suis rendu compte à mesure de mes recherches et j'ai été un peu paresseux sur les trois premières, ne revenant pas dessus. Il y a aussi quelque chose que j'aime beaucoup, c'est son air ouvert, jamais crispé ou trop concentré.

Écrit par : Vincent | 14/07/2010

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