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03/01/2010

La décennie fantastique

Exercice de beaucoup plus délicat, la liste des films marquants de la décennie 2000/2009. Déjà qu'il est dur de sélectionner une dizaine de titre par année. Je me suis fixé quelques règles : ne pas relire les listes de films sortis, ne pas exclure à-priori courts métrages et documentaires (et pourquoi non ?) et favoriser des cinéastes qui ont donné, qui m'ont donné durant cette décennie, plus ou autre chose qu'en d'autres moments de leur carrière. A lire les nombreuses autres listes qui fleurissents sur les blogs (compilées par Ed sur Nightswimming) et ailleurs, je me rends compte que je continue à avoir un goût prononcé pour un certain classicisme qui me fait non pas rejeter, mais moins apprécier des auteurs célébrés comme Lynch, Van Sant, Gray ou Cronenberg. Je regrette aussi que certains auteurs qui me sont chers ne m'aient pas marqué autant que je l'aurais voulu, même s'ils n'ont pas démérité (Je pense à Nanni Moretti par exemple). Il faut dire aussi que derrière ces titres, il y a pour moi un ensemble de films, une cohérence d'ensemble autour d'un réalisateur dont les films n'ont cessé de me passionner (Guédiguian, Spielberg, Rivette, Miyazaki, Tarantino, Hark, Lioret, Eastwood, Chabrol...), un goût pour certaines cinématographies (l'Italie, l'Asie), et le plaisir de découvertes dont j'attends beaucoup pour la décennie à venir (Hers, Dudok de Vit, Imbert, Taylor-Young). Enfin, il faut se résoudre à citer ces fichus titres.

Sen to Chihiro no Kamikakushi (Le voyage de Chihiro – 2001) Hayao Miyazaki. Un chef d'oeuvre au sens le plus classique du terme pour ouvrir la décennie, un film-somme d'une grande beauté plastique pour la clore et un superbe exercice formel de vitesse et de merveilleux entre les deux. Miyazaki impose définitivement un canon alternatif en animation à la déferlante numérique. Un maître.

Minority report (2002) Steven Spielberg. Quatre films majeurs (plus un Terminal mineur) qui explorent les angoisses de l'Occident en général et des Etats-Unis en particulier tout au long de la décennie. Spielberg arrive à faire la synthèse de sa veine divertissante (Stars, budgets, imaginaire du cinéma de genre) avec ses ambitions de grand cinéaste. Minority report est le plus emblématique de ses films, réflexion sur une société verrouillée et paranoïaque, saturée d'images et d'informations que l'on arrive plus à lire. Du coup, je passe sur l'Indiana Jones de trop. Le cinéaste de la décennie.

Va savoir (2001) Jacques Rivette. Théâtre et cinéma, deux actrices lumineuses, peut être le film le plus accessible de Rivette, le plus charmant dans le sens charmeur. Symbole de la vitalité du cinéma de l'ancienne génération (Resnais, Rohmer, Chabrol), il a également donné un beau rôle à Emmanuelle Béart et une adaptation rigoureuse de Balzac. Et puis toujours Jeanne Balibar.

No pasaran, album souvenir ( 2003) Henri-François Imbert. L'histoire de l'Europe à travers l'histoire de ses camps. Concentration, transit, rétention, extermination. Un voyage vertigineux dit sur un ton tranquille à partir d'un tout petit souvenir familial. L'aboutissement du cinéaste à la première personne, comme Smolders ou Cavalier.

In the mood for love (2000) Wong Kar-wai. Belle conclusion de la décennie précedente, mais impossible de résister à la fascination excercée par cette histoire d'amour et de frustration ni à la beauté de Maggie Cheung.

La ville est tranquille (2001) Robert Guédiguian. Il reste pour moi l'un des cinéastes français qui me parle le plus, que j'admire pour sa constance et pour la faculté qu'il a eu, sur cette décennie, de synthétiser tout ce qui faisait son cinéma depuis 1980 pour faire passer à son cinéma un cap. Il a quitté son Estaque rêvée pour revenir à ses racines et s'intéresser à la Grande Histoire que ses personnages jusqu'ici subissaient (Le socialisme au pouvoir, la fin du bloc de l'Est, la Résistance). Son cinéma a pris des ailes et une ampleur assez rare chez nous.

Kill Bill (2003/2004) Quentin Tarantino. Dans un tout autre registre, le fils spirituel de Sergio Leone a donné deux oeuvres de total divertissement, déclarations passionnées à tout un cinéma de genre qu'il arrive à investir de personnages sensibles. Au sein mais en marge d'un cinéma miné par le second degré, il fait toute la différence. Le dyptique à la gloire de La Mariée est un pur objet de jouissance tandis que son petit dernier laisse espérer de nouvelles ambitions.

Father and daughter (Père et fille – 2000) Mickael Dudok de Wit. Comment avais-je écris à l'époque de la découverte de ce petit bijou de moins de dix minutes : le genre de film qui rend tous les autres insignifiants.

Ghosts of Mars (2001) John Carpenter. L'exception qui confirme la règle. La décennie a dù être terrible pour John Carpenter, ce film étant son dernier. C'est pourtant l'un de ses plus beaux, seule authentique véritable superbe série B. Et puis Nastacha Henstridge. Il paraît que Big John a retrouvé le chemin des plateaux de tournage. Respect.

Primrose Hill (2007) Mikhaël Hers. Je ne sais pas si Hers sera, comme l'a dit Luc Moullet, le grand réalisateur de demain, mais j'ai envie de le croire. Deux moyens métrages superbes, prenants, au charme insidieux mais tenace. Des films qui ne vous lâchent pas. Pourtant, ils ont tous les éléments du tout venant du cinéma français que l'on a trop vu, de celui qui a trop déçu. Mais il y a de la magie dans la façon de filmer les visages, la ville, le froid, la nuit, les frémissements de l'amour et tous ces jeunes acteurs superbes. Vivement la décennie suivante.

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Et dix de plus :

Time and tide (2000) Tsui Hark

Love you more (2008) de Sam Taylor-Wood

Munich (2005) Steven Spielberg

L'équipier (2004) Philippe Lioret

Oasis (2002) Lee Chang-dong

La 25e heure (25th hour - 2002) Spike Lee

Moolaade (2004) Ousmane Sembène

La Meglio Gioventù (Nos meilleures années – 2003) Marco Tullio Giordana

La fille coupée en deux (2007) Claude Chabrol

Millions dollar Baby (2004) Clint Eastwood

 

Photographies : © Le Studio Ghibli / Pixel Surgeon / DVD Beaver / Editions Montparnasse / A and H / AlloCiné / © TFM Distribution / SciFi-movies / Les films du préau

Commentaires

Ah suis plongée dedans... aaaaargh !
Mais nous en partageons un... je ne dis pas lequel... je publierai au plus tôt ou sinon je vais revenir encore et encore dessus et finalement rien ne vaut la spontanéité. Par contre, les placer en ordre de préférence, je vais encore durement négocier avec moi-même et je suis dure en affaires.
A bientôt, je retourne à ma recherche de tofs !
PS. Accessoirement, David, là, ahem, un seul N dans CroNenberg... c'est un de mes préférés comme vous savez...

Écrit par : FredMJG/Frederique | 03/01/2010

Vous êtes quasiment le seul à parler de Spielberg, et je dois dire que je regrette de n'avoir pu caser minority report dans mon top. Sinon, il est pourtant adepte de classicisme, non, James Gray?

Écrit par : T.G. | 03/01/2010

Alors effectivement, l'absence des deux David et de Gus est rude mais finalement, je me retrouve assez dans ton classement (mis à part, évidemment, celui qu'on ne nommera pas :))
Un seul film en commun, certes (le WKW) mais je suis totalement d'accord "Le voyage de Chihiro", "Va savoir" et "Kill Bill" sont de très grands films.
Même si je n'ai pas de goût particulier pour le cinéma de Guédiguian, je dois reconnaître que "la ville est tranquille" est (et de très loin) son meilleur film de la décennie et je suis ravi que tu cites Carpenter (j'aime beaucoup "Ghosts of Mars".
Les autres, je ne les ai pas vus mais tu me mets l'eau à la bouche depuis longtemps avec Mikaël Hers...

Écrit par : Dr Orlof | 03/01/2010

Spielberg a réalisé presqu'à la suite AI, Minority Report, Arrête moi et la Guerre des mondes de 2000 à 2005. Quoiqu'il arrive (Indiana Jones 4), il avait réussi sa décennie !
Je trouve que Munich et le Terminal sont d'assez bons film mais beaucoup trop longs. Je trouve d'ailleurs que même dans les grands opus que j'ai cité, la longueur des métrages est un problème. Comme si Spielberg avait besoin d'en remettre une couche alors que tout allait bien. L'exception, c'est la Guerre des Mondes, et c'est sans doute pour cela qu'il s'agit de mon Spielberg préféré des 2000's.

Écrit par : nolan | 03/01/2010

Les années 2000 pour Spielberg, c'est quand même un sacré bond en avant qualitatif...

Pas vus No pasaran, Ghosts of Mars, ni Chihiro (Miyazaki est bien positionné au "classement général", ce qui confirme son statut de "maître", comme tu dis).

Heureux de voir enfin quelqu'un d'autre citer "Nos meilleures années", l'un de mes grands chocs de la décennie (et d'un merveilleux "classicisme" :-)). Je regrette que notre réseau n'ait pas été tissé plus tôt car je crois bien que cela aurait ferraillé sec autour de ce film-fleuve.

Écrit par : Ed(isdead) | 03/01/2010

Ah, il serait flatté, Mikhael Hers de se retrouver dans ce panthéon, mais effectivement, il est déjà plus qu'un espoir tant ses deux derniers films montrent une belle détermination. Ca renforce l'attente autour de "Memory Lane" en montage actuellement. Gageons que ce "film d'été" aura la même magie et la même musicalité que ses opus "hivernaux" précédents.
(Et toujours au chapitre des "plus qu'espoirs", j'ai vu que le premier long de Sam Taylor-Wood, une évocation de l'enfance de John Lennon venait de sortir en Angleterre).

Sinon, même si je ne pense pas spontanément à ses films au moment de faire des tops et des bilans, Miyazaki est l'un des rares maîtres incontestés de la décennie. Il n'y a qu'à voir comment les derniers Pixar (que je n'ai pas vus mais que je devine) et Avatar (que j'ai malheureusement vu) arpentent ses mêmes territoires avec plus ou moins de légèreté et d'inspiration pour se rendre compte de la densité, de l'originalité mais aussi de la profonde logique de ses univers.

En revanche, malgré toute mon estime pour ce cinéaste, j'ai assez vite oublié le dernier Carpenter. Je me demande si la perpétuation de la série B ne s'est pas plutôt manifestée, ces dernières années, dans le cinéma d'horreur, que je connais très mal (Romero évidemment, mais aussi Ring, Dark water, The descent, les films d'Eli Roth, Rob Zombie....).

Enfin, au chapitre des regrets, je n'ai toujours pas vu "La guerre des mondes" (ce qui est presque une faute professionnelle) ni "Oasis" et "Peppermint candy" qui me tentent énormément, car "Secret Sunshine", mon seul Lee Chang-Dong m'avait beaucoup impressionné.

Écrit par : Joachim | 03/01/2010

D'une façon générale, il y a eu suffisamment de beaux films durant ces dix année pour que, même avec vingt titres, il ne soit pas si évident de se recouper les uns les autres (chabadabada). Et heureusement car rien ne serait plus inquiétant que le consensus.
Si je m'en tiens aux noms et titres qui ressortent de l'enquête de Ed, il est vrai que les cinéastes qui me tiennent le plus à cœur ne sont pas tout à fait les mêmes. Disons que je considère plus intéressants Lynch avec "Lost Highway" et Cronenberg avec "Crash" (c'est corrigé le second n). Sur dix ans c'est plus difficile de faire du sentiment.
Spielberg, je me sens effectivement un peu seul pour le moment, mais c'est peut être le prix de sa position très particulière et je ne lui voit aucun équivalent. j'attends évidemment beaucoup de son "Abraham Lincoln" à venir. Si je suis d'accord sur l'évolution certaine de son cinéma ces dix dernières années, je ne suivrai pas Ed sur la notion de saut qualitatif dans la mesure ou je le trouvais déjà très bon dès la fin des années 70. c'est une longue histoire entre nous deux :)
Pour répondre à Nolan, c'est un reproche qui lui a souvent été fait et il peut donner l'impression de ne pas savoir comment terminer ses films. Généralement je m'y fais au bout de quelques visions, mais il pourrait parfois couper plus court. C'est peut être son côté David Lean.
A T.G. sur Gray, je le trouve assez difficile à classer mais pas si classique que cela. dans "La nuit nous appartiens" que j'ai découvert cette année, il y a beaucoup de style entre Scorcese et DePalma. J'aime beaucoup quand même.
Et pour Ed, si tu n'as pas vu "Chihiro", je comprends mieux pourquoi tu as accueilli "Mononoké" à bras ouverts dans ton top ! Et j'étais moi aussi heureux de trouver Tullio Giodana dans ta sélection. Il y a eu de beaux films italiens ces dernières années.

Écrit par : Vincent | 03/01/2010

Joachim, j'ai reçu ton commentaire en régideant le mien, tu en auras donc un pour toi tout seul. Merci d'abord pour ces nouvelles de Hers et Taylor-Young.
Miyazaki, je crois que chez lui le message, la morale que l'on trouve chez tous les autres, est soigneusement tenue à distance. la poésie, le merveilleux, l'humour et les personnages souvent complexes passent avant. On fait ensuite ses propres déductions. Même chez les meilleurs films d'animation français, on sent toujours un peu l'intention. J'ai vu "Kérity" ce matin, ça m'a frappé malgré les qualités du film par ailleurs.
Sur le fantastique et la série, B, je dois dire que je ne suis pas convaincu par les films que j'ai pu voir. Même Roméro, on dirait de plus en plus qu'il analyse son propre cinéma. Ca en devient gênant. Carpenter est resté très intègre par rapport à cela. Le problème, c'est que du coup, il ne fait plus rien comme Joe Dante (sanglot).

Écrit par : Vincent | 03/01/2010

Ah oui, ça c'est sûr qu'on a perdu Dante en route... alors que Small soldiers, quelle claque ça reste !

Écrit par : Joachim | 03/01/2010

"Le cinéaste de la décennie."
le genre de jugement péremptoire qui fait plaisir à lire. C'est clair, c'est net, c'est à mon avis vrai.

par contre, j'ai du mal à voir en quoi Gray ou les derniers films de Cronenberg sont incompatibles avec l'amour du classicisme. Les promesses de l'ombre et History of violence sont des merveilles d'épure qui pour le coup ont vraiment un coté série B.

Écrit par : Christophe | 04/01/2010

J'adore évidemment le film de Carpenter (oh oui Nathasha), d'Eastwood (mon sang, mon amour), de Tsui Hark (sans oublier Triangle avec une préférence pour le segment du frère To), de Spielberg (La guerre des mondes, AI, Minory Report et Munich -argh la tueuse au chat, même si le sujet me plait beaucoup moins que les trois premiers), de Miyazaki et de Tarantino. Tout en puissance et en émotions.
Toujours pas vu In the mood for love, j'ai zappé Wong Kar Wai depuis Chungking Express que j'aime bien. Mais Les anges déchus et 2046 ne m'avaient pas emballé, sauf quelques passages, sauf notamment Zhang Ziyi et sa mise en scène.
Pour Romero, c'est vrai que Diary cède à la mode lancée par Blair witch, mais j'ai tendance à lui pardonner car je lui trouve une radicalité appréciable. J'aime beaucoup Land of the dead même si l'interprétation n'est pas top (notamment Hooper). D'accord pour dire que Carpenter, l'un de mes cinéastes favoris, reste et restera toujours le même, sans concessions.
Quant à ma liste, elle est essentiellement axée sur Cameron (Avatar en 3D est le nouveau paradis du cinéma), Michael Mann, Mamoru Oshii, Peter Jackson, Gus Van Sant, Paul Greengrass, des cinéastes qui se sont pleinement appropriés cette décennie, les nouvelles technologies, sans renoncer, bien au contraire à leurs poésies. Je n'oublie pas également que ces années ont vu les séries exploser et souvent supplanter, en qualité, en émotions, le cinéma.

Écrit par : Rom | 04/01/2010

Joachim, j'avais lu ton "tweet" (c'est bien comme ça que l'on dit ?). Je ne sais pas si tu as vu son dernier avec les toons, mais j'ai trouvé le film bien mieux que ce que l'on en a dit.

Christophe, damned ! me voilà pris en flagrant délit de péremptoiritude. J'assume, j'assume et je me sens moins seul tout à coup. Je ne trouve rien d'incompatible à mon goût plus classique avec Gray ni Cronenberg, ni les autres d'ailleurs. j'essaye simplement de cerner pourquoi je ne me retrouve pas complètement dans ces cinéastes plus célébrés. Cronenberg, c'était pour moi de la série B à l'époque de "Chromosome trois" ou "scanners". Après c'est un cinéma très particulier dont les titres emblématiques ("Vidéodrome", "Crash", "Dead ringers") ne correspondent pas à ma conception du classique. Mais j'ai aimé ces films et si j'ai été à deux doigts d'intégrer "History of violence" dans ma liste, ce qui m'a gêné, c'est que je le vois quand même comme une étrange compilation de situations du western classique, finalement pas aussi original que l'étaient les films des années 80/90.
Gray, c'est autre chose, je le vois encore comme en marge du système (quoique ce n'est plus tout à fait vrai des deux derniers opus). C'est plus un ressenti, on verra dans dix ans.

Rom, je vois que nous avons toujours pas mal de points communs. Curieusement, je ne pense pas qu'il y en aura beaucoup avec votre liste finale, il y a des gens que je connais pas encore (Oshii), d'autres avec lesquels je suis assez circonspect (Van sant, Mann pour lequel je suis resté aux Mohicans). pas encore vu "Avatar". .Je suis assez d'accord avec votre vision de WKW, mais je trouve d'"In the mood for love" est à la hauteur des premiers chefs d'oeuvres. Et puis je lui garde une certaine tendresse, même pour des films qui m'ont moins touché. "land of the dead", c'était pas mal, oui, mais j'en attendais tellement plus...

Écrit par : Vincent | 04/01/2010

Dans mes 10 ne figurent effectivement pas Ghosts of Mars, La Guerre des mondes, Kill Bill mais dans mes 20, sans problème. Ma liste finale (?) des 10 ne reflete pas non plus mon adoration du cinéma indien.
Comme Argento, Romero est un cinéaste des années 70 et 80, mais je trouve qu'il n'a pas perdu toute sa verve tout en cédant parfois à quelques facilités et à quelques négligences.

Écrit par : Rom | 04/01/2010

ça fait plaisir de trouver "La ville est tranquille", le plus "beau", le meilleur Guédiguian à ce jour je trouve.
Félicitations de réussir ce tour de force.
Je n'ose même pas !

Écrit par : Pascale | 05/01/2010

Liste originale et vraiment éclectique. Spielberg, c'est vrai ne jouit pas d'une excellente réputation dans le monde des férus de cinéma, il divise un peu. Je trouve que le Doc a parfois de bonnes analyses de son cinéma, quand il distingue l'enfance avec ses mondes effrayants, et l'enfantillage (pardon Doc, j'oublie les mots précis) c'est-à-dire le monde de l'enfance fantasmé dans la tronche des adultes. Son cinéma, populaire, a de très bons côtés (l'efficacité) mais il a aussi les plus mauvais côtés, cette morale permanente et limitée qui finit vraiment par gonfler.

De là à en faire le cinéaste de la décennie... D'ailleurs, je ne vois pas qui mettre dans cette catégorie, peut-être Eastwood qui termine sa carrière en apothéose et dont le personnage, qui a hanté les bobines pendant des décennies, est remis en question au travers d'un jeu de miroirs déformants plutôt jouissif. Mais bon, on boxe vraiment dans la catégorie establishment là, et je suis sûr qu'en cherchant un peu on peut trouver mieux...

In the mood for love, depuis le temps, je développe pas plus.

Pour le reste, rien à redire. Ah si : pourquoi ai-je l'impression que cette décennie n'a pas été fantastique ? Suis-je décidément trop nostalgique des 250 chefs-d'œuvre des années 40-50 ?

Écrit par : Julien | 06/01/2010

Rom, j'aime bien le point d'interrogation. qui sait ce que seront ces listes dans 5 ou dix ans.

Pascale, Si nous, nous n'osons pas, qui le fera ? :)

Julien, c'est sans doute le côté péremptoire de la phrase, mais c'est que je ressens. Spielberg est vraiment celui qui colle, tant visuellement qu'intellectuellement à mon ressenti des années 2000/2010, à la façon dont je les ai vécues. Et je pense que Guédiguian joue pour moi le même rôle dans le cinéma français. Je ne le vois pas comme un cinéaste moraliste, ça c'est le boulot de Haneke. Spielberg questionne des valeurs, celles de son pays forcément et de sa culture, et ses personnages sont plus souvent des gens qui se posent des questions que des gens qui donnent des réponses. Son cinéma est empli de doutes tout en étant quelque peu schizophrène dans la mesure ou son héritage classique (Ford en premier lieu) l'amène à remettre sur le tapis des valeurs fondatrices sur lesquelles le doute n'est pas (ne devrait pas) être permis. Bon enfin voilà :)
Pour déterminer, si c'est vraiment utile, le cinéaste de la décennie, il faudrait commencer par dire ce qu'elle a représenté pour nous et la place que le cinéma a pu y avoir. Rude tâche.

Écrit par : Vincent | 06/01/2010

C'est vrai mais dès que je m'imagine avoir mis un point final à ce genre de listes... je me morfonds et ne vois plus que les oubliés :-(
C'est dur !

Écrit par : Pascale | 07/01/2010

Quand je parle de Spielberg dans mon entourage, on me regarde toujours avec des yeux ronds ! Donc, je suis content de me sentir moins seul. Cependant, le dernier quart d'heure de Minority report m'a semblé "corny" (quelque chose comme "niaisouille"), mais, le reste est très satisfaisant. J'ai nettement plus apprécié Munich (également cité, ici) ; même si j'ai une petite détestation pour les films "qui viennent après la bataille"... Et pour la décennie précédente, j'avais beaucoup apprécié Lost world [ce sont mes "fans" qui vont être surpris :-]. Le cinéaste de la décennie ? Peut-être celui qui a cherché à l'évoquer au mieux... Parce que si c'est pour l'importance de ce qui s'est fait dans (par ?) le cinéma, je crois qu'on peut aller vers la Corée (Hong Sang-soo, Bong Joon-ho).

A part ça, en mettant de côté ceux que je n'ai pas vu (Imbert, Dudok de Wit, Carpenter, S. Taylor-Wood, M. T. Giordana, et quelques autres ; euh, vraiment Lioret ?!), je ne vous suis pas sur Wong Kar-wai, ni... Lee Chang-dong ! Le Spike Lee est très intéressant, sans doute ce qu'il a fait de mieux depuis Nola Darling... (euh, "à mon humble avis").

Votre sélection est très estimable : pas de films grandiloquents (il y a quelque chose de "modeste" en chacun d'eux) ; même si je suis sûr qu'on pouvait mettre de très grands films à la place de certains ;-D

Cordialement ; et (un peu en retard) bonne année.

Écrit par : Père Delauche | 07/01/2010

Peut-être enfin un bon film américain pour commencer la décennie ? (cliquer sur mon nom)

Écrit par : Griffe | 07/01/2010

Père Delauche : depuis son premier film, Spike Lee n'avait rien fait de plus intéressant ? J'ai revu Do the right thing et j'espère qu'il fait partie de cette catégorie. She hate me et Inside man sont pas mal du tout aussi dans des genres différents.

Vincent : le jour où je te trouverai péremptoire, les poules auront des dents ! (Tu ne risques pas de te faire attaquer par une cinéphile vindicative comme Delphine, si tu vois ce que je veux dire.)

Et pour répondre à vos interrogations communes : pour désigner le cinéaste de la décennie, soit on se place du côté du cinéma, soit du côté de la sociologie et des représentations. Mais, dans les deux cas, je crois que le choix serait vraiment difficile. Il faudrait, là encore, en choisir une dizaine.

Écrit par : Julien | 07/01/2010

Pascale, oui, nous en sommes tous là, des regrets, des regrets, des regrets. mais bientôt, d'autres listes, plein de listes ! Ce qui est bien, c'est que ça donne envie de revoir ou de découvrir plein de films.

Père Delauche, très heureux de votre message et une belle année à vous aussi. Peut être le passage à un beau blog, mmh ? Sinon, je trouve étonnant votre choix de "Lost world", qui ne manque pas de "corny" dans son genre. J'avoue que c'est un film qui m'a beaucoup déçu, j'attendais à l'époque une sorte de "Hatari !" avec dinosaures et bon, ce n'est pas tout à fait cela malgré de jolis moments.
Malgré les différentes listes, je suis d'accord pour dire que ce qui a été fait d'important (en grande partie, ne soyons pas péremptoire) a été fait en Asie. la Corée, je ne sais pas, je ne m'y connais pas assez. Je n'ai rien vu des cinéastes que vous citez. Je reste sur les émotions violentes et contrastées de ce film de Lee Chang-dong dont j'ai aimé les deux autres, et puis son passage comme ministre de la culture ce qui n'est pas rien dans un autre registre. Sur Spike Lee, j'irais même plus loin, c'est le film de lui que je préfère, celui qui m'a le plus marqué. Je le trouve souvent inégal. Pour conclure, vous savez que je ne sais pas trop ce que c'est qu'un "très grand film" :)

Griffe, une bonne année à vous aussi et merci pour le cadeau. J'avais l'information mais sans plus.

Julien, je trouve que votre discussion avec la fée des lilas a plutôt bien évolué, non ?

Écrit par : Vincent | 07/01/2010

Je trouve que son commentaire est passionnant, c'est même ce que j'ai lu de plus intéressant sur les listes depuis un moment. Ce serait bien qu'elle ouvre un blog ciné, ses goûts sont très originaux. Et quelle verve !

Écrit par : Julien | 08/01/2010

Bonjour Julien,

Voici ce que j'ai trouvé sur votre blog :

"[Encore une fois, je ne suis pas un blogueur connu, ni reconnu, donc je ne me pose pas en monsieur-je-sais. C'est entendu que, sur un espace personnel, j'exprime des s personnelles.] Je n'aime pas les précautions d'usage et si le fait que je n'ai pas écrit "à mon humble avis, la décennie 2000-2009 fut plutôt décevante" t'agace, tant pis. [...]"

Casaploum (4.1.10 18:50)

Maintenant, regardez ce que j'ai écrit de mon côté : "Le Spike Lee est très intéressant, sans doute ce qu'il a fait de mieux depuis Nola Darling... (euh, "à mon humble avis")".

Je m'explique, donc. Je respecte ses autres films, mais je les ai trouvés moins convaincants (DTRT, Jungle fever, He got game...), voire assez "ratés" (Malcolm X, Get on the bus, She hate me...).

Inside man est bien huilé : c'est très habile, mais ça ne me touche guère...

Cordialement.

Écrit par : Père Delauche | 08/01/2010

Non mais je ne vous jetais pas la Pierre Père, je me demandais simplement si vous aviez aimé mon préféré (DTRT) et si ses films récents, plutôt bons, vous avaient plu aussi. J'avoue que la 25ème heure fait aussi partie de ses meilleurs.

Écrit par : Julien | 08/01/2010

Comme le léger "malentendu" avec Julien étant réglé, j'en profite pour vous répondre Vincent :

"Peut être le passage à un beau blog, mmh ?"
- Mais, qu'est-ce que vous avez tous avec ça ;-DDD Je complète alors ma réponse laissée chez Joachim : c'est déjà assez difficile (matériellement) sans, alors avec :-D

"[...] Lost world", qui ne manque pas de "corny" dans son genre. J'avoue que c'est un film qui m'a beaucoup déçu, j'attendais à l'époque une sorte de "Hatari !"
Y a une astuce avec les films : c'est d'éviter d'avoir beaucoup d'attentes :-] Le film est totalement incongru, alors avec du (pop)corny, ça ne m'a pas du tout gêné :-D

"[ce film de] Lee Chang-dong dont j'ai aimé les deux autres, et puis son passage comme ministre de la culture ce qui n'est pas rien dans un autre registre."
- Euh, si on observe un peu - même de loin - ces pratiques-là, on s'aperçoit que c'est assez souvent une manière pour le "pouvoir" de neutraliser un "artiste" :-C

Écrit par : Père Delauche | 09/01/2010

Dans le cas de Lee Chang-dong, d'abord, il est entendu que ce n'est pas pour son ministère qu'il est dans ma liste, mais c'était intéressant de noter qu'il a été un ministre atypique, chargé de mettre en place un système de quota en Corée (aux hurlements des américains) qui a contribué au dynamisme de ce cinéma. L'émergence de ce cinéma et sa solidité est, je crois que l'on est d'accord là-dessus, un des faits majeurs de la décennie. C'est un cas assez unique et son dernier film me semble à pour prouver qu'il n'a rien perdu de son pouvoir "artistique".

Pour le blog, on vous taquine, mais ne vous forcez pas :) Vous serez toujours accueilli à bras ouvert sur nos espaces respectifs.

Et puisque l'on était sur Spike Lee, est-ce que l'un de vous a vu son "Miracle at Santa Anna" ?

Écrit par : Vincent | 09/01/2010

J'avoue : je n'ai pas vu.

Écrit par : Julien | 10/01/2010

Merci pour quelques découvertes et partage de culture.
Amitiés

Écrit par : PatRicola | 05/02/2010

Quel pseudonyme, "Pat", j'espère que tu vas bien et que l'année commence fort. Désolé de t'avoir raté vendredi et merci de ton passage sur Inisfree. A bientôt.

Amitiés

Écrit par : Vincent | 06/02/2010

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