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16/11/2010

Impact (Ella, Ella)

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... Le film flotte quelques minutes puis Williams arrive dans une station service en pleine cambrousse. Il s'adresse à un mécano penché sur un moteur, qui se redresse. C'est Marsha Peters et Marsha, c'est Ella Raines. Choc ! J'en suis bouleversé et le film en est transformé. Il faut la voir, cheveux ramenés sous la casquette, en combinaison blanche délicatement tâchée, les mains dans le moteur. Et ce regard, ce gris des yeux verts en noir et blanc. C'est d'une sensualité inédite. Donné pour mort, Williams décide de le rester et de se refaire une vie dans ce petit morceau d'Amérique profonde, et Lubin de nous introduire au débotté dans cette Americana semblable à un film de John Ford ou à une chanson de Bruce Springsteen.
Symbolique à mon sens, la mère de Marsha est jouée par Mae Marsh, actrice de Griffith et pilier de la John Ford's stock company (17 films avec le maître borgne). Elle est une référence morale. La photographie de  Laszlo s'éclaircit, devient chaleureuse, illuminant une nature bucolique, les maisons de bois blanc, les porches et les vieux tacots. Le film sent la tarte aux pomme et le café aux coquilles d'oeuf. On respire la douceur de vivre de l'idéal des pères fondateurs. Parallèlement, Lubin donne par petites touches des notations sociales. On revient de la guerre et le travail est rare, l'entraide est nécessaire, la communauté soudée. On exalte le travail manuel opposé au grand capitalisme des actionnaires décrit dans les scènes du début. Le sommet de cette partie, très libre, très belle, est la transformation de Williams en pompier volontaire et sa course folle en camion. Un homme heureux.

La Chronique compléte sur Kinok

Le DVD

La chronique de Francis Moury sur Ecran large

Photographie : capture DVD Wild Side