Comme disait JLG, Rivette n'habitait pas le cinéma, il était habité par le cinéma, et sans doute plus qu'aucun autre. Quelle perte...
Bonsoir, Griffe. C'est vraiment une génération qui s'éteint, JLG doit être le dernier. Je ne connaissais pas cette citation, mais elle est superbe. Je me dis toujours qu'il reste leurs films.
Je confesse aussi que je ne connais pas si bien ceux de Rivette, j'y suis venu sur le tard avec "Va savoir" et après tous ceux qui ont suivi, sauf sa Jeanne d'Arc. J'ai encore beaucoup à découvrir.
Un peu sur le fil, j'en profites pour te souhaiter une bonne année. Et pour te dire que j'ai raté le dernier Guédiguian à mon corps défendant, mais je compte bien me rattraper.
LE MONDE | 30.01.2016, à 06h 34
Jean Narboni : « Un exemple de rigueur, de tranchant »
Critique, Jean Narboni a collaboré à partir de 1963 aux Cahiers du cinéma, après que Jacques Rivette en a ravi la direction à Eric Rohmer.
« J’ai fait la connaissance de Jacques Rivette en 1962 à la Cinémathèque française, rue d’Ulm, que je fréquentais comme cinéphile, en même temps que je poursuivais mes études de médecine. Il était pour moi un modèle absolu, le plus grand critique des Cahiers du cinéma, et il le reste d’ailleurs aujourd’hui toutes périodes confondues. Un exemple de rigueur, d’écriture, de tranchant. Je lui ai donc adressé la parole, et il n’a pas tardé à me demander d’écrire, puis de travailler, comme secrétaire de rédaction, aux Cahiers. J’ai commencé à mi-temps, puis j’ai fini par arrêter médecine. J’ai été très proche de lui durant ces quelques années, nous passions des journées entières à travailler ensemble.
D’ailleurs, c’est assez simple, on ne pouvait voir Rivette qu’à condition de travailler avec lui. Il était littéralement immergé dans le cinéma, ce qui ne l’empêcha pas d’avoir ouvert la cinéphilie des Cahiers à d’autres disciplines, comme la psychanalyse ou le structuralisme. Un jour, il s’était mis en tête, de manière un peu délirante, de travailler le rapport du cinéma aux mathématiques : nous avons dû nous y mettre, à raison de quelques cours par semaine, mais ça n’a pas heureusement duré trop longtemps. La musique était notre autre grand terrain d’entente. C’était une période très heureuse. J’ai de lui le souvenir non de l’ascète qu’on décrit parfois, mais d’un être au charme infini, à l’intelligence pénétrante, aux rires inextinguibles parfois. Il a été, dans l’histoire de la critique française, un grand précurseur. »
Zut, la photo n'est pas passée ?!!
La voici (en croisant les doigts)…
Eh bien, toujours pas !
Encore un essai ; sinon tant pis…
Ca ne passera pas les photos, ce n'est pas Facebook :) Tu peux me l'envoyer par mail si tu veux.
LE MONDE | 30.01.2016, à 06h 34
Jean Narboni : « Un exemple de rigueur, de tranchant »
Critique, Jean Narboni a collaboré à partir de 1963 aux Cahiers du cinéma, après que Jacques Rivette en a ravi la direction à Eric Rohmer.
« J’ai fait la connaissance de Jacques Rivette en 1962 à la Cinémathèque française, rue d’Ulm, que je fréquentais comme cinéphile, en même temps que je poursuivais mes études de médecine. Il était pour moi un modèle absolu, le plus grand critique des Cahiers du cinéma, et il le reste d’ailleurs aujourd’hui toutes périodes confondues. Un exemple de rigueur, d’écriture, de tranchant. Je lui ai donc adressé la parole, et il n’a pas tardé à me demander d’écrire, puis de travailler, comme secrétaire de rédaction, aux Cahiers. J’ai commencé à mi-temps, puis j’ai fini par arrêter médecine. J’ai été très proche de lui durant ces quelques années, nous passions des journées entières à travailler ensemble.
D’ailleurs, c’est assez simple, on ne pouvait voir Rivette qu’à condition de travailler avec lui. Il était littéralement immergé dans le cinéma, ce qui ne l’empêcha pas d’avoir ouvert la cinéphilie des Cahiers à d’autres disciplines, comme la psychanalyse ou le structuralisme. Un jour, il s’était mis en tête, de manière un peu délirante, de travailler le rapport du cinéma aux mathématiques : nous avons dû nous y mettre, à raison de quelques cours par semaine, mais ça n’a pas heureusement duré trop longtemps. La musique était notre autre grand terrain d’entente. C’était une période très heureuse. J’ai de lui le souvenir non de l’ascète qu’on décrit parfois, mais d’un être au charme infini, à l’intelligence pénétrante, aux rires inextinguibles parfois. Il a été, dans l’histoire de la critique française, un grand précurseur. »
Merci pour ce texte. Quand on lit les évocations de cette période, il y a comme un regret d'être venu au monde un peu tard.
8 commentaires
Comme disait JLG, Rivette n'habitait pas le cinéma, il était habité par le cinéma, et sans doute plus qu'aucun autre. Quelle perte...
Bonsoir, Griffe. C'est vraiment une génération qui s'éteint, JLG doit être le dernier. Je ne connaissais pas cette citation, mais elle est superbe. Je me dis toujours qu'il reste leurs films.
Je confesse aussi que je ne connais pas si bien ceux de Rivette, j'y suis venu sur le tard avec "Va savoir" et après tous ceux qui ont suivi, sauf sa Jeanne d'Arc. J'ai encore beaucoup à découvrir.
Un peu sur le fil, j'en profites pour te souhaiter une bonne année. Et pour te dire que j'ai raté le dernier Guédiguian à mon corps défendant, mais je compte bien me rattraper.
LE MONDE | 30.01.2016, à 06h 34
Jean Narboni : « Un exemple de rigueur, de tranchant »
Critique, Jean Narboni a collaboré à partir de 1963 aux Cahiers du cinéma, après que Jacques Rivette en a ravi la direction à Eric Rohmer.
« J’ai fait la connaissance de Jacques Rivette en 1962 à la Cinémathèque française, rue d’Ulm, que je fréquentais comme cinéphile, en même temps que je poursuivais mes études de médecine. Il était pour moi un modèle absolu, le plus grand critique des Cahiers du cinéma, et il le reste d’ailleurs aujourd’hui toutes périodes confondues. Un exemple de rigueur, d’écriture, de tranchant. Je lui ai donc adressé la parole, et il n’a pas tardé à me demander d’écrire, puis de travailler, comme secrétaire de rédaction, aux Cahiers. J’ai commencé à mi-temps, puis j’ai fini par arrêter médecine. J’ai été très proche de lui durant ces quelques années, nous passions des journées entières à travailler ensemble.
D’ailleurs, c’est assez simple, on ne pouvait voir Rivette qu’à condition de travailler avec lui. Il était littéralement immergé dans le cinéma, ce qui ne l’empêcha pas d’avoir ouvert la cinéphilie des Cahiers à d’autres disciplines, comme la psychanalyse ou le structuralisme. Un jour, il s’était mis en tête, de manière un peu délirante, de travailler le rapport du cinéma aux mathématiques : nous avons dû nous y mettre, à raison de quelques cours par semaine, mais ça n’a pas heureusement duré trop longtemps. La musique était notre autre grand terrain d’entente. C’était une période très heureuse. J’ai de lui le souvenir non de l’ascète qu’on décrit parfois, mais d’un être au charme infini, à l’intelligence pénétrante, aux rires inextinguibles parfois. Il a été, dans l’histoire de la critique française, un grand précurseur. »
Zut, la photo n'est pas passée ?!!
La voici (en croisant les doigts)…
Eh bien, toujours pas !
Encore un essai ; sinon tant pis…
Ca ne passera pas les photos, ce n'est pas Facebook :) Tu peux me l'envoyer par mail si tu veux.
LE MONDE | 30.01.2016, à 06h 34
Jean Narboni : « Un exemple de rigueur, de tranchant »
Critique, Jean Narboni a collaboré à partir de 1963 aux Cahiers du cinéma, après que Jacques Rivette en a ravi la direction à Eric Rohmer.
« J’ai fait la connaissance de Jacques Rivette en 1962 à la Cinémathèque française, rue d’Ulm, que je fréquentais comme cinéphile, en même temps que je poursuivais mes études de médecine. Il était pour moi un modèle absolu, le plus grand critique des Cahiers du cinéma, et il le reste d’ailleurs aujourd’hui toutes périodes confondues. Un exemple de rigueur, d’écriture, de tranchant. Je lui ai donc adressé la parole, et il n’a pas tardé à me demander d’écrire, puis de travailler, comme secrétaire de rédaction, aux Cahiers. J’ai commencé à mi-temps, puis j’ai fini par arrêter médecine. J’ai été très proche de lui durant ces quelques années, nous passions des journées entières à travailler ensemble.
D’ailleurs, c’est assez simple, on ne pouvait voir Rivette qu’à condition de travailler avec lui. Il était littéralement immergé dans le cinéma, ce qui ne l’empêcha pas d’avoir ouvert la cinéphilie des Cahiers à d’autres disciplines, comme la psychanalyse ou le structuralisme. Un jour, il s’était mis en tête, de manière un peu délirante, de travailler le rapport du cinéma aux mathématiques : nous avons dû nous y mettre, à raison de quelques cours par semaine, mais ça n’a pas heureusement duré trop longtemps. La musique était notre autre grand terrain d’entente. C’était une période très heureuse. J’ai de lui le souvenir non de l’ascète qu’on décrit parfois, mais d’un être au charme infini, à l’intelligence pénétrante, aux rires inextinguibles parfois. Il a été, dans l’histoire de la critique française, un grand précurseur. »
Merci pour ce texte. Quand on lit les évocations de cette période, il y a comme un regret d'être venu au monde un peu tard.
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